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    Les entraves au développement pétrolier de l'Irak

    Une échappée de gaz dans un champ près de la ville de Kirkouk riche en pétrole, au Kurdistan irakien. AFP / Marwan Ibrahim

    La production de pétrole progresse en Irak, mais l'insécurité et le manque d'infrastructures ralentissent le développement du secteur.

    L'insécurité, les divisions et le retard des infrastructures minent le potentiel pétrolier irakien. L'Irak aurait pourtant les capacités dans 20 ans de talonner l'Arabie Saoudite, le premier exportateur mondial, selon l'Agence internationale de l'énergie. Mais cette année les autorités de Bagdad ont encore échoué à remplir leurs objectifs : exporter trois millions et demi de barils par jour.

    Ce n'est pourtant pas faute de développer la production, avec l'aide des grandes compagnies étrangères, de retour depuis la chute de Saddam Hussein, il y a plus de dix ans. Le Britannique BP et le Chinois Sinopec ont relancé le gisement de Roumail, le Néerlandais Shell étend celui de Majnoun ; le Russe Lukoil a lancé la production de Qurna West - trois champs pétroliers géants dans le sud-est du pays. Mais les infrastructures ne suivent pas.

    Au Sud, les terminaux pétroliers ne sont pas adaptés, que ce soit les jetées ou les capacités de stockage. Il suffit que le vent se lève dans le Golfe Persique et que le chargement des tankers soit retardé, on ne sait alors plus quoi faire du pétrole, il faut alors réduire la production ! Au Nord, l'insécurité s'accroit, les groupes armés sunnites et l'État islamique en Irak et au Levant multiplient les sabotages de l'oléoduc qui permet normalement d'évacuer le pétrole de Kirkouk vers la Turquie.

    Les autorités de Bagdad ne peuvent pas dévier cette production vers l'autre oléoduc qui rejoint la Turquie, pour la bonne raison qu'il est aux mains des Kurdes de la Région autonome, avec laquelle subsiste un désaccord sur le partage des revenus du brut. Région kurde qui a promis d'exporter son brut pour son propre compte, sans en référer à Bagdad, dès le mois prochain. Des divisions qui font dire à l’expert Pierre Terzian (Pétrostratégies) qu'on est au bord d'un démembrement de l'Irak pétrolier.


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