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    Dominique Lormier, historien et auteur de «C'est nous les Africains»

    Des tirailleurs sénégalais pendant le repas, à la guerre, en 1914. DR

    Sur les 9 millions d'hommes mobilisés par la France entre 1914 et 1918, 500 000 étaient des combattants africains, tirailleurs sénégalais venus d'Afrique-Occidentale française et d'Afrique-Équatoriale française, ou soldats maghrébins de ce que l'on appelait l'Armée d'Afrique. Leur contribution à la Première Guerre mondiale a été décisive, mais elle n'a été vraiment reconnue que tout récemment. Dominique Lormier est historien, auteur de C'est nous les Africains, chez Calmann-Lévy. Il répond aux questions de Nathalie Amar.

    RFI : Quel a été le rôle des combattants africains dans la Grande Guerre ?

    Dominique Lormier : Ils ont été engagés dans différentes opérations. La division marocaine notamment s’est illustrée durant la bataille de la Marne en septembre 1914 où elle a joué d’ailleurs un rôle important lors d’un assaut à la baïonnette. On les retrouve également durant toutes les grandes batailles. La bataille d’Artois en 1915, c’est la division marocaine également qui va s’illustrer. Les troupes sénégalaises sont massivement engagées aussi durant la bataille de Verdun et la bataille du Chemin des Dames. C’était des troupes extrêmement endurcies qui ont fait preuve d’un immense courage au combat, qui ont toujours été fidèles à la France. La France n’a pas toujours été reconnaissante à leur égard, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais néanmoins eux ont toujours été fidèles à la France, ils se sont battus d’une manière héroïque que ça soit à Verdun ou sur d’autres théâtres du front français. C’était des troupes d’ailleurs qui s’étaient déjà distinguées pour certaines d’entre elles durant la guerre de 1870.

    Vous expliquez que le statut de ces combattants était différent selon qu’ils venaient des départements français comme l’Algérie ou de l’Afrique occidentale française l’AOF ?

    C’était extrêmement compartimenté. Il y en avait qui avaient le statut d’indigène à part entière, d’autres de semi-indigène. Donc ça se jouait au niveau des soldes etc. également au niveau de l’avancement et de la possibilité de pouvoir faire carrière avec bien entendu les grades.

    Même les primes d’engagement étaient différentes : 100 Francs pour une prime d’incorporation en Algérie, 40 Francs seulement pour Madagascar ou l’Afrique de l’Ouest ?

    Il y avait une ségrégation à ce niveau-là en fonction du territoire auquel était rattaché ce pays appartenant à l’empire colonial français.

    Il n’y a pas eu plus de pertes chez les Tirailleurs sénégalais que chez les autres combattants de l’armée française, c’est un mythe qui a été tenace et que vous démontez ?

    Le taux de perte est de l’ordre de 2% concernant les Tirailleurs sénégalais. Il y a eu donc 30 000 Sénégalais tués durant la guerre de 14 et donc il n’y a pas eu véritablement de divisions qui ont servi de chair à canon au sein des troupes africaines.

    Comment se fait-il que ce mythe se soit ainsi développé ?

    On est passé d’un extrême à l’autre dans l’histoire de cette période, c’est-à-dire une période de glorification de la colonisation à une période ensuite, dans les années 60-70, de dénigrement systématique. Heureusement aujourd’hui on revient vers un juste milieu, c’est-à-dire celui de la vérité.

    L’Algérie est représentée à ces cérémonies du 14-Juillet. 173 000 Algériens venus de ce qui était alors un département français ont combattu durant la Grande Guerre, tous n’ont pas été enrôlés de force ?

    Non pas du tout. Il y a eu des engagements. Il y avait un très fort sentiment patriotique qu’on a d’ailleurs retrouvé durant la Seconde Guerre mondiale au sein de l’armée d’Afrique.

    La France, est-elle la seule à avoir fait combattre des Africains et des Maghrébins sur les théâtres européens ?

    Absolument. Il y a certaines troupes noires britanniques qui ont combattu contre les colonies allemandes en Afrique. Les Allemands ont utilisé également ce qu’on appelait des Askaris [gardes, soldats, en kiswahili], les tirailleurs noirs mais également en Afrique. Et la France a été l’unique pays à utiliser aussi massivement les tirailleurs noirs et africains. Les Britanniques ont engagé également des troupes indiennes qui ont été engagées sur le front français, ainsi que dans les Balkans. Mais principalement, c’est la France qui engage le plus de troupes noires et également nord-africaines sur le front occidental.

    A partir de quel moment la France a commencé à rendre justice et à rendre hommage à ce combat des Tirailleurs sénégalais dans la Grande Guerre ?

    Ça a été sous l’égide de Jacques Chirac à l’époque où il était président de la République, les pensions qui avaient été gelées en Afrique noire ont été finalement débloquées. Durant la période de guerre, on leur rendait hommage. Ils étaient un peu oubliés par la suite et dès qu’il y avait un nouveau conflit, on les remettait en avant en vantant leur courage et leur mérite. Et puis finalement, on est revenu vers un juste milieu vers les années 90 et même 2000 avec notamment la sortie du film Indigènes pour rétablir véritablement le rôle qui avait été celui de ces Tirailleurs.

    Les autres pays ont-ils été plus rapides pour reconnaître cette contribution africaine à la Première Guerre mondiale ?

    Pas forcément. La reconnaissance, la France finalement l’a faite. Les Britanniques ont toujours été beaucoup plus pragmatiques que nous.

    Notamment en termes d’indemnisation ?

    Voilà. A partir du moment, puisqu’il faisait partie du Commonwealth, mais à partir du moment où il n’y a plus eu d’attaches puisqu’il y a eu l’indépendance, les indemnisations ont été suspendues.
     


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