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    L’immigration sans effet sur les comptes de la Sécurité sociale

    L'étude publiée par Jean-Paul Gourevitch concluant que les immigrés couteraient plus qu'ils ne rapporteraient à la sécurité sociale est contestée par deux économistes. Olivier Morin/AFP

    Avec la crise, certains pays européens ont commencé à rogner les prestations dues aux travailleurs étrangers. Ces pays comme le Royaume-Uni considèrent que l'immigration est un fardeau pour la société. Pourtant la réalité statistique du phénomène n'est pas facile à démontrer. En France, les deux principales études consacrées au sujet ont abouti à des résultats opposés.

    La première étude sur ce sujet signée Jean-Paul Gourevitch conclut que les immigrés coûtent plus qu'ils ne rapportent à la protection sociale. Entre 2010 et 2012, la facture moyenne s'élève à 17 milliards d'euros. Ce n'est pas rien, c'est l'équivalent du déficit de la sécurité sociale pour l'année 2011. L'étude est largement médiatisée par le Front national. Sauf que le résultat est très vite remis en cause par une autre étude réalisée par des économistes (Xavier Chojnicki et Lionel Ragot) cette fois basée sur l'année 2005.

    D'après eux cette année là l'immigration a fait gagner 4 milliards d'euros aux comptes de la sécurité sociale. Dans le détail, les natifs sont bénéficiaires nets pour la branche retraite et santé et les immigrés eux sont bénéficiaires en matière d'allocation familiale, de chômage et d'aide au logement. Ces nuances s'expliquent par le portrait-robot de la population immigrée française. Moins formée, elle est plus souvent victime du chômage que la population de souche, elle est aussi plus féconde. Enfin numériquement elle est très concentrée dans la tranche des 25-60 ans, au moment où l'on contribue le plus au régime général de la sécurité sociale. D'où ce léger excédent.

    Comment expliquer un tel écart entre les deux études ?

    Selon l'un des auteurs, Lionel Ragot, l'étude alarmiste a d'abord comptabilisé dans les charges l'aide publique au développement en estimant que cette aide est liée politiquement à l'immigration ; or la coopération n'entre pas dans les comptes de la sécurité sociale. L'autre biais s'explique par la prise en compte du coût des enfants d'immigrés nés sur le sol français. C'est vrai que les enfants par nature coûtent plus qu'ils ne contribuent aux comptes de la sécurité sociale. Mais pour être complet, il faudrait alors prendre en compte les enfants de plus de 18 ans qui eux travaillent et contribuent positivement à l'équilibre de la sécurité sociale.

    Par ailleurs, l'excédent dégagé pour une année que met en lumière cette étude n'est pas automatique, il y a parfois un déficit. En moyenne, à court terme estime Lionel Ragot l'impact de l'immigration sur le financement de la protection sociale est neutre, comme c'est le cas dans les pays développés où des études similaires ont été conduites. À long terme, il est forcément positif, car sans l'accroissement de la population engendrée par l'immigration, il faudrait consacrer une part bien plus importante de la richesse nationale au financement de la protection sociale.

    Il faudra donc plus d'immigration pour équilibrer les comptes sociaux ?

    C'est le concept d'immigration de remplacement lié au vieillissement général de la population. D'ici 2050 l'Allemagne aura perdu 30 % de sa population active, d'ici 2100 la population active du Japon sera réduite de moitié. Mais ce vieillissement est si rapide et massif qu'une réponse purement migratoire ne suffira pas.

    L'autre option serait de procéder à une immigration plus sélective, en attirant les CSP+. Mais cette catégorie de la population, qu'elle soit de souche ou étrangère tend à faire moins d'enfants et à vivre plus longtemps, elle finirait donc elle aussi par aggraver les déficits. Ni le présent ni l'avenir des régimes sociaux ne dépendent de l'immigration.

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