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    • Maldives: ouverture des bureaux de vote pour l'élection présidentielle (officiel)

    Idrissa Seck, ancien Premier ministre sénégalais

    L'ancien Premier ministre sénégalais Idrissa Seck. AFP/George Gobet

    « Nous avons minutieusement préparé les prochaines élections. [...] Une équipe dynamique et jeune a pu installer les structures du parti dans les 602 collectivités locales et nous seront présents dans des listes, soit seuls, soit en coalition. Cette coalition est très large, ce qui nous donne d’ailleurs de très grands espoirs à l’occasion de ces élections locales. […]  La modification du mode de scrutin n’a rien à voir avec une avancée démocratique. C’est une tactique politicienne destinée à éliminer des personnalités politiques considérées comme les concurrents les plus sérieux de Macky Sall dans la perspective 2017. »

    Ancien Premier ministre d’Abdoulaye Wade de 2002 à 2003, Idrissa Seck, avec son parti, le Rewmi, faisait partie de la coalition Benno Bokk Yakaar, qui a porté Macky Sall au pouvoir en mars 2012. Mais depuis un an, Idrissa Seck, se pose en opposant inflexible. Longtemps pressenti comme étant un héritier d’Abdoulaye Wade, Idrissa Seck préfère aujourd’hui garder ses distances avec le Parti démocratique sénégalais. Et à l’approche des élections municipales et communales du 29 juin 2014, le maire de Thiès constate avec amertume l’émergence, sur la scène politique locale, d’une dynastie « Faye-Sall », du nom de la famille présidentielle. Idrissa Seck répond aux questions de Bineta Diagne, notre correspondante à Dakar.

    RFI : Le Sénégal organise des élections locales le 29 juin prochain, comment les préparez-vous au sein de votre parti le Rewmi ?

    Idrissa Seck : Nous les avons minutieusement préparées. En mon absence, une équipe dynamique et jeune a pu installer les structures du parti dans les 602 collectivités locales et nous seront présents dans des listes, soit seuls, soit en coalition. Cette coalition est très large, ce qui nous donne d’ailleurs de très grands espoirs, d’excellents résultats à l’occasion de ces élections locales.

    Quelle est votre lecture du changement du mode de scrutin qui concerne cinq villes dont Thiès qui est votre fief. Est-ce que ça va avoir un impact sur votre stratégie sur place ?

    Non, ça n’aura aucun impact. C’est plus légitime d’élire le maire de manière directe. Mais la modification du mode de scrutin n’a rien à voir avec une avancée démocratique. C’est une tactique politicienne destinée à éliminer des personnalités politiques considérées comme les concurrents les plus sérieux de Macky Sall dans la perspective 2017. Khalifa Sall, Idrissa Seck et d’autres qu’il a choisis d’éliminer de la carte politique et institutionnelle du Sénégal, mais nous savons que c’est peine perdue.

    Vers les années 2010, vous étiez encore bien positionné mais deux ans plus tard en 2012, c’est Macky Sall qui a remporté la présidentielle. Comment expliquez-vous ce revers ?

    J’étais concentré sur deux sujets. Et Wade lui-même l’a reconnu sur vos antennes. Je l’ai combattu farouchement, pas par hostilité mais plutôt par affection, sur deux sujets : la dévolution monarchique du pouvoir et la tentative d’un troisième mandat qui était anti-constitutionnelle. Je considère avoir réussi quelque part cette mission.

    Revenons-en à Wade qui est retourné au Sénégal pour réunir un peu la famille libérale. Est-ce qu'un retour de Wade serait envisageable ?

    Il est un âge où habiter encore chez le père devient même malsain. Je suis à la tête d’un parti politique, je travaille à la consolidation de l’opposition et de la nouvelle vague de leaders. Nous avons effectué de ce point de vue un excellent travail. C’est cela que je vais poursuivre.

    Donc il n’y a aucun retour avec le Parti démocratique sénégalais (PDS) envisagé ?

    Non, aucun retour dans le PDS n’est envisagé.

    Concernant la nouvelle alternance incarnée par Macky Sall il y a un an, vous vous êtes désolidarisé de sa coalition. Qu’est-ce qui explique votre déception ?

    La même chose que ce que disent les Sénégalais. D’abord l’échec économique, un taux de croissance qui fait que le Sénégal porte le bonnet d’âne dans la Cédéao, un échec politique parce que les ruptures vertueuses qui avaient été promises n’ont pas été réalisées. Macky Sall est encore assis sur les conclusions des assises nationales et du rapport de la commission de réformes des institutions. Or, il est notoire que le préalable à tout développement économique, c’est d’abord une profonde réforme de l’Etat, une profonde réforme de l’environnement des affaires pour susciter la confiance des acteurs. Sur tous ces plans, les attentes sont encore là et aucune réponse.

    Depuis le début de son mandat, Macky Sall s’est lancé dans une traque des biens mal acquis en instaurant un climat de transparence et de bonne gouvernance. A cet effet, la cour de répression de l’enrichissement illicite a été réactivée, récemment aussi la Haute cour de justice. Qu’est-ce que vous vous pensez de ces démarches-là ?

    La reddition des comptes est une obligation. Quand un responsable gère les biens de l’Etat, il doit en rendre compte. Cela fait partie des exigences démocratiques. Mais notre dispositif judiciaire avait tous les outils nécessaires pour faire rendre compte aux responsables qui ont géré. La grille était inutile. D’ailleurs ça sonne comme un cri de guerre.

    Les leaders du PDS parlent de chasse aux sorcières. Vous aussi ?

    Ça y ressemble puisque justement le dispositif judiciaire n’a pas été réformé pour accéder à un niveau d’indépendance et de responsabilité qui autorise une confiance totale des citoyens et des justiciables à l’endroit de cette autorité judiciaire que certains peuvent considérer, parfois à raison, être l’objet de manipulations de la part de l’exécutif.

    En 2012, vous vous étiez battu pour un idéal et notamment pour le respect de la Constitution. Est-ce qu'aujourd’hui, deux ans plus tard, vous avez l’impression que les choses ont réellement changé ?

    Malheureusement non parce que nous avons combattu l’implication de la famille dans la sphère de l’Etat et de la politique. Aujourd’hui c’est pire puisque c’est la famille, la belle famille, les amis. Vous avez le frère, l’oncle, le beau frère, tous envahissent l’espace politique. C’est cela qui fait d’ailleurs dire aux Sénégalais qu’il y a une dynastie qui s’est installée. Et ils ont trouvé ce mot de dynastie « Faye-Sall », des noms de Macky Sall et de son épouse Faye.

    Comment en est-on arrivé là ? Est-ce qu’on n’a pas tiré des leçons justement de toutes ces manifestations de 2012 ?

    Apparemment il ne les a pas tirées ! Je suis le premier à être surpris qu’ayant été témoin de la virulence avec laquelle le peuple sénégalais a rejeté une telle approche, qu’il soit là en train de refaire exactement la même chose, en pire.

     


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