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    Le monde du coton s’interroge face à la baisse des cours

    Une femme dans un champ de coton, au Mali. Getty images

    L’Association française cotonnière était réunie à Cannes hier. Devant la chute prolongée des cours, toute la filière s’interroge sur le financement à venir du coton africain.

    Pour son premier rendez-vous à Cannes, l’Association française cotonnière n’a pas abusé des paillettes. Le monde du coton est loin d’être à la fête, on peut même dire qu’il a cessé de « se faire un film » sur l’évolution prochaine des cours. Le déclin bien entamé l’an dernier s’est aggravé : le coton a perdu 30 % de sa valeur depuis le début de l’année. La chute pourrait continuer puisque la Chine a décidé de libérer ses immenses stocks de fibre, et que la production sera encore une fois plus abondante que la consommation de coton en 2014-2015.

    Pour les sociétés cotonnières africaines, c’est un vrai casse-tête, elles ont encore relativement bien rémunéré les planteurs depuis le printemps dernier, mais leurs pertes sur le marché international ne leur permettront pas de le faire l’an prochain, elles lancent un appel aux États africains, aux bailleurs internationaux et aux banques, pour les aider à réalimenter leur fonds de lissage des prix.

    Les cotonculteurs africains, actuellement payés entre 225 francs CFA au Burkina Faso et 265 FCFA le kilo au Bénin, très généreux deux ans avant les élections, devraient perdre en revenu l’an prochain. Ils ne seront pas récompensés de leurs efforts à produire toujours plus depuis trois ans (1,8 million de tonnes sur les 26 millions de tonnes mondiales). Leur seul espoir pourrait être de gagner en productivité, mais même sans aller jusqu’au modèle brésilien, c’est un défi qui sera très long à relever, les OGM sont loin de pouvoir à eux seuls améliorer notablement les rendements.

    Au bout de la chaîne, les traders qui commercialisent le coton africain en Asie traversent eux aussi une mauvaise passe, parce qu’à la chute des cours s’ajoutent d’énormes retards à l’embarquement au port d’Abidjan, de plus en plus saturé : leurs acheteurs, notamment indiens, en profitent pour ne pas honorer les contrats conclus il y a quelques mois, lorsque les prix étaient meilleurs. A Cannes, aucun des personnages du feuilleton cotonnier n’a le beau rôle, et tous s’interrogent sur la suite du scénario, à savoir la campagne 2015-2016, qui n’est pas encore en terre.
     

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