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    Jean-Christophe Notin:«A défaut de victoire, le Mali est une réussite»

    Jean-Christophe Notin, auteur de La Guerre de la France au Mali, dans les studios de RFI, ce samedi 16 août 2014. RFI / Anthony Lattier

    Barkhane, le nouveau dispositif militaire français au Sahel, est officiellement opérationnel depuis ce mois-ci. L'occasion de faire le bilan de l'opération Serval, lancée le 11 janvier 2013 par François Hollande. Jean-Christophe Notin, a raconté les coulisses de cette opération dans son livre La Guerre de la France au Mali. Il décrit une alliance inédite entre les forces spéciales et les services de renseignements extérieurs (la DGSE) qui ont frappé durement les jihadistes, dès les premiers jours de l'opération.

    RFI : Pensez-vous, comme François Hollande, que la mission Serval a été parfaitement accomplie et qu’il n’y a plus de sanctuaires pour les groupes terroristes au Mali ?

    Jean Christophe Notin : Tout dépend d’où on fixe la barre. Pour François Hollande, qui a donné les ordres le 11 janvier 2013, au lancement de Serval, il a donné pour objectif aux militaires d’arrêter les jihadistes. Ça a été fait. [Il a donné l’ordre] de reconquérir le territoire malien. Ça a été, relativement, fait et [il a ordonné] de détruire, ce sont ses termes exacts, les jihadistes. Ça a été évidement partiellement fait. Alors, en termes de sanctuaire, c’est vrai que le sanctuaire du Tigharghar, qui était le sanctuaire principal, a été nettoyé. Mais on voit qu’il y a des retours depuis.

    Quelles leçons ont été tirées de Serval pour lancer l’opération Barkhane ?

    Barkhane est véritablement la reprise de ce qui a le mieux marché au sein de Serval : les frappes très ciblées sur des groupes jihadistes terroristes. Donc, [Barkhane] est plus une opération contre-terroriste, quand Serval était plus une opération de reconquête territoriale.
    Donc, Barkhane n’est que le prolongement de Serval, en recentrant sur ce qui a le mieux marché, c'est-à-dire l’attelage forces spéciales – DGSE.

    Vous détaillez justement dans votre livre le rôle des renseignements extérieurs dans l’opération Serval. Vous expliquez d’abord que le gouvernement socialiste, à son arrivée au pouvoir, a découvert que la DGSE est en guerre depuis dix ans au Mali et que son rôle a été, jusqu’à présent, peu pris en compte ?

    Alors oui, c’est totalement méconnu, la DGSE observe la zone de manière très attentive depuis le début des années 2000. Elle a mené des opérations très fortes de destruction et d’élimination de jihadistes, en partenariat avec les services locaux. C’est ce que découvre le gouvernement socialiste en arrivant au pouvoir en mai 2012 et il découvre également ce que lui dit la DGSE : que la situation est devenue totalement incontrôlable pour elle, et qu’il fallait une opération massive pour porter des coups beaucoup plus durs aux jihadistes.

    Combien de jihadistes ont été tués par la DGSE avant Serval ?

    Par la DGSE, en collaboration avec les services locaux, m’a donné le chiffre de 83.

    Au cœur de Serval, il y a aussi les forces spéciales qui mènent des opérations commandos secrètes. Vous racontez que, tout au long de Serval, elles ont été en première ligne pour ouvrir la voie à l’armée conventionnelle...

    Les forces spéciales françaises sont venues au Mali en 2011 et 2012. Elles sont restées très peu de temps, à des fins de formation. Elles n’ont pas trouvé une très grande réceptivité de la part des forces maliennes. Elles ont donc quitté les lieux, mais sont restées sur zone à Ouagadougou. Et, à partir de Ouagadougou, elles sont intervenues ensuite au Mali à partir du déclenchement des opérations.

    En fait, la veille du déclenchement, elles sont présentent, le 10 janvier, à Mopti et Sévaré. Elles y sont toutes seules. Il faut se l’imaginer : Bamako est à 800 kilomètres, il n’y a personne avec elles, sauf ces quelques soldats maliens qui ont eu le courage de tenir le choc. Donc, ce sont elles qui encaissent le choc de la ruée jihadiste vers le sud. Ce sont elles qui les repoussent et se sont elles qui vont les percuter sans arrêt, pour la prise de Gao, pour la prise de Kidal, la prise de Téssalit. A chaque fois, se sont elles, un ou deux jours avant l’armée de terre, qui vont vraiment bousculer les jihadistes. Ce sont elles qui vont créer cet effet de sidération. Les jihadistes qui ne vont pas comprendre, que font ces Français à cette heure-là, à ce moment-là, si hauts dans le territoire malien ?

    Les forces spéciales ont-elles parfois fait cavalier seul ? Y a-t-il eu des tiraillements avec l’armée conventionnelle ?

    On rentre un peu dans la polémique. Il est évident que les forces spéciales, voyant leur réussite - l’appétit vient en mangeant -, ont eu un peu tendance à aller plus vite que ce que la brigade Serval, c'est-à-dire l’armée de terre qui devait venir derrière, aurait pu faire. Et pour venir les aider, donc, ça a causé évidemment des problèmes. Lorsque les forces spéciales prennent une grande ville, comme Gao ou Kidal, elles ont besoin de relais derrière. Et si ces relais sont très loin et n’ont pas les moyens pour les rejoindre, évidemment cela crée des petites tensions.

    Mais ces forces spéciales ont l’appui des politiques ?

    Oui. Je dirai que c’est la raison d’être de Serval, sa raison première de réussite. Les politiques voient très vite l’efficacité des forces spéciales et, donc, leur accordent très vite une confiance absolue.

    Qui a donné le tempo de la guerre ? Est-ce plutôt l’armée, l’état-major ou bien le politique, le ministère de la Défense ?

    Là aussi, c’est une originalité de Serval, assez inédite : une implication des politiques dans le déroulement des opérations. Les socialistes ne s’en sont jamais cachés. Ils ont voulu redonner un rôle supérieur au ministre de la Défense, qui a donc, au cours de Serval, pesé fortement sur les opérations via une réunion menée chez son directeur de cabinet, réunissant tous les opérationnels de Serval, qui ont très fortement influé sur le tempo de l’opération. Il a toujours été demandé d’aller beaucoup plus vite. Et également dans le détail, parce que, typiquement, les militaires ne voulaient pas prendre Tombouctou. Ils ont été obligés de prendre Tombouctou à la demande des politiques, qui ont voulu la conquête d’une ville symbolique.

    La Guerre de la France au Mali, de Jean-Christophe Notin, aux éditions Tallandier.


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    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.