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    Blaise Compaoré: «Pas d'institutions fortes, sans une construction dans la durée»

    Blaise Compaoré, chef de l'Etat burkinabè. RFI

      Le président du Burkina Faso Blaise Compaoré a reçu RFI durant le sommet USA Afrique de Washington. Son parti, le CDP bat campagne pour faire sauter le verrou de l'article 37 de la constitution, qui l'empêche de se présenter lors des élections présidentielles l'an prochain. Blaise Compaoré est arrivé au pouvoir en 1987.
      Lors de son discours d'Accra, le président américain a déclaré que l'Afrique n'avait pas besoin d'hommes forts mais d'institutions fortes, et l'administration Obama s'oppose aux révisions constitutionnelles pour des gains personnels ou politiques.
      Blaise Compaoré, invité Afrique de RFI, répond à Barack Obama au micro de Nicolas Champeaux.

      RFI : Votre parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), bât campagne pour faire sauter l’article 37 de la Constitution, qui vous empêche de vous représenter en 2015. A ce jour, vous ne vous êtes pas désolidarisé de cette démarche. Est-ce à dire que l’on peut s’attendre à un bulletin de vote Blaise Compaoré, l’an prochain ?

      Blaise Compaoré : Je pense que ce qui se passe aujourd’hui au Burkina, c’est vraiment un processus politique qui relève de la démocratie. A savoir que, sur une question d’intérêt national, il y a des divisions sur les appréciations. Ce dont il faut se féliciter, c’est de voir que nous avons des milliers d’hommes, de femmes, dans un stade, qui demandent un référendum. Il y a ceux qui sont contre, mais il n’y a pas de violence. Ce sont des débats politiques tels qu’on en voit un peu partout à travers le monde. Donc, notre rôle c’est de trouver solution à cela. Et, bien sûr, nous n’avons pas exclu le référendum, qui est aussi un instrument pour départager les citoyens.

      Vous dites : « Il n’y a pas de violence ». Néanmoins, le débat est très animé et il pourrait générer des débordements. Dans ce cas-là, vous seriez prêt à en assumer la responsabilité ?

      Moi, j’assume toutes les responsabilités en tant que dirigeant de ce pays. Mais je sens que le débat a quand même connu une baisse d’intensité. Il n’y a pas de doute que [si] une consultation [était] faite sur cette question, il y aura[it] une confrontation plutôt républicaine que violente.

      Le président américain dit : « Lorsque des dirigeants s’éternisent au pouvoir, ils empêchent du sang nouveau de s’exprimer, ils empêchent le renouvellement et le risque c’est qu’à la longue, les gens oeuvrent plus pour durer que pour le bien de leur peuple ». Est-ce que vous êtes sensible à ses arguments ?

      Barack Obama nous parle de l’histoire de l’Amérique. Nous, nous avons notre histoire du Burkina. L’histoire de chaque pays africain, c’est différent. Il n’y a pas d’institution forte s’il n’y a pas, bien sûr, d’homme fort. L’Amérique a dû traverser des épreuves. Je vois la ségrégation raciale, je vois l’esclavage… Pour la suppression de ces pratiques, il a fallu des hommes forts. Il n’y a pas, aussi, d’institutions fortes s’il n’y a pas une construction dans la durée.

      Je crois qu’on peut écouter, çà et là, les expériences d’Amérique, d’Europe, d’Afrique ou d’Asie… Mais rien ne vaut l’expérience de chaque peuple. Il n’y a pas d’expérience unique à partager pour le monde. Parce qu’il y a des pays où bien sûr ces transitions qu’on souhaite sont allées très vite – tous les cinq ans, tous les dix ans – mais il y a certainement plus de pagaille. Donc, je pense que ce dont les peuples ont besoin aussi, c’est de la stabilité.

      Tous ces arguments semblent indiquer que vous allez vous représenter en 2015.

      Ce que je veux c’est que le peuple burkinabè soit libre de déterminer qui doit être son dirigeant pour les temps à venir.

      Mais vous, est-ce que vous en avez l’envie ? Est-ce que vous êtes tenté ? L’envie vous gagne-t-elle ?

      Il faut dire que 2015, ça reste quand même loin. J’ai des chantiers qui me préoccupent beaucoup plus que de parler de ces élections de 2015.

      Au sujet du Mali, les négociations avec les groupes armés au nord avancent à un rythme qui n’est pas très soutenu. Qui est responsable de cette situation, selon vous ?

      Il est certain qu’il faut effectivement déplorer ces limites qui ont été données au processus de paix depuis quelques mois. Car lorsqu’il n’y a pas d’action, il n’y a pas d’encadrement d’un processus politique du genre. Il est certain que ça peut aller dans tous les sens. Donc, on peut avoir, dans cette région du nord, entre groupes, à l’intérieur des groupes, des scissions, des factions se créer à nouveau. Cela va rendre encore plus difficile le processus de médiation. Alors notre souhait, c’est qu’à Alger il puisse y avoir très rapidement des résultats qui tiennent compte des acquis de l’accord du 18 juin de Ouagadougou. Je crois que c’est ce qui pourrait permettre effectivement de voir plus clair dans les solutions apportées à cette crise.

      Vous parlez d’Alger. On se retrouve désormais avec plusieurs médiateurs. Est-ce que cela ne complique pas la situation ?

      Oui, c’est sûr que notre souhait aurait été d’avoir une médiation du début à la fin. Mais cette rupture avec les négociations à Alger nous place dans un autre environnement. Ce qui fait que nous, dans le principe, nous accompagnons ces discussions, parce qu’il se pourrait que ça donne plus vite que prévu les résultats attendus. Mais notre préoccupation est que, s’il n’y a pas de résultats très vite, ça va se déliter dans le nord. Et ça, ça va être plus compliqué.

      Cette participation d’Alger donc, vous ne la vivez pas comme un affront ?

      Non. Nous pensons que l’Algérie est aussi géographiquement probablement mieux placée que le Burkina, et aussi que les relations entre le nord du Mali et l’Algérie sont beaucoup plus solides qu’entre le nord du Mali et le Burkina, nous pensons que dans le domaine des crises la solution peut venir de partout. Donc il faut exploiter toutes les initiatives pour voir si ça peut faire avancer plus vite la question.


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