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    Jacques Kabalé, ambassadeur du Rwanda en France

    Jacques Kabalé, ambassadeur du Rwanda en France. Ji-Elle/wikimdedia.org

    «Je pense qu'aujourd'hui, il y a réellement en France une volonté de traduire en justice les auteurs présumés du génocide rwandais.»

    Les commémorations du 20e anniversaire du génocide rwandais ont débuté hier, mercredi 26 février, en France. L'occasion de faire le point sur les relations entre la France et le Rwanda, longtemps conflictuelles. Kigali a régulièrement accusé Paris d'avoir joué un rôle dans le génocide de 1994. La justice française avait elle inculpé des proches du président Kagamé dans l'affaire de l'attentat contre l'avion de l'ancien président Juvénal Habyarimana. Où en est-on aujourd'hui? Que pensent les autorités rwandaises du procès aux assises de Pascal Simbikangwa ou de la décision de la cour de cassation française de refuser l'extradition vers le Rwanda des trois autres rwandais soupçonnés de génocide ? Autant de questions que RFI a posé à l'ambassadeur du Rwanda en France, Jacques Kabalé.

    RFI : Commémorer le génocide dans un pays comme la France, est-ce particulier ?

    Jacques Kabalé : Absolument. La France, plus que les autres pays, a été proche du Rwanda avant le génocide, pendant le génocide, et après le génocide. Et beaucoup de pays ont fait du chemin vers une meilleure gestion de l’après génocide des Tutsis. Il y a eu soit des personnes qui ont été jugées, soit des personnes qui ont été extradées vers le Rwanda. Seulement, pour le cas de la France, vingt ans après, c’est le premier jugement qui est en cours aujourd’hui avec le procès de Monsieur Simbikangwa.

    Justement vingt ans après, est-ce que ce n’est pas trop tard ? Vous auriez préféré que le procès ait lieu beaucoup plus tôt ?

    Bien entendu. Mais il n’est jamais trop tard pour rendre justice. C’est tard, réellement, mais nous pensons que ce pas, ce premier pas qui a été fait par la justice française, sera suivi d’autres pas, puisque Pascal Simbikangwa n’est pas le seul impliqué dans le génocide au Rwanda. Il y en a beaucoup, et malheureusement on en trouve un grand nombre en France. Je pense qu’aujourd’hui on peut parler de réellement de volonté. Pas parce qu’il y a ce procès, mais parce qu’avant cela un pôle génocide et crime contre l’humanité, a été mis en place. D’abord par le président Sarkozy, et consolidé, outillé, sous la présidence Hollande.

    → A (RE)LIRE : André Guichaoua, témoin-expert au procès de Pascal Simbikangwa

    Mercredi, la cour de cassation française a rejeté l’extradition de trois Rwandais soupçonnés d’avoir participé au génocide. Est-ce que vous comprenez cette décision ?

    C’est une décision regrettable parce que nous attendions et nous espérions qu’enfin la justice française pourrait commencer à extrader vers le Rwanda des suspects du génocide. Les Etats-Unis ont extradé vers le Rwanda. Le Canada, la Norvège, la Suède aussi. Sans compter le Tribunal pénal international pour le Rwanda et plusieurs pays africains. Cela montre que d’autres pays ont foi dans la justice rwandaise et n’hésitent pas à envoyer vers le Rwanda ces suspects du génocide. La France, nous le constatons, hésite encore pour des raisons qui nous sont inconnues. Mais nous espérons qu’elle finira par en extrader vers le Rwanda.

    → A (RE)LIRE : Rwanda: Kigali peine à juger les présumés génocidaires

    La semaine dernière, deux hauts responsables français, Thomas Mélonio de l’Elysée et Jean-Christope Belliard du Quai d’Orsay, ont été reçus à Kigali par la ministre des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo. Quel était l’objet de cette réunion ?

    C’était un message envoyé par le président Hollande à son homologue rwandais. Le président Hollande regrettait de ne pas pouvoir assister à la commémoration du 7 avril à Kigali, mais s’engageait à envoyer une personnalité de haut niveau à Kigali qui le représenterait. Ce même message comprenait également une invitation du président Hollande pour le président Kagamé, à venir en France en 2014 pour une visite officielle.

    Est-ce qu’on peut parler d’un véritable rapprochement entre les deux pays ?

    Je crois que le rapprochement a eu lieu en 2010, lorsque les deux pays ont décidé de rouvrir les ambassades et de se visiter mutuellement. C’est plus qu’un rapprochement ou un réchauffement. Il y a une réelle relation d’amitié qui est en train de se nouer entre la France et le Rwanda. Mais bien entendu, le chemin est encore long. Mais comme il y a de la volonté de part et d’autre, je suis confiant pour l’avenir de nos deux pays.

    Justement, les relations entre la France et le Rwanda ont longtemps été en dents de scie avec des périodes très tendues. Kigali a régulièrement accusé la France d’avoir eu un rôle dans le génocide de 1994. Qu’attendez-vous encore aujourd’hui de la France ? Est-ce que vous attendez des excuses par exemple ?

    Ça reste une attente. Quand le président Sarkozy est venu au Rwanda, on s’attendait à ce qu’il y ait plus d’engagement allant jusqu'à une demande de pardon, des excuses claires. Mais les mots prononcés par le président Sarkozy sont très louables, surtout que nous savions que ce n’était pas simple du tout pour le président Sarkozy de le faire. Tout le monde n’était pas d’accord avec lui. Idem pour le Rwanda, tout le monde n’était pas favorable à cette reprise, que certains jugeaient rapide, des relations avec la France. Donc je crois qu’il y a eu des efforts des deux côtés. Il faut les louer et se dire que des pas continueront à se faire. Le Rwanda est un pays qui se tourne vers l’avenir, qui ne veut plus perdre du temps à ressasser le passé. C’est un pays qui veut avancer.

    Parmi les pommes de discorde, il y avait la procédure judiciaire concernant l’attentat contre l’avion de l’ancien président Juvénal Habyarimana. Des proches du président Kagamé sont toujours inculpés dans cette affaire. Quelles sont les attentes de l’Etat rwandais vis-à-vis de cette procédure ?

    Le Rwanda a toujours clamé son innocence dans cette affaire et le Rwanda avait dénoncé dès le départ que c’était une instrumentalisation de la justice française par le politique. Un autre juge est venu remplacer le juge Bruguière, et ce juge a pris toute une série de mesures contredisant entièrement les thèses du juge Bruguière. Et nous sommes convaincus, mais vraiment sereinement, qui qu’il y aura un non-lieu qui sera prononcé. Nous en sommes convaincus.

    → A (RE)LIRE : Procès en France lié au génocide rwandais: quelles implications politiques ?


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