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    Vital Kamerhe, opposant congolais

    Vital Kamerhe, leader de l'Union pour la Nation Congolaise (UNC) L'Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe ne se rendra pas aux concertations nationales. ©RFI/Delphine Michaud

      « J’ai reçu ce message [de John Kerry, NDLR] clair et limpide. Il a dit clairement que le respect de la Constitution ça ne se négocie pas ; mais cela entraîne autre chose. C’est là que je suis un peu inquiet, que cela doit aussi entraîner que la feuille de route, actuellement proposée par Monsieur l’abbé Malu Malu, soit revue, rediscutée pour trouver une feuille de route de consensus, parce que dans la feuille de route qui reprend deux hypothèses, toutes les deux suggèrent la modification du mode de scrutin. Or, le mode de scrutin est fixé par l’article 197 de la Constitution. Cela signifie qu’en touchant la loi électorale sur le mode de scrutin on va revenir à la révision constitutionnelle qu’on a redoutée. »

      L'opposant et ancien président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation Congolaise (UNC), est ce matin l'invité de la rédaction Afrique. Vital Kamerhe satisfait des propos de John Kerry qui enjoint le président Kabila à respecter la Constitution. Selon celle-ci, Joseph Kabila ne pas plus briguer un troisième mandat en 2016. Malgré tout l'opposant soupçonne le pouvoir de vouloir tout faire pour obtenir une prolongation du mandat de Jospeh Kabila. Vital Kamerhe est l’invité de RFI.

      Le secrétaire d’Etat américain John Kerry s’est rendu en visite à Kinshasa. Il a clairement insisté sur le fait que Joseph Kabila devait respecter la Constitution. J’imagine que pour un opposant comme vous qui redoute des manipulations de la Constitution, vous êtes satisfait ?

      Vital Kamerhe : Nous avons reçu ce message clair et limpide, il a dit clairement que le respect de la Constitution, ça ne se négocie pas. Cela entraîne autre chose. C’est là que je suis un peu inquiet, que cela doit aussi entraîner que la feuille de route, actuellement proposée par Monsieur l’abbé Malu Malu, soit revue, rediscutée pour trouver une feuille de route de consensus parce que dans la feuille de route qui reprend deux hypothèses, toutes les deux suggèrent la modification du mode de scrutin. Or le mode de scrutin est fixé par l’article 197 de la Constitution. Cela signifie qu’en touchant la loi électorale sur le mode de scrutin, on va revenir à la révision constitutionnelle qu’on a redoutée.

      Donc vous redoutez davantage une manipulation de la loi électorale que de la Constitution en tant que telle ?

      Je sais qu’ils ont plusieurs tours dans leur manche, le président Kabila et la majorité au pouvoir. C’est à nous de demeurer vigilants. Le respect de la Constitution, c’est dans sa globalité. Cela signifie que nous devons organiser les élections provinciales parce qu’un cycle a commencé le 28 novembre 2011. On ne peut pas le suspendre pour commencer une nouveauté qui s’appelle les élections locales, même si nous les acceptons. Mais commençons d’abord par les provinciales pour changer. Les gouverneurs de province, les députés provinciaux sans mandat, sans légitimité, sans légalité.

      Mais en quoi la feuille de route présentée par l’abbé Malu Malu pourrait déboucher sur quelque chose que finalement vous n’accepteriez pas et qui se traduirait par une modification, qui ne dit pas son nom, de la Constitution ?

      Monsieur l’abbé Malu, sans avoir les titres ni les droits, propose qu’on puisse changer le mode de scrutin. Cette nouveauté vient faire quoi ? Nous, au niveau de l’opposition, de la société civile, nous demandons qu’on termine d’abord les cycles qu’on a commencés, qu’on termine l’élection présidentielle en 2016 couplée des élections législatives nationales, et qu’on renvoie les élections locales en 2017. Il y a deux autres éléments dans cette feuille de route : la décentralisation et le recensement. Si on combine la décentralisation et le recensement, et les moyens colossaux qu’il faut réunir, Monsieur l’abbé Malu Malu va dire comme Ponce Pilate ‘vous voyez, j’ai voulu bien faire mais c’est très fastidieux donc nous devons prolonger’.

      Vous redoutez un report des élections ?

      Voilà. Donc on peut ne pas toucher à la Constitution. Il y a cette voie-là. Parce que le président de l’Assemblée nationale, au micro de votre radio, avait dit clairement que Kabila va respecter la Constitution. Mais il a ajouté un élément qui a fait réfléchir tout le monde : il partira quand un autre président sera élu. Mais il n’a pas dit quand ce président sera élu.

      Parmi les sujets d’actualité, en ce moment au Congo il y a ce fameux procès de Minova. Plus de 39 militaires dont 14 officiers étaient jugés pour une série de 135 viols. Manifestement, les plaignants et leurs avocats ne sont pas satisfaits du verdict. Aucun officier n’a été condamné. On dit que les juges ont fait leur travail mais finalement, est-ce que ce n’est pas tout le travail d’instruction qui n’a pas été correctement fait ?

      C’est ça le drame congolais. L’institution, cours et tribunaux, c’est-à-dire la justice, est au pas du pouvoir. La justice n’a pas son indépendance. Moi-même j’ai été l’objet d’un procès et chaque fois, on devait malmener les juges et je dois féliciter les juges qui étaient dans le cadre de mon procès qui ont fait parler le droit.

      Cela veut dire que les juges font leur travail ?

      Ils font leur travail mais ça dépend aussi de leur capacité de résister. Pour le cas de Minova, nous sommes tous en colère. On ne peut pas chaque fois quand il y a eu viol, on punit des petits soldats comme si ces soldats n’avaient pas de chef hiérarchique. Et quand une brigade, un bataillon, commet des bévues de ce genre-là, les commandants de la brigade, les commandants du bataillon, le commandant de la compagnie tout au moins, celui-là et son staff doivent passer à la barre. Donc c’est un procès encore une fois bidon, qui ressemble au procès d’ Eugène Diomi Ndongala. Nous sommes habitués à ce genre de procès et nous allons tout faire pour que la séparation du pouvoir devienne réalité dans notre pays.

      On a vu 60 000 de vos compatriotes expulsés de Brazzaville. Est-ce que vous condamnez ces expulsions ?

      Avec colère. Et j’ai dit au président Denis Sassou-Nguesso et aux dirigeants de Brazzaville que c’est inacceptable. Je me demande ce qui a pris le président Sassou pour maltraiter ses propres frères parce le président Sassou est notre beau-frère ? Nous disons que la faute revient d’abord au gouvernement de la République démocratique du Congo. Ce n’est pas normal que 60 000 compatriotes entrent à Kinshasa et que les autorités se limitent à balbutier. On devait rappeler l’ambassadeur. On devait même geler les relations diplomatiques entre les deux pays en attendant que les deux chefs d’Etat et les ministres des Affaires étrangères se parlent pour trouver un bon départ, un nouveau départ. Nous ne disons pas qu’il faut ne plus fréquenter Brazzaville ou que les Brazzavillois ne viennent plus à Kinshasa. Mais nous voulons nous mettre d’accord pour que nous puissions nous respecter nous tous.

      Propos recueillis par Oliver Roger


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