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    Pr François Dabis: «L'élimination du Sida pédiatrique est possible»

    François Dabis, professeur d'épidemiologie et coordonnateur des programmes de recherches à l' ANRS. evenementssolidarite.solidairesdumonde.org

    La conférence sur le sida de Melbourne s'est terminée vendredi 25 juillet 2014. Elle a regroupé 12 000 participants venus de plus de 170 pays, des médecins, des chercheurs, des politiques, des ONG, des militants. Cette conférence a rappelé que l’on sait aujourd’hui comment maitriser l’épidémie, mais qu'il faut plus de moyens pour le dépistage et le traitement des malades. Il faut aussi ne pas oublier les populations les plus exclus. Quels les dernières avancées des recherches sur le sida en Afrique ?

    Claire Hédon a interrogé à Melbourne, le Pr François Dabis, professeur d’épidémiologie à l’Université de Bordeaux et coordonnateur des programmes de recherche dans les pays du sud de l’ANRS (Agence Nationale de Recherche sur le Sida).

    RFI : Quelles sont, parmi les études scientifiques présentées ici à Melbourne, celles qui ont été menées en Afrique ?

    François Dabis : L’Afrique n’est pas le continent le plus représenté dans cette conférence, qui est cette année plus orientée vers l’Asie et l’Océanie. Mais plusieurs études sont assez intéressantes autour du traitement comme moyen de prévention de la circoncision, de la prévention et la prise en charge des usagers de drogue.

    Concrètement, « traitement comme moyen prévention », qu’est-ce que cela signifie ?

    Cela veut dire dépister tout le monde et traiter tout le monde. Pour la première fois l’ANRS, l’Agence nationale de Recherche sur le sida, réalise une étude en Afrique du Sud. Et nous présentons ici [à Melbourne] les premiers résultats qui montrent qu’il est tout à fait faisable et acceptable d’aller à domicile dans des communautés – il s’agit d’une étude en Afrique du Sud en milieu rural – et de proposer un dépistage à tout le monde, tous les adultes, qui l’acceptent pour leur très, très grande majorité.

    Ils l’acceptent même de manière répétée lorsqu’on leur propose plusieurs fois. Et une grande partie d’entre eux – pas assez encore à notre goût – acceptent aussi lorsqu’on leur propose de se faire traiter le plus tôt possible. L’étape suivante sur laquelle nous allons travailler maintenant consistera à savoir si ce dépistage et ce traitement universel réduisent la transmission à l’échelle de la population.

    L’Afrique du Sud vient d’annoncer qu’elle souhaite mettre tous les séropositifs sous traitement, quelle que soit l’évolution de la maladie. Qu’en pensez-vous ? C’est une bonne avancée ?

    C’est certainement une décision très courageuse, une décision qui va dans le sens du futur. L’Afrique du Sud a beaucoup de travail à faire pour arriver à cet objectif. Il faudra déjà qu’ils se mettent en conformité avec ce que l’Organisation mondiale de la Santé préconisait l’an dernier et pour laquelle ils n’avaient pas encore décidé de passer à ce cap. Donc, j’imagine qu’ils vont procéder par étapes.

    Mais dans ce contexte, votre étude n’est-elle pas finalement particulièrement intéressante, car elle montre aussi qu’un tiers des personnes dépistées séropositives, finalement, ne vont pas dans les centres de santé pour recevoir un traitement ?

    Vous avez absolument raison. Nous sommes en fait les premiers dans ce type d’études à, déjà, tenter de mettre les gens sous traitement, tout de suite, et tous, comme veut maintenant le faire l’Afrique du Sud. On va donc continuer à le faire à plus large échelle. On apprendra en faisant et on restituera les résultats de cette recherche aux décideurs.

    Votre étude montre que l’on n’arrive pas bien à mettre les gens sous traitement. C'est-à-dire que, même quand on leur propose, ils n’y vont pas...

    Ils n’y vont pas tout de suite. Une partie y va tout de suite, une partie a besoin d’un peu plus de temps. Il est clair que, plus on expliquera les choses - et c’est ce que nous tentons de faire -, j’ai bon espoir que nous aurons de plus en plus de gens qui accepteront de se faire traiter.

    Y a-t-il une recherche de haut niveau sur le continent africain ?

    Incontestablement, beaucoup des recherches menées actuellement le sont sur le continent africain. On voit même des recherches internationales qui impliquent systématiquement des patients sur le continent africain ou des personnes sur le continent africain. Ce n’était bien sûr pas le cas il y a quelques années. Cela tient aussi au fait qu’il y a aussi de plus en plus de chercheurs et d’institutions de recherche de bon niveau sur le continent africain.

    Cela a aussi des conséquences bénéfiques pour la recherche sur la tuberculose, sur la recherche sur d’autres grands problèmes de santé. Et nous l’espérons aussi, très vite, sur la recherche sur les hépatites et la mise en place aussi de programmes de lutte contre les hépatites virales (l’hépatite virale B, l’hépatite virale C), qui sont extrêmement fréquentes sur ce continent.

    La lutte contre les discriminations est vraiment au cœur de cette conférence de Melbourne sur le sida. En quoi cette discrimination alimente l’épidémie de sida ?

    Quand on voit – et cela a été rapporté dans à de nombreuses reprises lors de cette conférence – l’accumulation de lois discriminantes dans des pays comme l’Ouganda, qui est souvent cité ici comme [ayant promulgué une] loi « anti-homosexuelle », le fait que probablement dans d’autres pays - on a cité le Cameroun, on craint aussi pour le Sénégal – toutes ces lois sont très dangereuses et qu’elles vont à l’encontre de l’accès aux personnes les plus vulnérables. Je rappelle qu’ici le thème de la conférence était : « Accélérer la cadence et n’éliminer personne sur le chemin du contrôle de l’épidémie ».

    Pendant cette conférence on parle d’élimination du sida. Mais franchement, est-ce réaliste ?

    On parle beaucoup de contrôle de l’épidémie. Et je crois que c’est cela qui va se passer et qui peut se passer si l’on utilise toutes les solutions à notre portée aujourd’hui. La seule chose que l’on peut très probablement éliminer c’est le sida pédiatrique. C’est à dire la transmission de la mère à l’enfant, parce que là, on a les moyens d’aller jusqu’à l’élimination. Autrement on va parler de contrôle. L’élimination, cela supposerait que - très probablement - nous disposions de moyens pour guérir une certaine partie, au moins, des personnes vivant avec le virus. Ou bien sûr [cela supposerait] d’avoir un vaccin. Hélas, nous n’avons pas aujourd’hui à notre disposition de moyens de guérison, nous n’avons pas non plus de vaccin. L’élimination, c’est donc pour plus tard, mais le contrôle, c’est pour très bientôt. Si on s’en donne les moyens.


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