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    Jean-Yves Ollivier, négociant français en céréales et en pétrole

    Jean-Yves Ollivier. DR

    « Non, je ne crois pas que je suis une barbouze. Une barbouze, c’est quelqu’un qui travaille dans l’illégalité pour le compte d’un Etat, ce n’était pas mon cas. Je me suis consacré au business et la politique m’a rattrapé, donc je me suis replongé dans la politique. »

    Ni vu, ni connu... C’est le titre des mémoires publiées chez Fayard par Jean-Yves Ollivier, un négociant français en céréales et en pétrole, qui a pratiqué la diplomatie parallèle pour le compte de Jacques Foccart et de François Mitterrand.
    De Winnie Mandela à Denis Sassou-Nguesso en passant par Pascaline Bongo, Jean-Yves Ollivier connaît beaucoup de monde. Aujourd’hui, il sort de l’ombre et livre quelques-uns de ses petits secrets.

    Ni vu ni connu, de Jean-Yves Ollivier, paru le 26 février 2014 aux Editions Fayard. Jean-Yves Ollivier © Editions Fayard 2014

    RFI : Pendant vingt ans, vous avez été un émissaire secret. C’était au temps des deux Jacques : Jacques Chirac et Jacques Foccart. Les négociations de Brazzaville en 2008 pour le retrait des Cubains et des Sud-Africains des territoires angolais et namibien, c’est un peu vous. Votre botte secrète, c’était le business. Vous avez gagné la confiance du régime d’apartheid en lui vendant du pétrole malgré l’embargo. Au fond, est-ce que vous n’étiez pas une barbouze ?

    Jean-Yves Ollivier : Je ne crois pas que j’étais une barbouze. Une barbouze, c’est quelqu’un qui travaille dans l’illégalité pour le compte d’un Etat. Ce n’était pas mon cas. Je me suis consacré au business et la politique m’a rattrapé donc je me suis replongé dans la politique.

    Est-ce que vous n’étiez pas à l’époque de l’apartheid un ami d’un régime honni par toute la communauté internationale ?

    Il y a une différence entre être ami d’un régime et être ami d’individu. Dans tout individu, il y a une part de bon et on peut, à un moment donné, être ami avec des gens qui forcément ne pensent pas automatiquement comme vous.

    Vous dites que vous avez beaucoup appris de Félix Houphouët-Boigny, notamment cette phrase : « Si vous voulez connaître l’Afrique, n’entrez jamais dans un village sans être accompagné de quelqu’un que le village connaît déjà ».

    Oui, cela a été ma règle essentielle, c’était ma première leçon africaine. C’est Houphouët qui me l’a donnée. Il n’était pas question par exemple que j’aille voir le président angolais Dos Santos sans être accompagné par le président Chissano du Mozambique.

    Joaquim Chissano avec qui vous avez noué de tels liens qu’un jour, Jacques Foccart vous appelle au milieu de la nuit en vous disant « Il faut empêcher un vote hostile à la France et à Mayotte aux Nations unies, est-ce que tu connais un chef d’Etat africain qui peut nous arranger les choses ?». Et ?

    Et j‘appelle le président Chissano que je réveille au milieu de la nuit et il fait voter contre la résolution aux Nations unies. Le président Chissano est toujours là pour le dire.

    Autre président africain que vous avez bien connu, le président gabonais Omar Bongo, généreux donateur. Vous dites que, quand il vient à Paris, il mise à l’époque sur la faiblesse des hommes. Il reçoit outre les premiers couteaux, Messieurs Bayrou, Longuet, Le Pen. Est-ce que ces derniers repartaient de ces rendez-vous avec de gros cadeaux ?

    Je n’étais pas là pour voir, donc je ne sais pas.

    Au Gabon, vous avez bien connu Pascaline Bongo, la fille et la confidente d’Omar Bongo. Aujourd’hui elle est en disgrâce. Qu’est-ce que vous pensez du nouveau régime d’Ali Bongo ?

    Je m’abstiens à donner des opinions sur des régimes en place. Je donnerai mon opinion sur le régime quand il ne sera plus là.

    Mais vous voyez toujours Pascaline ?

    J’ai rencontré Pascaline récemment à Oyo, c’est vrai, pour le cinquième anniversaire de la mort d’Edith Bongo, la femme de Omar Bongo et fille du président Sassou-N’Guesso.

    Vous sentez qu’elle est aigrie ?

    Pas du tout, elle est très sereine, très digne. Je dois dire que j’ai beaucoup d’admiration pour elle parce que ça n’a pas été facile. Le pire, c’est de se sentir étranger dans son propre pays à un moment donné parce qu’on ne veut plus de vous.

    A l’époque, vous rencontrez tout le monde : Pieter Botha, Dos Santos, Chissano, Savimbi. Quels sont aujourd’hui avec le recul les hommes qui vous ont le plus impressionné ?

    Si on me dit, lequel d’entre eux te paraît le plus visionnaire par exemple, je dirais le président Denis Sassou-N’Guesso.

    Denis Sassou-N’Guesso en effet, vous dites que c’est un ami, que c’est un dirigeant capable de voir loin. Cela dit, beaucoup de Congolais ne partagent pas trop votre point de vue. Beaucoup le soupçonnent de vouloir modifier la Constitution pour rester au pouvoir au-delà de 2016. Est-ce qu’il aura raison de le faire ou pas ?

    D’abord personne, sauf lui, n’a la réponse à son intention ou non de se représenter aux électeurs. On doit aussi se poser la question des successions en Afrique. C’est très bien de remplacer des gens très compétents et très valables. Mais est-ce que c’est aussi bien de les remplacer par des gens qui n’ont pas d’expérience ? Est-ce que c’est bien de vouloir faire partir ce qui n’est pas très bien et le remplacer par quelque chose qui est pire ?

    Vous connaissez la phrase d’Obama « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais d’institutions fortes ». Vous n’êtes pas d’accord avec lui ?

    Lorsque l’on connaît l’Afrique, la tradition africaine n’est pas basée sur l’écrit et sur des institutions. Elle est dans la sagesse africaine. Monsieur Obama ne dirait pas la même chose par exemple pour la Chine.

    Vous connaissez bien les Chinois à qui vous vendez des matières premières depuis l’époque de Mao Tsé-Tung. Aujourd’hui, vous semblez vous inquiéter du poids qu’ils prennent en Afrique. Mais est-ce que ce n’est pas bon pour le commerce ?

    Tout ce qui est monopole n’est pas bon parce que c’est la compétition qui doit s’exercer, la liberté de choisir.

    Les Chinois ont pris une position trop hégémonique dans certains pays ?

    Le mot hégémonique n’est peut-être pas le mot qui s’applique à la Chine mais en tous les cas, la présence chinoise remplit un vide. N’oublions pas que la France, pendant vingt ans, a refusé de construire la route Pointe Noire-Brazzaville. Et les Chinois sont arrivés et ils ont rempli un vide. Ces infrastructures, c’est la source du progrès.

    Les Chinois font ce que les Français n’ont pas fait. Est-ce que c’est cela le déclin de la France ?

    La France est un petit peu retirée et a voulu banaliser l’Afrique. La France a tort.

    Quand vous dites la France, c’est celle de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou de François Hollande ?

    Je crois les trois.

    Vous êtes plutôt un homme de droite. Est-ce que vous pensez qu’aujourd’hui, la France socialiste de François Hollande ne sait pas faire en Afrique ?

    Je ne suis pas un homme de droite. Mon premier engagement politique, c’est fait partie des Jeunesses communistes. Si vous me poussez dans mes retranchements, j’ai mieux travaillé avec Monsieur Mitterrand et son fils Jean-Christophe, que j’ai travaillé avec Jacques Chirac. Peut-être que le gouvernement de Monsieur Hollande est plus réaliste et considère qu’il peut utiliser certaines sources d’informations ou de compréhensions que son prédécesseur avait ignorées.

    Le gouvernement de François Hollande n’ignore pas vos compétences.

    C’est votre conclusion.

    « La Françafrique n’est plus ce qu’elle était. Avant les chefs d’Etat africains donnaient spontanément des valises de billets à leurs amis français pour s’acheter une protection. Maintenant ce n’est plus vrai, ce sont les Français qui viennent les taper » ?

    S’il y a transfert d’argent, c’est en effet les Français qui viennent demander de l’aide. Entre la France et l’Afrique, on se demande aujourd’hui qui est le cavalier et qui est le cheval.
     


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