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    M. El Hacen Ould Lebatt, envoyé spécial de la Francophonie au Burundi

    Mohamed El Hacen Ould Lebatt. Source : http://actu.cridem.org

      C’est en novembre prochain, au sommet de Dakar, que les chefs d’Etat de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), désigneront un successeur à Abdou Diouf, à la tête de la Francophonie. Mais plusieurs candidats sont déjà en campagne.
      Qui a le meilleur profil ? Le professeur de droit Mohamed El Hacen Ould Lebatt a été le ministre mauritanien des Affaires étrangères. Aujourd’hui, il est l’envoyé spécial de la Francophonie au Burundi. De passage à Paris, il évoque ses préférences au micro de Christophe Boisbouvier.

      RFI: La succession d’Abdou Diouf est ouverte mais personne ne s’impose pour l’instant ? Est-ce que Abdou Diouf est irremplaçable ?

      Mohamed El Hacen Ould Lebatt : Je ne peux pas dire qu’il est irremplaçable. On peut simplement dire que ce n’est pas facile de le remplacer en termes de stature, de vertus et de compétences.

      Avec Boutros Boutros-Ghali, été surtout Abdou Diouf, la francophonie est devenue de plus en plus politique, mais du coup n’a-t-on pas oublié sa vocation première qui est la promotion de la langue française ?

      Il y a deux doctrines. Il y a ceux qui pensent que cette organisation doit se limiter à sa vocation initiale pour la promotion de la langue et de la culture française. Vous savez que depuis le sommet de Hanoi en 1997, il faut développer la dimension politique de la Francophonie et le choix du successeur de monsieur Diouf doit tenir rigoureusement compte de ce binôme en sachant quand même que ce qui a donné la visibilité de la francophonie dans la solution de beaucoup de crises, c’est la dimension politique de la francophonie.

      Pour défendre cette francophonie politique, il faut un vrai leadership, comme disent les Anglophones. Plusieurs candidats sont en lice. La Canadienne Michaëlle Jean, le Burundais Pierre Buyoya, le Congolais Henri Lopez, le Mauricien Jean-Claude de l'Estrac. On parle aussi de l’ancien président malien Dioncounda Traoré ou de l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë. Quel est à votre avis le meilleur candidat ?

      C’est très difficile parce que je présume que ces personnalités doivent toutes avoir des qualités importantes. Il n’y a pas de doute à cela. Je connais plus particulièrement l’ancien président du Burundi, monsieur Pierre Buyoya. Je sais que c’est une personnalité qui a immensément contribué à la promotion de la dimension politique de la francophonie. Il a présidé le panel de haut niveau sur la prévention des crises. Il a été envoyé spécial pour le Tchad. C’est un homme qui est très familier avec la dimension politique de la francophonie. Et cela lui donne incontestablement à mes yeux un point d’avance.

      Le problème de Pierre Buyoya, c’est qu’au Burundi il est arrivé deux fois au pouvoir par un coup d’Etat militaire. Est-ce qu’un ancien putschiste peut donner demain des leçons de démocratie aux autres ?

      Cette dichotomie manichéenne qui met d’un côté les bons et d’un autre côté, les méchants, les bons étant les civils, et les méchants étant les militaires, je n’y adhère pas.

      On peut être militaire sans être putschiste ?

      Ce qui est important, c’est ce qu’il a fait et quelle a été son utilité. Buyoya est intervenu dans un contexte historique et il a empêché une très grave crise, un bain de sang, voire un génocide. Il a évité le pire et il a bien fait de faire ce qu’il a fait dans le temps. Et depuis quelle est la crise africaine dans laquelle il n’est pas intervenu ces derniers temps ? Il est intervenu avec d’autres présidents pour le Soudan. Il est intervenu en RCA avant l’actuelle crise. Il est intervenu au Mali où il est actuellement haut commissaire de l’Union africaine. Les contributions de l’homme plaident en sa faveur. Et puis vous ne pouvez pas dire parce qu’il est militaire. Vous les Français, les Occidentaux, vous ne pouvez pas nous le dire. C’est comme si on disait que De Gaulle était un militaire et qu’il n’était pas digne de présider la France. Et Napoléon, c’est lui quand même qui a créé cet algèbre juridique à laquelle nous, professeurs de droit, nous sommes très sensibles, le code civil.

      Oui mais prendre le pouvoir par les armes, ce n’est pas bien ?

      Ça dépend dans quel contexte et le quitter aussi volontairement après avoir assuré une transition pacifique qui a conduit à des élections dont la régularité est attestée de tout le monde, c’est quelque chose aussi qui doit compter.

      Malgré vos arguments, le Canada et le Québec ne veulent pas entendre parler de Pierre Buyoya. Ces deux partenaires majeurs de la francophonie lui refusent même l’entrée sur leur territoire. Est-ce que ce n’est pas un obstacle insurmontable ?

      I y a une règle dans la francophonie qui s’est installée depuis le sommet de Hanoi. C’est une règle non écrite : les ressources, leur gestion, c’est du ressort des membres du Nord mais il y a le côté, vous avez utilisé un anglicisme les leadership officiels, c’est-à-dire le secrétariat général, les envoyés spéciaux, ça a toujours été de la part du Sud. J’espère que les amis canadiens et les amis suisses vont reconsidérer, au moment du vrai débat sur cette question, cette position qu’ils ont aujourd’hui.

      Vous défendez la candidature Buyoya, mais il y a au moins deux autres candidats africains : le Congolais Henri Lopez et le Mauricien Jean-Claude de l'Estrac. Est-ce que la division des Africains entre eux ne va pas faire le jeu d’un extra candidat ?

      Tout le monde le dit et il est souhaitable que les deux présidents en exercice, les deux organisations partenaires que sont l’Union africaine et la Francophonie, à savoir le président Mohamed Ould Abdel Aziz et Joseph Kabila Kabange puissent coordonner leurs efforts à l’occasion des retrouvailles des chefs d’Etat de l’Union africaine à Malabo la semaine prochaine pour que l’Afrique, sur cette question, ne se divise pas.


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