GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 15 Novembre
Vendredi 16 Novembre
Samedi 17 Novembre
Dimanche 18 Novembre
Aujourd'hui
Mardi 20 Novembre
Mercredi 21 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos

    Minerais du conflit - Que peut faire l'Europe ?

    Des mineurs au Katanga, en RDC. © Amnesty International

    Selon Amnesty, ces soixante dernières années, 40 % des conflits civils dans le monde sont liés aux ressources naturelles. Parmi ces ressources : les minerais.

    Dans plusieurs pays d'Afrique et ailleurs dans le monde, l'exploitation de ces minerais alimente les groupes armés, les conflits et les crimes contre la population. C'est le cas dans l'est de la RDC, en RCA ou encore au Zimbabwe.

     

    Début juin, l'ONG Enough Project a présenté une enquête montrant l'impact des mesures contraignantes ( Dodd Franck Act) sur les entreprises américaines.
    Pourtant, en Europe, aucune loi ne contraint les entreprises à vérifier la provenance des minerais qu'elles utilisent. En mars, la Commission européenne a présenté un projet de règlement qu'
    Amnesty International juge trop faible.

    Sabine Gagnier est chargée de campagne Acteurs économiques et Droits humains à Amnesty International.

    RFI : Bonjour Sabine Gagnier. Les Européens ont élu au mois de mai un nouveau Parlement, qu’attendez vous de sa part sur ce sujet des minerais ?

    Sabine Gagnier, chargée de campagne Acteurs économiques et Droits humains à Amnesty International. ©Utopies

    Sabine Gagnier : Nous attendons des parlementaires qu’ils rectifient et modifient ce projet de règlement qui a été proposé par la Commission européenne en mars car nous, Amnesty International et d’autres ONG engagées dans ce mouvement, estimons que ce projet de règlement est très insuffisant. Il est sur la base du volontariat ce qui signifie qu’il ne concernera que les entreprises qui s’engagent volontairement et donc pas celles qui ne veulent pas se soumettre à cette disposition.

    A ce jour rien n’oblige les entreprises européennes à certifier la provenance des minerais qu’elles utilisent ?

    Non pas pour les entreprises européennes qui ne sont pas cotées à la bourse de New York, puisque que celles qui sont cotées à la bourse de New York sont soumises à une autre législation, qui est celle du Dodd Franck qui a été adoptée en 2010. Mais les autres entreprises européennes qui ne sont pas sur cette bourse ne sont soumises à aucune réglementation en la matière.

    Donc pour la plupart des entreprises européennes, on ne peut pas savoir si il y a un composant dans un objet du quotidien vient ou non d’une mine exploitée par un groupe armé de l’est de la RDC par exemple ?

    Exactement, dans tous nos produits de consommation courante, le téléphone portable, l’ordinateur, la voiture… on retrouve ces minerais qui sont issus de zones de conflit et qui, généralement, alimentent des groupes armés. Par exemple, nous les retrouvons dans l’électronique qui est la première application du tantale, l’un de ces minerais issus du conflit.

    Comment concrètement une entreprise peut controléer l’ensemble de sa chaîne de production quand on sait par exemple une voiture en Europe peut contenir des composants fabriqués en Asie, eux-mêmes fabriqués à partir d’un minerai issu d’une zone de conflit sur le continent africain ?

    Le projet de règlement européen visait uniquement pour le moment les importateurs de minerai brut et pas les fabricants de produit fini. Et nous ce qu’on demande, c’est que ce règlement européen vise l’ensemble de la chaîne de valeur pour responsabiliser tous les éléments : aussi bien les négociants, les transformateurs, les exportateurs, les entreprises de traitement des minerais, les fonderies, les affineries, etc, pour faire en sorte que chaque entreprise soit responsable et contrôle l’amont et l’aval de sa propre chaîne de valeur. Quand les entreprises sont obligées de fournir des informations ou de se renseigner sur les chaînes de valeur, elles trouvent les moyens de le faire. Elles sont suffisamment puissantes et organisées pour pouvoir trouver les informations nécessaires.

    Et quels impacts pourraient-elles avoir sur les zones de conflits ?

    Une ONG, qui a publié récemment un rapport qui s’appelle Enough Project, a constaté visiblement que la loi Dodd Franck, même si elle n’est pas la seule à avoir amélioré la situation dans la région des Grands lacs, a eu visiblement un grand impact : elle a permis d’assurer la traçabilité des minerais et donc a réduit l’exploitation mafieuse autour des minerais du conflit et elle a réduit l’alimentation des groupes armés grâce à ce commerce des minerais.

    Amnesty International milite donc pour que l’Union européenne prenne une législation plus robuste en la matière. Est-ce que le marché européen peut avoir un impact significatif sur cette question de l’exploitation des minerais dans les zones de conflit ?

    Le marché européen représente un demi milliard de consommateur et donc assez conséquent et peut avoir un véritable impact.

    Mais c’est peu par rapport au marché asiatique ?

    L’intérêt je pense de ce type de législation tout comme celle des Etats-Unis est de donner des marqueurs politiques forts pour aussi entraîner le reste du monde dans cette logique de responsabilité et de respect des droits humains dans le cadre des activités économiques.

    Est-ce qu’on a du recul sur des législations du même ordre, sur d’autres matières premières ?

    Alors il y a un règlement européen qui existe déjà qui concerne le bois, qui a marqué un précédent assez similaire et qui est assez intéressant. Ce règlement comporte une interdiction de commercialisation de bois abattu illégalement et il impose une obligation de diligence. Il a été introduit il y a quelques années aussi on manque un peu de recul, contenu de sa force contraignante c’est un outil intéressant et c’est sur ce même schéma là que devrait être développé le futur règlement européen sur les minerais issus de conflit.


    Sur le même sujet

    • Europe / Afrique

      Les « minerais du conflit », un enjeu à l’échelle européenne

      En savoir plus

    • 2 - Apoli Bertrand Kameni : «Minerais stratégiques, enjeux africains»

      En savoir plus

    • Exploitation des minerais de l’espace

      En savoir plus

    • RDCongo: lutte contre le travail des enfants dans les carrières des minerais au Katanga

      En savoir plus

    • Le minerai de boeuf, matière première de l'industrie agro-alimentaire

      En savoir plus

    • RCA / Gabon

      RCA : pouvoir et rebelles s'achemineraient vers un accord

      En savoir plus

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.