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    Décryptage avec nos invités, Liesl Louw Vaudran et Stéphanie Wolters, de l'Institut d'études et de sécurité de Pretoria -ISS-, Daniel Compagnon, professeur à l'Institut d'études politiques de Bordeaux (Centre d'études d'Afrique noire), Jean-Baptiste Placca, éditorialiste à RFI, et nos envoyés spéciaux à Harare et correspondants régionaux.

    Le secteur pétrolier russe handicapé par les sanctions

    Le siège social de Gazprom, en Russie. REUTERS/Maxim Shemetov/Files

    Les nouvelles sanctions occidentales menacent l'essor de la production pétrolière en Russie.

    Vendredi les États-Unis et l'Union européenne ont décidé de priver le pétrole russe de financement et de technologies occidentales. Des leviers pourtant indispensables au développement de nouvelles ressources d'hydrocarbures en Russie, premier producteur mondial de brut, mais où les gisements anciens de Sibérie occidentale se tarissent. Les nouvelles sources de pétrole, censées prendre le relais, sont des pétroles non conventionnels, difficiles d'accès : dans les eaux glacées de l'Arctique, ou coincées dans la roche sibérienne et nécessitant la fracturation hydraulique (gisement de Bazhenov).

    Les sanctions condamnent-elles pour autant les dizaines de projets programmés ou en cours dans ces territoires hostiles, avec le concours des compagnies pétrolières étrangères : Exxon, Shell, BP, Total ? Impossible de conclure aujourd'hui tant le texte européen, par exemple, est ambigu, remarque Pierre Terzian de Petrostratégie. Tout se jouera dans l'interprétation des sanctions. « En principe, si on lit le texte, les secteurs de pointe sont touchés. Mais il y a une sorte de contradiction entre le paragraphe qui dit que les contrats et les accords conclus avant le 12 (septembre) ne sont pas touchés et la partie qui dit : pas d'assistance technique en matière d'offshore profond, d'Arctique et de schiste ».

    La Russie a déjà mis la main sur des technologies occidentales, comme les techniques de fracturation hydraulique, qui ont été acquises par Gazprom. Le plus difficile à surmonter pour le secteur pétrolier russe, estiment les experts, ce sera la privation de financement, si les sanctions durent. Le Kremlin devra mettre la main à la poche. La Chine pourrait aussi porter secours au secteur pétrolier russe. Les exportations de gaz russe sont d'ailleurs déjà assorties de prêts chinois. N'en reste pas moins une grande incertitude sur l'avenir des projets pétroliers russes, en Russie, mais aussi à l'étranger : le projet de Lukoïl au large du Ghana pourrait ne pas voir le jour.

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