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    Amadou Cheikh Bani Kanté: «Je n’ai jamais été un porteur de valises»

    L’enquête sur le financement présumé de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy se déplace au Mali. REUTERS/Yves Herman

    L’enquête sur le financement présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007 : une enquête est ouverte en France depuis avril 2013 car la justice s’intéresse à un possible intermédiaire malien. Hier, mardi 19 août, les autorités maliennes ont confirmé la demande d’entraide judiciaire formulée par la France à Bamako. Le Mali est prêt à y répondre favorablement. Parmi les personnes citées dans cette affaire par l’hebdomadaire Jeune Afrique : le Malien Amadou Cheikh Bani Kanté. L'homme gérait des investissements libyens au Mali via la Libya Africa Investment Portfolio. Et selon Jeune Afrique, il serait soupçonné d’avoir joué le rôle de porteur de valises d’argent libyen vers la France. En exclusivité sur RFI, Amadou Cheikh Bani Kanté est l’invité de RFI, au micro d’Adrien de Calan.

    RFI : Votre nom est cité dans une demande d’entraide judiciaire transmise aux autorités maliennes. Les juges français enquêtent sur un éventuel financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Avez-vous en tant que représentant de la Libya Africa Investment Portfolio, le fonds souverain de la Libye, eu des informations sur un tel financement ?

    Cheikh Amadou Bani Kanté : J’ai appris ça par voie de presse. Je tombe un peu des nues parce que je n’ai jamais été un porteur de valise pour qui que ce soit. Dans tous les cas de figure, je ne me sens pas concerné par cette affaire. Je suis quand même prêt à m’expliquer devant la justice française ou malienne dès qu’on me convoque.

    Quel était votre rôle exact avec la Libya Africa Investment Portfolio ?

    Mon rôle était d’être une passerelle entre les autorités maliennes et les autorités libyennes par rapport à des projets. Le fonds libyen a toujours été géré par les Libyens eux-mêmes. Moi, j’étais là, conseiller du président chargé de l’informer. J’étais une passerelle.

    Il y a un homme d’affaires français qui s’appelle Jacques Dupuydauby qui a rapporté aux enquêteurs, selon les sources, qu’une discussion aurait eu lieu avec vous et Béchir Saleh, l’ancien directeur de cabinet du président libyen Mouammar Kadhafi, une discussion au cours de laquelle vous auriez fait vous-même état de financement libyen pour cette campagne. Est-ce que cette rencontre a bien eu lieu ?

    Mais c’est faux, je n’ai jamais eu une rencontre pareille. Qu’il me donne une preuve que j’ai assisté à une telle réunion, jamais de la vie. Je ne me suis jamais mêlé des financements du président Sarkozy.

    Est-ce que vous connaissez Jacques Dupuydauby ?

    Je ne le connais pas, mais Béchir Saleh était un ami et je travaillais correctement avec lui pour les intérêts du Mali et de la Libye.

    Est-ce que vous avez eu des relations directes avec Mouammar Kadhafi et de quelle nature étaient-elles ?

    Justement, je n’ai jamais eu de relation directe avec Mouammar Kadhafi personnellement. Les relations directes que j’avais, c’était avec Béchir Saleh.

    Quel était le type de relation qui vous unissait à Béchir Saleh. Vous parlez d’amitié, c’était ça ?

    Une très longue amitié, depuis la France, depuis des années et des années on se connaît. Lui, il était en stage à Paris pendant que moi j’étais à l’université, il y a très longtemps de cela. Donc on s’est rencontré et plus tard, en 1999 ou 2000, on s’est retrouvés. J’ai vu qu’il était chef de cabinet de Kadhafi. On a sympathisé encore. Et quand le président ATT [Amadou Toumani Touré] est venu au pouvoir, il m’a nommé conseiller. Et à ce moment-là, on a boosté les relations entre la Libye et le Mali.

    Dans le cadre de cette relation, de cette amitié que vous aviez avec Béchir Saleh, le directeur de cabinet de Kadhafi, est-ce qu’il a évoqué ou fait allusion à ce type de financement libyen de la campagne Sarkozy ou pas du tout ?

    Non, pas du tout. Il n’y avait jamais ça entre lui et moi. Mais ce genre de chose de politique internationale de Béchir, je n’étais vraiment au courant de rien. Puis entre nous, Kadhafi et Sarkozy n’avaient pas besoin de moi pour transporter une valise quand même !

    Comment vous analysez ces accusations ? C’est quand même étonnant qu’un nom comme ça sorte ? Comment vous le comprenez ?

    Je suis surpris. Je vous assure que je suis surpris. Dans tous les cas de figure, dès que la justice malienne ou française m’appellera, je vais répondre puisque je me reproche absolument rien.

    Quel était exactement votre travail pour l’expliquer aux auditeurs ?

    En un mot, le point focal, conseiller du président pour les investissements libyens au Mali. Le point focal, c’est quoi ? C’est faciliter, être une passerelle pour faciliter les formalités administratives.

    Comment on devient « passerelle » ? Comment on devient intermédiaire entre deux pays ?

    Non, attention, j’étais un point focal entre la présidence et les autorités libyennes. J’avais mon entrée directe avec Monsieur Béchir et ça facilitait les missions pour venir au Mali, voir les projets, les évaluer et tout cela. C’est ça la facilitation des points focaux. Ça existe dans toutes les présidences du monde. Moi, j’étais point focal de la Libye au Mali pour les investissements.

    Quand on est point focal, reçoit-on des primes quand un investissement se fait ?

    Non. Qu’est-ce que vous me dites là ! (Rires). Non, pas du tout. Quels bénéfices je devais avoir, une affaire entre deux Etats, avec des cahiers des charges bien déterminés pour tous les projets, on peut rentrer dans les détails. Il y a eu des appels d’offres internationaux, concernant même la cité administrative, concernant le projet de 100 mille hectares à l’Office du Niger. Tout a été fait dans les règles de l’art.

    Connaissez-vous Ziad Takieddine qui est un homme d’affaires franco-libanais, cité dans le dossier également ?

    Je ne l’ai jamais rencontré. Je ne le connais ni d’Adam ni d’Eve comme on le dit. Ce n’est pas mon niveau. Moi, on m’a monté. Je ne sais pas si c’est un pléonasme, on m’a monté très haut (rires). Je vous assure. Ce n’est pas mon niveau ça. Ce ne sont pas mes réseaux, ce n’est pas mon niveau. Je travaillais à un niveau normal.

    Avez-vous déjà rencontré les juges ou pour le moment, pas du tout ?

    Je n’ai rencontré aucun juge. J’attends, dès qu’on me convoque, je réponds immédiatement.

    Qu’est-ce qu’on ressent quand son nom apparaît dans une affaire de cette nature ?

    Je crois en Dieu. Tout ce qui arrive... Mais la vérité, elle, triomphe toujours.


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