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    Robert Wiren, auteur de «Somaliland, pays en quarantaine»

    Le journaliste français Robert Wiren. RFI

    Le Somaliland est-il un Etat fantôme ? Depuis la guerre civile de 1991, ce pays de quatre millions d'habitants s'est séparé de la Somalie, a déclaré son indépendance totale et a réussi à se protéger des islamistes shebabs. Mais malgré ses succès, il n'est reconnu par aucun autre Etat. Pourquoi cet ostracisme ? Le journaliste français Robert Wiren publie chez Karthala Somaliland, pays en quarantaine. Il est l'invité de RFI.

     

    RFI :Votre collègue Gérard Prunier appelle le Somaliland « le pays qui n’existe pas ». Vous, vous préférez l’appelez « le pays en quarantaine ». Pourquoi ?

    Robert Wiren : Il n’existe pas aux yeux de certaines diplomaties internationales qui sont aveuglées apparemment, mais il existe en réalité. Et quand je dis qu'il est « en quarantaine », c'est-à-dire qu'il est à l'écart de la communauté internationale, il n'est pas reconnu, il n'a pas accès à un certain nombre d'aides des banques internationales. Mais malgré cette faiblesse, il a réussi par lui-même à régler ses problèmes internes et à construire un Etat relativement paisible.

    Le Somaliland, c’est quelque quatre millions d’habitants sur un territoire grand comme l’Erythrée, quelque 135 000 kilomètres carrés. Et grâce à l’élevage et à son port de Berbera sur le Golfe d'Aden, c’est une économie qui fonctionne sans aide internationale ?

    Oui. L’exportation de bétail sur pied vers la Péninsule arabique est son principal débouché. Maintenant, l’autre aspect c’est qu’il a une diaspora active, à Dubaï par exemple, au Royaume-Uni.

    Puis le port de Berbera capte 20% du commerce extérieur de l’Ethiopie ?

    Oui, les Ethiopiens ont évidemment intérêt à avoir d’autres ports car Djibouti a acquis une espèce de monopole à la suite de la guerre entre l’Ethiopie et l’Erythrée. Donc le port de Berbera est un port en eau profonde qui intéresse le groupe Bolloré, qui a des négociations depuis un certain temps avec les autorités somalilandaises, le problème étant sans doute la non reconnaissance de ce pays qui pose des problèmes d’assurances pour les bateaux, qui paient plus cher quand ils accostent à Berbera que s’ils allaient à Djibouti.

    En 1960 après le départ des colons britanniques, le Somaliland a été indépendant pendant cinq jours avant de s’unir à l'ex-Somalia italienne dans une République de Somalie. Et ce que veut aujourd’hui le Somaliland, c’est reprendre son indépendance. Mais l’Union africaine s’y oppose. Pourquoi ?

    Les Africains en général n’aiment pas ce qu’ils appellent des sécessions parce que c’est vrai que beaucoup de pays africains sont fragiles, multiethniques. Dans le cas du Somaliland, en fait le mot sécession n’est pas juste car on pourrait dire qu’il y a eu une union entre deux entités indépendantes. L’union n’a pas fonctionné et ils reprennent leurs billes.

    En Afrique, les Somalilandais ont beaucoup d’adversaires à leur projet d’indépendance, à commencer par leurs frères somaliens de Mogadiscio bien sûr qui veulent reconstituer la Somalie du temps de Siyaad Barre, mais aussi l’Egypte. Pourquoi ?

    L’Egypte a toujours craint que l’Ethiopie deviennent trop forte et puisse éventuellement barrer le Nil. Et l’Egypte a toujours cherché à créer des contre poids à une puissance de l’Ethiopie. Donc l’Egypte continue à essayer de promouvoir une République somalienne de nouveau unifiée. Tout cela, c’est de la géopolitique un peu à courte vue apparemment.

    Ce que l’on sait moins, c’est qu’outre l’Ethiopie, le Somaliland a quelques amis sur le continent africain comme le Malien Alpha Omar Konaré. En 2005 quand il présidait la Commission de l’Union africaine, il a demandé aux diplomates rwandais Patrick Mazimpaka de mener une mission à Hargeisa. Une mission qui a fait un rapport favorable à l’autodétermination du Somaliland ?

    Oui en effet. Cette mission a reconnu qu’il se posait un problème qui était propre au Somaliland et que le reconnaître n’était pas équivalent à ouvrir les portes aux sécessions en Afrique.

    Ça n’ouvrirait pas la boîte de Pandore, précise Patrick Mazimpaka ?

    Voilà. On remarque que dans la Corne de l’Afrique, c’est-à-dire dans la même région, il y a eu deux sécessions l’Erythrée et le Soudan du Sud, donc on voit que l’argument il est un peu biaisé. Pour ce qui est des gens favorables au sein de l’Union africaine, vous avez l’Ethiopie, le Kenya, l’Afrique du Sud. Donc ils sont favorables sans aller jusqu’au bout pour ne pas créer de divisions au sein de l’Union africaine.

    Il y a dix-huit mois, pour la première fois depuis vingt ans, un gouvernement somalien de Mogadiscio a été reconnu par les Etats-Unis, c’est celui du président Hassan Cheikh Mohamoud. Si un jour les shebabs sont vaincus en Somalie du Sud, est-ce que les deux Somalies ne pourraient pas se réunifier ?

    Oui, on pourrait l’imaginer. Il y a un débat qui aurait pu avoir lieu et qui avait été initié par certains spécialistes de la Somalie, le building block process [processus de construction progressive] qui était laissons les régions qui commencent à s’administrer de façon autonome se développer ; petit à petit, elles pourront se regrouper et créer par exemple une fédération. Or là, on fait le contraire, comme à Mogadiscio vous avez des gens qui sont pour la centralisation, en fait on ne risque pas d’avoir une unité sur ces bases-là.

    Propos recueillis par Christophe Boisbouvier
     


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