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    Football: l'équipe de France a battu celle du Cameroun 3-2 en match de préparation

    Levy Yakété, coordinateur du MRPRC

    Un combattant anti-balaka à Bangui, le 14 janvier. REUTERS/Siegfried Modola

      « Michel Djotodia, qui est le principal responsable du chaos centrafricain, est en liberté, il n’est pas inquiété. On trouve des boucs émissaires [...] je suis vraiment au regret de constater que c’est la France qui est manipulée par les autorités actuelles… »

      Le Conseil de sécurité a adopté des sanctions à l’encontre de trois personnalités centrafricaines. L'ancien président François Bozizé, Nourredine Adam, l'un des chefs de l'ex-Seleka, et Levy Yakété, ancien conseiller de Bozizé. Ce dernier a quitté Bangui en mars 2013 et vit en France depuis le mois d'octobre. Considéré comme le coordinateur des milices anti-balaka par le comité des sanctions, l'intéressé réfute catégoriquement. Le coordinateur du Mouvement de résistance populaire pour la refondation de la Centrafrique (MRPRC) est l'invité de Pierre Pinto.

      Est-ce que vous avez été surpris de voir votre nom sur la liste des personnes sanctionnées pour la crise en RCA ?

      Levy Yakété : Effectivement, je suis très surpris.

      On vous accuse d’avoir coordonner les anti-balaka et notamment avoir distribué des armes, des machettes dans certains quartiers...

      J’ai quitté Bangui le 15 mars 2013 et depuis lors, je ne me suis jamais rendu en République centrafricaine. J’ai combattu la Seleka et monsieur Djotodia d’une manière pacifique par la voix des ondes, par la voix des écrits. Je n’ai pas distribué de machettes. Qu’on me dise où et quand j’ai acheté le stock de machettes, qu’on me donne le nom du fournisseur, et où et quand j’ai distribué ces machettes aux anti-balaka comme on m’accuse. C’est une décision à la Ponce Pilate. Djotodia, le principal responsable du chaos centrafricain, est en liberté et n’est pas inquiété. On trouve des boucs émissaires et je suis vraiment au regret de constater que la France se permet de se laisser manipuler par les autorités actuelles de la transition à Bangui, à savoir madame Catherine Samba-Panza qui, il y a quelques jours, a déclaré sur votre antenne qu’elle va pousser Bozizé jusqu’à son dernier retranchement et ses proches. Moi, je suis sur le territoire français depuis octobre 2013. Je ne me suis pas rendu en Centrafrique pour distribuer des machettes. Ma conscience est tranquille.

      Ces sanctions prévoient le gel des avoirs et des interdictions de voyager. Qu’est-ce que ça va changer concrètement pour vous ?

      Je n’ai aucun avoir, ni ici en France, ni ailleurs, encore moins en République centrafricaine. Je suis plus qu’un rat d’église, je n’ai pas un radis. C’est l’injustice qui est aujourd’hui élevée en vertu, au niveau du système des Nations unies et encouragé par le gouvernement français, je suis désolé. Je ne combats pas pour tuer des gens. Je n’ai jamais appelé à tuer un citoyen centrafricain ou un citoyen étranger. Depuis le départ de Djotodia le 10 janvier 2014, j’ai enterré ma hâche de guerre. Je me suis inscrit dans la logique de la réconciliation et de la paix. Malheureusement, tous les signaux que j’ai envoyés aux autorités de Bangui n’ont jamais été reçus positivement. Ils ont la volonté de nous éloigner parce que nous sommes populaires, parce que le peuple centrafricain fonde son espoir sur nous. Nous l’acceptons, mais nous allons nous battre jusqu’à ce que la vérité triomphe.

      Le comité des sanctions de l’ONU accuse François Bozizé d’avoir coordonné l’attaque sur Bangui le 5 décembre...

      Bozizé a toujours dit "je ne veux pas que le sang du peuple centrafricain soit encore versé encore une fois après tout ce que la Seleka est en train de faire". Il a écrit aux Nations unies, il a écrit à la France. Il est venu ici en France, il a rencontré les autorités françaises qui n’ont pas voulu l’écouter. Bozizé n’a pas donné un kopeck. Je peux le dire. Il n’a rien donné, il n’a pas contribué à ce qui s’est passé. C’est le peuple, la population rurale, révoltée par les massacres quotidiens. Je ne défends pas Bozizé, mais je sais à mon âme et conscience que Bozizé n’a jamais financé ce qui s’est passé le 5 décembre 2013 jusqu’à ce jour.

      La présence de Nourredine Adam sur cette liste de personnes sanctionnées, ça ne vous surprend pas en revanche ?

      Ça ne me surprend pas. C’était même notre souhait parce qu’il était l’incarnation du mal centrafricain. C’est Nourredine qui a dirigé le peloton qui a quitté le Tchad pour venir renverser le président Bozizé le 24 mars. Pourquoi c’est Yakété et Bozizé aujourd’hui qu’on veut crucifier ? Parce que nous défendons la légalité. Voilà notre combat. Bozizé avait un mandat, on aurait dû le laisser finir son mandat. Aujourd’hui, on n'inquiète pas Djotodia. Il a ses milliards en poche, il a fait des dollars, il circule, il voyage et on interdit à Yakété qui n’était que simple cafard de se déplacer. C’est révoltant.

      Le nom de Patrice-Edouard Ngaissona ne figure pas sur cette liste alors que beaucoup s’attendaient à le voir y figurer. Comment vous expliquez que Ngaissona n’ait pas été sanctionné et vous l’ayez été ?

      C'est Yakété qui a été substitué à Ngaissona, mais ce n’est pas ma préoccupation. Si je dois porter la responsabilité, je veux porter la bonne responsabilité. Mais la porter de cette manière, c’est injuste. Ni Ngaissona, ni Yakété, ni Bozizé n’avons distribué des machettes et des armes. Ngaissona est allé à Bangui dans l’espoir peut-être de ramener de l’ordre dans ce qui s’est passé. Malheureusement, il a été dépassé par les évènements. Il n’était pas préparé, il n’avait pas le charisme pour le faire. Le problème, c’est que Ngaissona aujourd’hui serait en intelligence avec le pouvoir qui est en place à Bangui. Certainement, puisque il est dans les réunions avec eux. On a levé toute poursuite contre lui. Je m’interroge mais je pense que cette manipulation vient de Bangui. Si nous voulons que la paix s’installe en République centrafricaine, la solution aujourd’hui c’est de nous retrouver autour d’une table et de dialoguer, plutôt que de chercher des boucs émissaires et de retourner le couteau dans la plaie.


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