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    Haïdar el-Ali, ministre sénégalais de la Pêche et des Affaires maritimes

    Haïdar el-Ali. Serigne Diagne/Wikimedia Commons

    « Nous n’allons pas laisser des bateaux pirates - ce sont des gens qui viennent piller nos ressources - transformer notre poisson, qui est la sécurité alimentaire pour nous, en farine de poisson qui nourrit leurs cochons. Je dis que ce n’est pas possible… »

    RFI : Le 4 janvier, quand vous avez décidé de faire arraisonner le bateau russe Oleg Naydenov, est-ce que vous vous ne vous êtes pas dit, c’est un coup de poker, je ne suis pas sûr de gagner ce bras de fer avec les Russes ?

    Haïdar el-Ali : Non, à aucun moment je n’ai eu ce doute, pas du tout. Lors d’une inspection aérienne, on a localisé quatre navires. On en a identifié deux, le Capitaine Bogomolov et le Oleg Naydenov. Nous avons donc saisi leurs autorités pour leur dire qu’ils étaient en infraction dans nos eaux. Nous avons attendu des réactions de leur part. Il n’y en a pas eues. Nous avons mis en œuvre tout le schéma pour les attraper, les arraisonner, les ramener à quai et faire appliquer la loi.

    Le Oleg Naydenov, c’est un bateau de pêche de 120 mètres de long qui embarque quelque 80 personnes et qui appartient à un amateur russe, Phoenix. Est-ce que c’était la première fois qu’il venait pêcher dans les eaux territoriales sénégalaises ? Est-ce que ces quatre bateaux étaient seuls ? Est-ce qu’il y en avait beaucoup d’autres par ailleurs ?

    Il est courant que les bateaux ukrainiens, les bateaux russes, même des bateaux européens, espagnols viennent pêcher illégalement dans nos eaux et ce sont des multirécidivistes. Ce sont des gens qui très souvent, hélas pour nous, arrivaient à arranger tous les problèmes, quand on les arrêtait, grâce à la corruption.

    Aujourd’hui, ils ont compris le message. Juste avant de venir sur Paris, nous avons arraisonné un autre bateau ukrainien. Nous n’allons pas laisser des bateaux pirates. Je dis bien pirates parce que c’est pire que le trafic de drogue, ce sont des gens qui viennent piller nos ressources, transformer notre poisson, qui est la sécurité alimentaire pour nous, en farine de poissons qui nourrit leurs cochons. Ce n’est pas possible.

    Quel est le poids de la pêche dans l’économie sénégalaise ?

    La pêche artisanale, industrielle, locale représente le troisième pôle économique. 600 000 emplois, 245 milliards de Francs à l’exportation.

    C’est 17% de la population active ?

    C’est ça. Et en plus, c’est la sécurité alimentaire parce que le petit pélagique, la sardinelle, notre fameux Yaboy, nourrit l’essentiel de la population dans notre plat national le thiéboudiène.

    Est-ce que certaines espèces de poissons sont menacées d’extinction ?

    Hélas, oui. On peut dire, sans se tromper, que tous les reproducteurs lents sont aujourd’hui menacés de disparition. Si vous prenez en exemple le requin, c’est à l’âge de 8 ans qu'il va atteindre sa maturation sexuelle. Il va vivre longtemps et surtout il va mettre bas un millier de petits. Donc c’est un reproducteur lent. Lui, est vraiment menacé de disparition, comme le grand mérou noir des profondeurs, comme le grand barracuda, comme l’espadon, le thon rouge, ceux-là sont menacés.

    Après son arraisonnement, le bateau russe a été escorté jusqu’au port de Dakar, placé sous séquestre. Puis au bout de deux semaines il a été libéré, moyennant une amende de un million de dollars, c’est-à-dire 600 millions de Francs CFA. A un moment, est-ce que les Russes ne se sont pas dits, « pas question de payer, nous sommes une grande puissance, nous n’allons pas céder devant le Sénégal » ?

    Je tiens à rappeler qu’à aucun moment, il n’a été question du gouvernement sénégalais et du gouvernement russe. C’est un bateau privé. Il faut que force reste à la loi, surtout sur la côte ouest atlantique parce que malheureusement, nous avons des pays voisins que je ne citerai pas, mais qui délivrent à tour de bras des licences. Il y a actuellement 42 navires chinois, russes, ukrainiens et autres nationalités, qui sont dans les eaux de la sous région, avec des contrefaçons, avec la corruption souvent, signant des licences de complaisances et ces bateaux se retrouvent dans nos eaux à nous.

    Vous parlez des licences venues de Bissau ?

    Des licences venues des pays de la sous région, qui ont des autorisations de ces pays-là.

    Vous dites que c’est une affaire privée, mais le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est tout de même exprimé là-dessus. Il a même remercié certains pays amis pour leur aide dans les négociations. Est-ce que la France a joué un rôle de médiation ?

    Non, j’ai même entendu dire que c’est Greenpeace qui a arrêté le bateau. Non, moi je n’ai subi aucune pression, aucune médiation. A un moment, c’est vrai que la tension était très forte parce que les medias avaient saisi l’affaire et ça avait fait un buzz. Il a payé une amende que nous avons jugé nécessaire. Nous revoyons la loi maintenant parce que la loi sénégalaise ne prévoit pas l’emprisonnement du capitaine, contrairement à certains pays de la sous région. Elle ne prévoit pas la saisie du bateau, elle prévoit seulement la saisie de la cargaison et de l’engin de pêche c’est-à-dire le filet. Mais nous sommes en train de revoir les lois de sorte que le capitaine aille en prison et que le bateau soit saisi.

    Vous êtes Sénégalais d’origine libanaise. Vous êtes connu depuis ce jour tragique de septembre 2002 où le Joola a fait naufrage. C’est vous qui êtes arrivé le premier sur les lieux avec votre bateau. Qu’est-ce que vous répondez aux Russes qui disent que vous êtes un « sous-marin de Greenpeace » au sein du gouvernement sénégalais ?

    J’aimerais bien être catalogué comme celui qui a planté le plus de mangroves au monde. Je crois qu’on a planté 15 000 hectares de mangroves pour restaurer les écosystèmes des zones humides, pour récupérer nos champs de riz. J’aurais espéré qu’on dise « Haïdar el-Ali, vous avez créé l'Aire marine protégée de Bamboung en 2000 », qui représente 7000 hectares, où on a vu avec l’IFD, l’’Institut de recherche pour le développement, la réinstallation de beaucoup d’espèces de poissons qui avaient disparu dans le delta du Saloum. Mais c’est vrai que ce bateau était une histoire tragique pour mon pays, pour le monde d’ailleurs parce que c’était une grande tragédie.

    Est-ce que vous avez réussi à sauver quelques naufragés ?

    Hélas non puisque, quand on est arrivés, personnellement je suis arrivé 17 heures après. Donc dans l’eau, sous un bateau retourné, 17 heures après, vous n'avez aucunes chances de récupérer des personnes. Ceci dit, nous avons sorti près de 500 corps.

    Et aujourd’hui, êtes-vous d’abord un ministre ou un écologiste ?

    Je suis d’abord un écologiste, ensuite un écologiste, après un écologiste et enfin au bout là-bas, un ministre.


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