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    Fadel Barro: «Les Burkinabè ne veulent plus de présidents ad vitam aeternam»

    Des membres du mouvement «Yen a marre». AFP PHOTO:SEYLLOU

    Au Burkina Faso, l’opposition appelle à la désobéissance civile à partir du 28 octobre pour protester contre la décision du président Compaoré de modifier la Constitution afin de pouvoir se représenter l’année prochaine. Autre réaction, celle du mouvement « Yen a marre », de la société civile sénégalaise. Fadel Barro en est le coordonnateur. Il vient de signer une pétition internationale intitulée : « Tournons la page, il faut une alternance démocratique en Afrique ». En ligne de Dakar, il explique pourquoi au micro de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Qu’est-ce que vous pensez de la décision du président Compaoré d’organiser un référendum pour rendre possible sa candidature l’an prochain ?

    Fadel Barro : Je suis tout simplement dépité par la posture du président Compaoré qui devrait aujourd’hui en avoir marre lui aussi d’être président. Les Burkinabè en ont marre de lui. On ne leur donne même pas les moyens de l’exprimer. Aujourd’hui, il y a une bonne dynamique telle que le « balai citoyen » qui est en train de faire un travail formidable pour empêcher cette énième candidature.

    Le « balai citoyen » qui est un mouvement de la société civile burkinabè...

    Effectivement, le « balai citoyen » est un mouvement de la société civile burkinabè avec qui on s’échange nos expériences. Dans le cadre de ce balai, les citoyens burkinabè vont se mobiliser pour empêcher cette candidature parce que le président Blaise Compaoré peut corrompre une partie des Burkinabè pour essayer de se perpétuer au pouvoir, mais il ne peut en aucun cas embarquer tous les hommes intègres du Burkina.

    Du côté du pouvoir burkinabè, on réplique que le référendum c’est la consultation du peuple et que c’est donc la démarche la plus démocratique qui soit...

    C’est facile à dire, si on n’inscrit sur les listes électorales que ses partisans, si la majorité de la population est analphabète, si le taux d’inscription est très faible, si les partis politiques, les medias n’ont pas d’espace de liberté d’expression pour essayer d’éveiller les consciences, c’est très facile d’organiser dans ces conditions un référendum.

    Avec votre mouvement sénégalais « Y’en a marre », vous êtes l’un des nombreux signataires africains et européens d’une vaste pétition intitulée « Tournons la page, il faut une alternance démocratique en Afrique ». Pourquoi écrivez-vous que si on laisse le régime burkinabè perpétrer ce parjure, on ouvre la brèche qui autorisera beaucoup d’autres régimes à s’y engouffrer ?

    Mais c’est sûr, c’est la même chose qu’on avait dit, nous, au Sénégal. Quand il s’est agit de Abdoulaye Wade, l’ancien président, de vouloir briguer un troisième mandat. Nous l’avons combattu dans les urnes parce que nous pensons que si ça passe dans le pays, ça va passer partout. Aujourd’hui les Burkinabè ont la possibilité de montrer qu’ils ont envie de tourner la page des présidents ad vitam æternam, qu’ils ont envie de passer à autre chose. Et il y a possibilité de commencer par le Burkina Faso parce que la question se pose aujourd’hui.

    Quels sont les autres régimes africains qui pourraient s’engouffrer dans la brèche ?

    Nous en avons un au Togo. Bientôt Faure Gnassingbé va finir ses deux mandats, il faudra qu’il parte. Au Gabon, on a tout le temps une dévolution monarchique du pouvoir, il faut que ça cesse un moment et qu’on passe à autre chose. Et partout ailleurs en Afrique, aujourd’hui le débat se pose en RDC, en République démocratique du Congo où Kabila veut effectivement modifier la Constitution pour rester au pouvoir. Et de l’autre côté de la rive, au Congo-Brazzaville, où Sassou N'Guesso veut perpétuer son régime ad vitam æternam. C’est inadmissible.

    Pour l’instant, les réactions internationales à ce que vous appelez un coup de force constitutionnel sont timides. On n’entend pas beaucoup Paris et Washington. Est-ce que vous êtes déçus ?

    Mais je suis très déçu par la réaction de la communauté internationale et particulièrement par celle de la France qui a une responsabilité directe de ce qui se passe au Burkina parce que, sûrement, ils sont au courant, ils sont informés depuis longtemps de cette tentative de Blaise Compaoré de modifier la Constitution, de faire un coup de force constitutionnel. Et la France ne peut pas laisser passer. Ils ont les moyens de dissuasion. Ils ont les moyens de dissuader le président Blaise Compaoré. Ils doivent le faire parce que sinon ils seront responsables de la violence qui va se passer là-bas et qu’ils ne viennent pas jouer après aux sapeurs-pompiers comme ça se passe aujourd’hui en Centrafrique ou bien au nord du Mali. Qu’ils ne viennent pas jouer aux sapeurs-pompiers alors qu’ils peuvent prévenir l’incendie !

    Mais est-ce que vous ne vous sentez pas un peu seul quelquefois ?

    Du tout. Je ne suis que le porte-parole de cette nouvelle Afrique, de cette jeunesse africaine qui rêve d’autre chose. Je ne suis pas du tout seul. Si on n’était pas aidé, on n’aurait pas réussi au Sénégal. Et ce qu’on a réussi au Sénégal, les Burkinabè peuvent le tenter, les Congolais peuvent le tenter que ce soit à Brazza ou à Kinshasa et partout ailleurs. C’est possible. Nous ne sommes pas en train de rêver, nous ne nous sentons pas du tout seuls. Nous ne sommes pas des iconoclastes et encore moins des marginaux parce que c’est une réalité africaine. Il y a une jeunesse africaine qui a envie de rester chez elle, de travailler chez elle, et de développer son continent, qui n’a plus envie de migrer dans d’autres continents et d’être traités comme des moins que rien.


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