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    Antoine Glaser, journaliste, auteur de l’ouvrage «Africafrance...»

    Antoine Glaser est journaliste et écrivain Antoine Glaser

    «Je sens que les lobbies d'influences sont beaucoup plus instrumentalisés par les dirigeants africains. C'est maintenant eux les vrais patrons.»

    Et si la Françafrique était devenue l'Africafrance ?... C'est la thèse de l'écrivain et journaliste français Antoine Glaser, qui publie chez Fayard : Africafrance - Quand les dirigeants africains deviennent les maîtres du jeu, paru le 12 février 2014. L'ancien directeur de la Lettre du continent répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    *** Ce livre est dédié à Ghislaine Dupont et Claude Verlon, nos confrères assassinés le 2 novembre dernier à Kidal au Nord-Mali.

    RFI : Vous dites que dans la relation franco-africaine, les dirigeants africains deviennent les maîtres du jeu. Mais n’était-ce pas déjà le cas quand Houphouët obligeait de Gaulle à soutenir les rebelles du Biafra ?

    Antoine Glaser : En grande partie, mais c’est vrai que les dirigeants africains ont accentué leur indépendance avec l’arrivée de puissances émergentes sur le continent. On voit bien que les relations entre la France et l’Afrique ont évolué vers des relations inversées, à mon avis, c’est pour ça que ce livre s’intitule Africafrance.

    Votre livre fourmille d’anecdotes. A propos de la Côte d’Ivoire, vous racontez comment Alassane Ouattara, l’ami de Nicolas Sarkozy, a réussi à gagner la confiance de François Hollande grâce à deux avocats parisiens, Jean-Paul Benoit et Jean-Pierre Mignard. Vous dites aussi qu’en 2010, le groupe Bouygues a joué la carte Ouattara, alors que le groupe Bolloré a joué la carte Gbagbo.

    Le groupe Bolloré s’était fait éjecter – il n’y a pas d’autres mots – du port de Dakar par Dubaï Port World, et c’était très important pour le groupe Bolloré de pouvoir se développer dans un grand port de la région, alors que Martin Bouygues a toujours été un ami du couple Ouattara. Martin Bouygues était lui-même présent au mariage des Ouattara à Paris. Et c’est certain que les relations personnelles ont joué un grand rôle.

    Et Alassane Ouattara n’a pas été rancunier à l’égard de Vincent Bolloré ?

    Vincent Bolloré reste pour l’instant, totalement en position dominante sur l’ensemble du port d’Abidjan avec des extensions. C’est un port très important de l’Afrique de l’Ouest.

    Au Congo-Brazzaville, dans le premier cercle de Denis Sassou-Nguesso, vous soulignez le rôle de deux Français de l’ombre, Jean-Paul Pigasse et Patrick Wajsman. Vous rappelez les visites de Jean-François Copé et de Rachida Dati l’année dernière à Brazzaville, et vous dites que ce n’est peut-être pas étranger à l’affaire des biens mal acquis.

    Rachida Dati, ancienne ministre de la Justice, a expliqué qu’elle était allée à Brazzaville uniquement pour s’occuper de développement de lycées congolais. Mais c’est toujours la force de ces dirigeants africains, en particulier du président Denis Sassou-Nguesso. Je pense que globalement les dirigeants africains sont très souvent sous-estimés. Leurs réseaux d’influence sont beaucoup plus puissants qu’on ne l’imagine à Paris. Mais comme ils ne parlent pas, ils n’écrivent pas leurs mémoires… Regardez comme le président Houphouët-Boigny ou Omar Bongo n’ont jamais beaucoup écrit. On n’a pas de mémoires. Ils ont disparu, mais on ne sait pas trop ce qu’ils pensaient vraiment.

    Et donc c’est intéressant de voir qu’en particulier les présidents d’Afrique Centrale, du Gabon, du Congo, de Guinée Equatoriale, en étant justement agacés de la façon dont ils sont traités dans l’affaire des biens mal acquis, sont très subtils, plus qu'on ne l'imagine. Je sens que les lobbies d’influence et les réseaux d’influence sont beaucoup plus instrumentalisés par les dirigeants africains. C’est vraiment eux, les vrais patrons. Et encore plus maintenant, parce que maintenant on a envie de dire : riche Afrique et pauvre France !

    Au Cameroun, vous nous faites découvrir le poids du lobbyiste français Alexandre Medvedowski du cabinet ESL & Network France. Vous dites que depuis les prises d’otages l’année dernière, François Hollande est devenu l’obligé de Paul Biya. Toutefois est-ce que les libérations annoncées de Thierry Michel Atangana et de Titus Edzoa ne prouvent pas que la France exerce encore une certaine influence sur ce pays ?

    Je ne crois pas. Je pense que c’est un peu le fait du prince. Atangana a été condamné deux fois à vingt ans et je pense que ça accentue justement, le fait du prince. Bien sûr il y a eu des pressions françaises, bien sûr François Hollande en a parlé à plusieurs reprises. Mais franchement pour moi, il ne faut pas s’imaginer que Paul Biya a peur de Paris, de ce que pense Paris. Quand vous voyez au sommet Afrique-France de décembre, sur le visage des dirigeants africains une certaine condescendance vis-à-vis du grand chef blanc socialiste qui les accueillait. On a l’impression que la France maintenant revient beaucoup plus dans « real politique », même les socialistes en disant : « voilà, ce qui prime ce sont les réseaux d’affaires » et on parle un petit moins de démocratie et de droits de l’homme.

    Au Niger, vous dites que Mahamadou Issoufou compte sur son ami François Hollande pour que le groupe Areva paie le prix politique de l’uranium. Mais Areva dit volontiers que les mines du Kazakhstan peuvent suffire pour faire tourner ses centrales nucléaires. Est-ce que vous êtes sûr que Niamey aura le dernier mot ?

    Je pense que Niamey aura le dernier mot. La première raison c’est que même au sein du gouvernement français vous avez un double discours. Vous avez vraiment le discours de Pascal Canfin, ministre du Développement, qui est beaucoup plus sur la position du Niger pour obtenir un prix politique, et puis celui de Laurent Fabius qui est beaucoup plus dans la défense des intérêts d’Areva. Et je pense que le gisement d’Imourarem, qui est le deuxième gisement du monde, est absolument indispensable pour le groupe Areva. On parle beaucoup d’Areva, mais on oublie que l’uranium du Niger c’est aussi ce qu’il y a dans les sous-marins nucléaires français. Donc franchement, je pense que quelqu’un comme Mahamadou Issoufou a quand même un certain nombre de leviers à faire valoir auprès de l’Elysée et de son ami François Hollande.

    ► à (ré)écouter : Pascal Canfin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires Etrangères, chargé du Développement, invité de RFI matin ce jeudi

    Il y a un an à Tombouctou, François Hollande au eu cette phrase : « Je vis sans doute aujourd’hui la journée la plus importante de ma vie politique ». Et ça vous fait dire que comme ses prédécesseurs, le président français est « marabouté par l’Afrique ».

    De Gaulle, à travers Jacques Foccart, s’est fait un peu marabouter par le président Houphouët-Boigny pour le Biafra. On a vu comment Giscard d’Estaing était totalement aveuglé par sa passion pour la chasse avec son parent Bokassa. Ce n’est pas simplement les hommes politiques. On connaît bien l’Afrique, on sait comment nous-mêmes on se fait marabouter. On sait quand on arrive en Afrique, les Africains disent toujours : les Blancs, ils se « déboutonnent », ils se relâchent sous les tropiques. Et c’est vrai qu’il y a ce phénomène-là. Et on voit bien que quel que soit le président français qui arrive à l’Elysée, qu’il soit de droite ou de gauche, il verra très vite le fauteuil de la France au Conseil de sécurité des Nations unies ne doit pas simplement au nucléaire, mais également à la l’Afrique, et que ses grands partenaires ne lui parlent que d’un seul sujet, c’est de l’Afrique.


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