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    Jorge Castilla: «il faut être draconien avec les mesures de protection»

    Des employés médicaux au contact de personnes malades revêtent des combinaisons et des protections pour se protéger du virus Ebola qui sévit au Liberia, le 17 août 2014. REUTERS/2Tango

    Ebola est toujours au cœur des préoccupations en Afrique de l'Ouest. Les ministres de la Santé de la Cédéao se réunissent à Accra au Ghana ce jeudi 28 août. Notre invité est épidémiologiste, coordinateur médical d'ECHO, la branche médicale d'urgence de la Commission européenne. Il revient d'une tournée de deux semaines en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, pour évaluer les besoins, et voir comment dépenser le nouveau financement de 8 millions d'euros débloqué par l'Union européenne pour lutter contre l'épidémie d'Ebola. Pourquoi l'épidémie a-t-elle été sous-estimée malgré les premières alertes données début juin ? Pourquoi le Liberia est-il le cas le plus préoccupant aujourd'hui ?

    RFI : Est-ce que sur les trois pays dans lesquels vous vous êtes rendu il y en a un où la situation est particulièrement préoccupante ?

    Jorge Castilla : Oui, le Libéria. Surtout à cause de la croissance exponentielle du nombre de cas. Le nombre de patients a dépassé largement la capacité des unités de traitement pour traiter les patients, donc il n’y a pas de place pour des gens qu’on devrait traiter.

    Et pourquoi cette croissance beaucoup plus forte au Libéria ?

    Je ne peux pas vous répondre parce qu’en fait on [en] sait un peu sur la situation à Monrovia et à Lofa, mais pour le reste du pays on ignore beaucoup. On sait qu’il y a des problèmes, mais on n’a pas d’informations donc je ne peux pas vous répondre.

    Plusieurs experts ont même été contaminés ces dernières semaines, pourquoi les spécialistes eux-mêmes n’arrivent pas à se protéger ?

    A mon avis les spécialistes savent comment se protéger, mais s’ils se fatiguent, ils baissent la garde et on commet des erreurs. Il faut être draconien avec les mesures de protection.

    Donc la question qui se pose aujourd’hui c’est le renouvellement du personnel soignant. Est-ce capital ?

    Le renouvellement, mais aussi l’augmentation du personnel soignant. Parce que ces trois pays sont parmi les pays du monde où il y a le plus petit nombre de personnel de santé, par rapport à la population, et vu qu’il y a eu au moins 240 personnels de santé qui ont été malades, qui ont été contaminés, ils ont peur d’aller travailler. Donc on trouve des structures où d’un côté les patients qui sont malades, du malaria ou de conditions néo-natales, n’ont pas la confiance d’y aller mais de l’autre côté s’ils y allaient, il n’y aurait pas de personnel, [car] il a peur.

    Est-ce que cette croissance des cas aussi n’est pas liée tout simplement au fait qu’on a sous-estimé au départ l’épidémie ? Que ça soit l’OMS ou les Etats, on ne reconnaît finalement que depuis quelques jours que l’épidémie est hors de contrôle, alors que Médecins sans frontières le dit depuis le mois de juin.

    C’est peut-être bien le cas, mais il faut savoir que lorsqu’on fait une estimation pour le futur on se base sur le passé, et jamais dans l’histoire on avait eu une épidémie avec une telle expansion et avec un tel nombre [de victimes]. Donc on n’avait pas vraiment de paramètre autre que l’histoire des six épidémies antérieures - je ne suis pas sûr du nombre -, dans lesquelles il y avait une auto-limitation. Cela durait quelques mois et les pics étaient contrôlés rapidement. C’était les seules expériences qu’on avait, c’est quelque chose de nouveau donc on apprend en même temps qu’on fait. La sous-estimation est en partie liée au manque d’expérience face à une telle magnitude.

    Ce qui se passe semble être révélateur de l’état catastrophique des systèmes de santé dans les pays qui sont touchés. Pourquoi a-t-on laissé faire ? Pourquoi personne n’a aidé avant qu’une épidémie comme celle-ci se manifeste ?

    Je ne peux pas vous répondre, mais je peux vous dire que vous avez raison. L’état des systèmes de santé dans ces trois pays, mais aussi dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest, dans le Sahel, comparativement à l’Afrique de l’Est, à l’Afrique du Sud, à l’Asie, à l’Amérique latine, est beaucoup plus faible.

    Mais est-ce que vous n’avez pas l’impression qu’on joue au pompier aujourd’hui sans apporter de réponse durable ?

    On joue au pompier mais on doit jouer au pompier, il faut « manager » cette épidémie. Ceci dit, le système de santé pour le futur ne peut pas être semblable, parce qu’il ne suffit pas d’avoir des médicaments pour soigner les patients, il faut aussi qu’il y ait des pratiques de contrôle d’infections qui soient meilleures dans leur quotidien. C’est une alerte que le système de santé doit changer.

    Cette épidémie doit absolument servir de leçon ?

    Elle doit servir de leçon, elle servira de leçon. Je pense que la leçon est trop grave pour être ignorée.

    Est-ce que dans le contexte actuel, la solution est de tester des médicaments qui n’ont pas encore été testés sur l’homme ? Comme le ZMapp, on l’a vu, qui, dans l’urgence, a été essayé sur des patients ?

    Mon impression à moi, et ça c’est totalement subjectif, c’est que tester des médicaments aujourd’hui peut peut-être aider pour une prochaine épidémie mais je ne vois pas comment cela peut nous aider dans les six, huit, neuf mois qui suivent. D’autant plus qu’on n’a vraiment aucune idée si ces médicament sont efficaces, ses effets secondaires, etc. Pourquoi pas le faire pour améliorer le futur, mais pour le présent il y a aussi une limitation de capacité de production. Il y a trop de barrières pour pouvoir l’utiliser dans les six à huit mois qui suivent.

    C’est dangereux de tester des médicaments sans les protocoles d’essai habituels ?

    Jorge Castilla : C’est dangereux et d’habitude on ne le fait pas, et on ne le ferait pas si on n’était pas en face d’une maladie qui avait une létalité aussi forte. Cela veut dire qu’une grande proportion des gens qui sont malades meurent, donc on s’est dit puisque la possibilité de mort est tellement haute, s’il y a des effets secondaires ou que cela ne marche pas, peut-être que les gens bien informés vont quand même prendre le risque parce qu’il vont avoir là un espoir qu’aujourd’hui ils n’ont pas.


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