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    M.T. Atangana: «Les élements que j'ai disculpent Lydienne Yen Eyoum»

    Michel Thierry Atangana. RFI

    Vendredi dernier, l'avocate française d'origine camerounaise Lydienne Yen-Eyoum a été condamnée à 25 ans de prison pour détournement de fonds publics. Ses avocats comptent faire appel de cette décision. Pour la première fois, le président de son comité de soutien, Michel Thierry Atangana - qui a passé 17 ans en prison au Cameroun - s'exprime.

    RFI : Vingt-cinq ans de prison, un million et demi d’euros d’amende. Quelle a été votre première réaction quand vous avez appris la condamnation de Lydienne Yen-Eyoum ?

    Michel Thierry Atangana : J’ai d’abord pensé à Lydienne. C’est un moment très difficile pour un être humain. Je sais ce qu’elle ressent, ce que ses proches ressentent. Lydienne, quand elle va au tribunal elle est convaincue qu’elle peut gagner. Elle est convaincue que ce débat permet la manifestation de la vérité. Nous tous, qui l’aimons, nous ne pouvons qu’être consternés.

    Vous êtes président de son comité de soutien. Faites-vous confiance à la justice camerounaise ?

    Je ne veux pas juger la justice. On n’interprète pas, on ne commente pas une décision de justice. Mais je regarde la personne qui est condamnée et sur les éléments qui m’ont été portés à la connaissance, ces éléments ne me permettent pas de partager l’avis et la décision du tribunal.

    On a notamment parlé du témoignage à la barre d’un ancien ministre des Finances, Polycarpe Abah Abah, il a dédouané Lydienne Yen-Eyoum pendant le procès.

    Il n’est pas le seul ! J’ai lu toutes les notes d’audience. Et le 26 mai cet homme, qui bien que lui-même enfermé, un homme d’Etat, un homme ministre, il a fait une déclaration qui a son sens ! Il a bien démontré que Lydienne était dans un processus de travail avec un Etat. Il a bien démontré que Lydienne n’avait commis aucun acte qui nécessiterait la saisine d’un tribunal correctionnel. Et je n’ai pas ressenti à la lecture du verdict que le tribunal ait tenu compte de cela.

    Lui, il a été acquitté ?

    Justement ! S’il est acquitté, dans ces conditions, Lydienne devrait bénéficier de l’effet d’entraînement des déclarations de Monsieur Polycarpe Abah Abah, à mon avis. Mais je ne fais pas le jugement des juges. Et c’est pourquoi je dis que Lydienne est fondée, à mon humble avis, à faire une démarche auprès de la haute hiérarchie de la juridiction camerounaise, de manière à ce que d’autres juges puissent regarder ce dossier avec tous ces éléments. Elle est accusée et condamnée pour les qualificatifs de détournement de deniers publics, ce qui est lourd au Cameroun comme conséquences. Et il faut toujours aller au bout du processus légal.

    Vous avez été libéré en partie grâce à une pression internationale, notamment une pression du président français François Hollande sur son homologue Paul Biya. Pour vous cette situation ne s’applique pas forcément à Lydienne. Selon vous, faut-il arrêter de mettre la pression sur une autorité politique ou judiciaire ?

    Je ne partage pas totalement le sens de votre question. Tout Français – Lydienne est française – a le droit de demander l’appui de son pays pour être soutenu. Et ce n’est pas une pression en tant que telle. Nous devons adapter nos revendications en tenant compte du contexte local, des traditions, des coutumes. Et je pense qu’à mon avis, il ne faut pas dire des choses ou bien mettre sur la place publique des choses qui ont été dites entre des responsables de très haut niveau, qui justement peuvent être mal interprétées ou bien être utilisées par ceux qui oppriment Lydienne.

    Et cela contribue à quoi ? A mettre en danger son intégrité physique et morale. Dans ces conditions que recherchons-nous ? Qu’une vie humaine soit préservée. Voilà mon souci ! Ce n’est pas aller en guerre contre un pouvoir. Ce n’est pas aller en guerre contre les institutions, ni leur manquer de respect. Ce n’est pas cela mon souci ! Et j’ai entendu toutes ces rumeurs, toutes ces critiques qui sont relayées par les réseaux sociaux, que je n’ai rien fait pour Lydienne. Mais c’est justement c'est ce que j’évite de faire. Ce que je fais je ne le dis pas. Je le fais avec discrétion, en recherchant l’efficacité pour l'intérêt de Lydienne.

    Le combat judiciaire continue, j’ai vu toutes les autorités en France, que ce soit en Suisse ou aux Etats-Unis, pour porter le cas Lydienne. Ce qui importe c’est le résultat. Pour le moment le résultat est très négatif. Il est en deçà de nos espérances. Mais que faut-il faire ? Se décourager ? Avec plus de détermination que par le passé, nous allons continuer à défendre Lydienne. Je ne veux pas livrer la stratégie de défense de Lydienne dans la rue, parce que je cherche des solutions pour qu’elle vive !

    Encore plus dans la prison où elle est détenue aujourd’hui ?

    Quelle que soit la prison, même si c’est un hôtel de luxe, je tiens à vous dire ; c’est la liberté qui est 5 étoiles. Même si on vous enferme je dirais dans un palace, dès l’instant où vous êtes privé de liberté vous n’êtes plus un être humain.

    Quel message lui adressez-vous via les ondes ?

    Ma chère Lydienne, Michel Thierry Atangana te dit : «J’ai tenu dix-sept ans, tu as tenu quatre ans et demi déjà. Tu peux encore tenir. Ne te marginalise pas. Ecoute la radio. Vis au jour le jour, fais un peu d’activité sportive, lis, reste avocate dans ta tête et réétudie ton dossier à chaque fois. Et sache que nous pensons à toi et que nous travaillons pour toi. Reste en contact avec le monde, le monde t’attend ».


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