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    Martin Kobler aux FDLR: «Rentrez au Rwanda vivre paisiblement»

    Martin Kobler, chef de la mission des Nations-Unies en RDC.

      A l’issue du sommet des chefs d'Etat de la Conférence internationale pour les Grands Lacs, un ultimatum a été lancé aux rebelles hutus rwandais du FDLR, qui ont jusqu’à décembre pour désarmer. Les avancées du processus seront évaluées au mois d'octobre et « l’option militaire reste sur la table », insiste Martin Kobler, le chef de la Monusco, la mission des Nations Unies en RDC. Il plaide également pour un retour des réfugiés Rwandais dans leur pays.

      RFI : Les chefs d’Etats des Grands Lacs, réunis à Luanda cette semaine, ont accentué leur pression sur les FDLR. Les rebelles hutus rwandais ont jusqu'au 31 décembre pour désarmer. Comment réagissez-vous à cette annonce ?

      Martin Kobler : Le message au FDLR, c’est de promouvoir le processus de reddition volontaire. C’est très important, parce que l’option militaire est sur la table.

      Les chefs d’Etats n’ont pas été assez fermes, selon vous ? Il faut être plus exigeant avec les FDLR ?

      Non, les chefs d’Etat et les ministres de la Défense ont été très fermes, et ont même autorisé l’option militaire contre ce groupe des FDLR qui ne rejoignent pas le processus de reddition volontaire. Pour nous, Monusco, c’est très important. Nous choisissons toujours la voie paisible d’abord. Nous ne voulons pas combattre les FDLR. Si c’est possible de désarmer volontairement, c’est la voie préférable. Mais si ça ne marche pas, l’option militaire est sur la table.

      A quelle échéance envisagez-vous véritablement ce type d’action militaire ?

      On a deux possibilités. Contre les troupes de FDLR qui ont annoncé la reddition volontaire, si on n’a pas de reddition volontaire à la fin de cette année, l’option militaire est sur la table. Tout le monde le dit, les chefs d’Etat le disent, le SADC le dit. Et pour ceux qui ont déjà annoncé qu’ils ne vont pas rejoindre le processus de reddition volontaire, on a déjà l’autorisation de planifier, d’opérationnaliser les actions militaires, maintenant.

      Des actions militaires pourraient avoir lieu dès maintenant ?

      Il faut le faire ensemble avec la RDC. Nos militaires sont en contact avec le chef de l’état-major congolais. La Monusco ne va pas mener des actions militaires seules, il lui faut coopérer avec l’armée congolaise dans les actions militaires.

      Craignez-vous encore un enlisement, avec cet ultimatum qui court jusqu’au 31 décembre ? Ou êtes-vous maintenant plus confiant qu’auparavant ?

      C’est un processus difficile. Je comprends beaucoup d’entre eux. Je l’ai vu dans la brousse : les ex-combattants sont des gens qui font une impression assez faible. Ils ont passé 20 ans dans la brousse. C’est une chose qui est très difficile, ce processus de reddition. Une chose qui est très importante : tous ceux qui veulent rentrer au Rwanda - ce sont des citoyens rwandais, des Rwandaises -, ils peuvent rentrer au Rwanda. J’encourage et je demande aux ex-combattants FDLR de saisir cette occasion, de rentrer au Rwanda avec leur famille pour une vie paisible.

      Mais les rebelles du FDLR demandent de leur côté l’établissement d’un chronogramme pour organiser ce désarmement. Est-ce une bonne solution, selon vous ? C’est peut-être un bon moyen pour établir la bonne ou la mauvaise foi de ces FDLR.

      On a fait un chronogramme, du 2 juillet jusqu’à la fin de l’année, avec une revue le 2 octobre. Nous avons maintenant défini les critères. Le gouvernement de la RDC a défini à peu près les mêmes critères. Les Etats membres de la SADC, les Etats membres de la CIRGL, de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs, vont déterminer lors de cette réunion d’évaluation le 2 octobre si le décret de la reddition ça suffit ou pas.

      Et si ça ne suffit pas ?

      Si ça ne suffit pas, alors l’option militaire est sur la table.

      On parle beaucoup des 1600 combattants du FDLR et, finalement, assez peu des milliers de réfugiés rwandais qui sont en territoire congolais. Qu’est-ce qui est prévu pour eux ?

      C’est un problème séparé. Vous avez raison, il faut résoudre le problème des réfugiés. Ce ne sont pas seulement les réfugiés rwandais en RDC, ce sont aussi les réfugiés au Rwanda, des Congolais qui ne rentrent pas au Congo parce que les FDLR y sont. C’est une question régionale. Il faut apprécier le problème des réfugiés, parce qu’une famille de réfugiés est une famille réfugiée de trop. Ils doivent rentrer dans leur pays d’origine. On a 240 000 réfugiés rwandais ici, depuis 20 ans. On a aussi des réfugiés congolais au Rwanda, il faut résoudre le problème.

      Selon l’ancien Premier ministre rwandais Faustin Twagiramungu, qui est maintenant opposant et allié politique des FDLR, la situation des réfugiés est aussi liée aux droits de l’homme, à l’absence d’ouverture politique au Rwanda qui empêche aux réfugiés de rentrer au Rwanda…

      Je ne peux pas confirmer que nous avons une situation difficile pour les Rwandais qui sont en RDC et qui veulent rentrer au Rwanda. Depuis 2002, nous avons plus de 11 000 Rwandais, ex-combattants des FDLR, qui ont été rapatriés par le processus DDRRR [Désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation, NDLR]. Et c’est aussi possible pour les Rwandais. 11 000 ont décidé de rentrer.
       


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