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    Sirafily Diango, écrivain et comédien malien

    L'artiste et écrivain malien Sirafily Diango, en répétition. © Matthieu Millecamps

    «J'ai écris ce texte pour parler à la conscience des Maliens. Pour évoquer une situation intolérable, inacceptable, bouleversante et humiliante..

    L’avancée des rebelles dans le Nord et la faiblesse de l’armée malienne a choqué Sirafily Diango, écrivain, comédien et professeur de français qui rédige en quelques mois une pièce : «Il pleut sur le Nord» dans laquelle des soldats maliens tentent d'alerter leur général de l'avancée des rebelles. Mais ce dernier ne les croit pas et défend sa vision d'une armée sans armes. Deux ans après, la pièce est jouée dans plusieurs établissements scolaires de Bamako et à l'Institut français du Mali.

    Sirafily Diango, invité au dernier Salon du livre de Paris, répond aux questions d'Amélie Tulet.

    *** « Il pleut sur le Nord », une pièce de Sirafily Diango aux éditions La Sahélienne


    RFI : Combien de temps après le coup d’Etat de mars 2012 avez-vous commencé à écrire ce texte, Il pleut sur le Nord ?

    Sirafily Diango : J’ai commencé à écrire Il pleut sur le Nord en avril, au moment où les bérets rouges et les bérets verts étaient en train de se taper dessus et au moment où Tombouctou était martyrisée par les jihadistes et les rébellions.

    Dans quel état d’esprit étiez-vous quand vous avez écrit ce texte ?

    En colère. En colère contre toute cette situation dont nous sommes tous responsables, de notre culpabilité générale. J’étais en colère contre nous-mêmes, les Maliens. Parce qu’on aurait pu éviter cette crise, si on avait été plus attentifs et plus sérieux. Donc, la responsabilité de tout le monde est engagée dans cette crise.

    Qu’avez-vous pensé quand Amadou Sanogo a pris le pouvoir ?

    J’ai cru à un véritable changement. Donc j’ai vu en Amadou Sanago d’abord un Thomas Sankara ou un Jerry Rawlings qui allait apporter un sang neuf.

    Et vos espoirs ont été déçus ?

    Oui, mes espoirs ont été très vite déçus. Quand les villes du Nord étaient martyrisées, Sanogo et ses troupes n’avaient rien encore proposé pour contrecarrer vraiment cette vague de rébellion dans le Nord.

    Alors pourquoi avez-vous écrit ce texte ?

    J’ai écrit ce texte pour parler à la conscience des Maliens, pour parler d’une situation qui est vraiment intolérable, inacceptable et même bouleversante. Et j’allais dire humiliante.

    Dans cette pièce de théâtre que vous avez écrite, on est face à un caporal et un capitaine qui paniquent, qui voient ce qui se passe dans le Nord et qui essaient d’alerter leur général, chef des armées qui lui, en revanche, est sourd et aveugle à leurs appels.

    Le général, qui s’appelle Makossa – qui veut dire en bambara « l’homme par qui toute la catastrophe est arrivée » –, reste sourd à l’appel des soldats, qui veulent des armes pour aller libérer le Nord. Et il dit qu'il est un soldat démocrate, un soldat moderne, qui cherche à faire la paix sans faire la guerre par la négociation et surtout le consensus... jusqu’à l’absurde. La version de ATT [Amadou Toumani Touré] du consensus était : « Mangez tous, mais taisez-vous »...

    Pour vous, cette culture du consensus à tout prix, c’est ce qui a fait du tort au Mali ?

    Cette culture du consensus a catapulté le Mali dans le gouffre. Le consensus a effacé d’abord l’opposition. Le consensus a effacé l’Etat. Donc on gérait le pays comme la famille.

    Et dans ce texte Il pleut sur le Nord, vous abordez un sujet grave, mais il y a beaucoup d’humour. On rit beaucoup en voyant la pièce.

    J’étais très nerveux en écrivant ce texte. Mais l’humour rend la tragédie beaucoup plus supportable.

    Vous avez présenté votre pièce à Bamako, dans plusieurs établissements scolaires et également à l’Institut français du Mali. Comment le public a réagi à chaque fois ?

    Tout le monde a dit que cette pièce est courageuse et qu’il faut la jouer partout ailleurs à travers le Mali. Mon objectif, c’est de jouer cette pièce à Kegnéba, Kidal ou encore Tessalit.

    Quel rôle peut jouer le théâtre après une crise comme celle qu’a vécu le Mali ?

    Je crois que le théâtre – étant donné un contact direct avec le public – est l’un des puissants moyens de toucher le maximum de consciences possibles pour susciter les débats. Et d’ailleurs à chaque fois qu’on jouait le spectacle, on engageait les débats.

    Deux ans après le coup d’Etat, je vois quand même un Mali meurtri, mais je ne suis pas du tout pessimiste parce que la situation a permis aux Maliens de comprendre, de voir le vrai visage des politiciens surtout. Les Maliens ne vont plus accepter de les suivre pour un paquet de sucre, un tee-shirt ou du thé. Les Maliens ont compris qu’il n’y avait pas d’armée. Et c’est ce qui est dit dans ma pièce. Le général disait que son prédécesseur, le camarade, le professeur Omega, avait déjà allumé la flamme de la paix à Timberland avec les rebelles.

    Timberland pour Tombouctou, on comprend…

    Timberland pour Tombouctou… Maintenant, un Etat moderne n’a pas besoin d’armes, de munitions, de mitraillettes et de kalachnikov. Mais un Etat moderne a plutôt besoin de généraux formés pour la compétition et la compétitivité. Et c’est ce qui s’est passé au Mali.

    Quelles sont les difficultés que vous rencontrez pour présenter cette pièce au plus grand nombre ?

    Les difficultés c’est les moyens dans les écoles de Bamako. On peut essayer de faire le voyage nous-mêmes. Mais j’ai envie de faire jouer ce texte à travers tout le Mali, par exemple dans des garnisons. Mais je n’ai pas les moyens financiers pour faire le voyage avec la troupe.


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