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    Ultimes négociations sur le gaz russe fourni à l'Ukraine

    Le siège social de la compagnie de gaz russe Gazprom, à Moscou. REUTERS/Maxim Shemetov/Files

    La Commission de Bruxelles accueille une nouvelle réunion sur les livraisons de gaz russe à l'Ukraine.

    La Russie va-t-elle couper le gaz à l'Ukraine mardi 3 juin ? La réunion de ce lundi 2 juin à Bruxelles sera décisive. Jusqu'à la fin de la semaine dernière les négociations étaient bloquées : la Russie exigeait que l'Ukraine paie avant demain non seulement l'intégralité de sa dette gazière - 3 milliards et demi de dollars depuis que Gazprom a quasiment doublé le prix du gaz fourni à l'Ukraine après la chute de Viktor Ianoukovitch -, mais aussi que Kiev paie sa facture du mois de juin. Le nouveau régime ukrainien refusait l'ultimatum de Moscou tant que Gazprom ne renégocierait pas ses tarifs à la baisse.

    Mais vendredi dernier, Kiev a fait un geste en payant une partie de son ardoise : 786 millions d'euros, sa facture gazière de février-mars, qui bénéficiait encore du prix préférentiel. Le nouveau régime de Petro Porochenko attend désormais pour les mois d'avril et suivants que Gazprom lui propose un nouveau contrat à un niveau de prix raisonnable et pas 30 % plus cher (485 dollars le millier de m3) qu'en Europe de l'Ouest (370 dollars en moyenne). C'est aussi la position du commissaire européen à l'Energie qui sert de médiateur dans cette nouvelle crise gazière entre la Russie et l'Ukraine. Un médiateur loin d'être neutre, puisque l'Union européenne pourrait en partie financer la dette gazière ukrainienne, et que l'Europe reçoit encore 15 % de son gaz via l'Ukraine.

    Le Vieux Continent entre dans l'été certes moins vorace en gaz, mais il faut reconstituer les stockages pour l'automne : ils sont à 45 % de leurs capacités dans l'Union européenne, mais à 25% en Ukraine, deux mois de consommation. Certains pays excédentaires peuvent renvoyer du gaz en sens inverse vers l'Ukraine, qui alimenterait à son tour l'Europe du Sud, la plus dépendante, mais c'est une solution à très court terme et coûteuse. Alors le commissaire européen Günther Oettinger utilise son propre moyen de pression sur Moscou : il bloque le chantier du gazoduc russe South Stream à travers la Bulgarie, pour infraction à la réglementation européenne.

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