GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 20 Juillet
Jeudi 21 Juillet
Vendredi 22 Juillet
Samedi 23 Juillet
Aujourd'hui
Lundi 25 Juillet
Mardi 26 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.

    Francis Kpatindé: «Le fait que Compaoré soit dans un pays proche sera ingérable»

    Francis Kpatindé. issikta.blogspot.com

      Au Burkina Faso, il est celui que l'armée a décidé de placer à la tête de la transition. Le lieutenant-colonel Zida affronte la contestation de l'opposition et de la société civile, qui refuse qu'un militaire soit en charge de rétablir l'ordre constitutionnel dans le pays et multiplie les concertations depuis hier, dimanche 2 novembre. Qui est Isaac Zida ? Les éléments de réponse avec le journaliste Francis Kpatindé, maître de conférences à Sciences Po Paris. Il revient sur la personnalité du lieutenant colonel Isaac Zida qui dirige encore la transition au Burkina Faso. Il répond aux questions d’Olivier Rogez.

      RFI : Le lieutenant-colonel Isaac Zida a donc pris la tête de la transition au Burkina Faso. Qui est cet homme méconnu du grand public ?

      Francis Kpatindé : Le lieutenant-colonel Isaac Zida est originaire de la région de Yako dans le centre-nord du Burkina Faso, tout comme Gilbert Diendéré son ancien patron, ex-chef de la sécurité de Blaise Compaoré. Les deux hommes n’étaient pas nécessairement sur la même ligne. J’observe depuis quelques jours dans la gestuelle, pas mal de symboles qu’il faut retenir. Dans ses interventions, il dit ostensiblement « place de la Révolution » et non pas « place de la Nation », c’est son ancienne appellation sous la révolution de Thomas Sankara.

      Donc lui-même endosse la révolution d’une certaine façon ?

      Absolument, et en parlant, il lève le poing comme naguère, sous Sankara. Tout cela pour vous dire qu’il y a du Sankara dans Zida, la rhétorique et le charme en moins.

      Est-ce une posture ou une profonde conviction ?

      Cela participe un peu des deux. Il a été accusé de complicité après l’incursion d’un soldat qui a ouvert le feu l’an dernier au sein du palais. Vous vous souvenez ce soldat, qui a fait éruption au palais, qui a tiré. Le lieutenant-colonel Zida avait été mis aux arrêts de rigueur pendant 48h avant d’être libéré. Il avait des raisons profondes d’un vouloir à Blaise Compaoré et à son supérieur hiérarchique Gilbert Diendéré.

      Donc la thèse selon laquelle le lieutenant-colonel Isaac Zida pourrait être manipulé à distance par l’ancien président Blaise Compaoré, vous semble une thèse inexacte ?

      Je ne crois pas du tout qu’il soit manipulé par Blaise Compaoré. Vous avez dû remarquer également que le mouvement citoyen, le « Balai citoyen » et les jeunes ont semblé le soutenir. En face de lui, il y a le général Honoré Traoré, le chef d’état-major, général des Armées qui est plutôt un homme, en dépit de tout, proche de Blaise Compaoré, dont il a été le premier aide de camp après l’assassinat de Thomas Sankara. Maintenir quelque part Traoré au pouvoir aurait été aux yeux de la population, perpétuer le pouvoir de Blaise Compaoré.

      Maintenant la communauté africaine, la Cédéao, l’Union Africaine mais aussi la communauté internationale, les grandes puissances, souhaitent qu’un civil dirige la transition au Burkina Faso. Pensez-vous qu’Isaac Zida va pouvoir malgré tout conserver son poste ?

      Non, il n’aura pas le choix car l’heure n’est plus aux militaires, fussent-ils providentiels. L’heure est à une démocratie beaucoup plus ouverte et le pouvoir militaire doit obéir au civil, et le Burkina Faso ne peut pas échapper à cette règle-là.

      Revenons un peu sur la personnalité, le parcours du président Blaise Compaoré. Maintenant qu’il est réfugié en Côte d’Ivoire, pensez-vous qu’il va renoncer à tout activisme politique ou au contraire tenter de peser encore sur les affaires de son pays ?

      Je pense que le fait que Blaise Compaoré soit dans un pays proche, qui est à un degré ou un autre mêlé à la vie politique au Burkina Faso, cela va être ingérable. Il va falloir sûrement qu’il se trouve une autre destination et je pense que les autorités ivoiriennes doivent y penser.

      Malgré la loyauté que pourrait éprouver le président Alassane Ouattara vis-à-vis de Blaise Compaoré ?

      Le président Ouattara n’est pas en cause dans cette affaire, vous savez, on n’est pas dans le cas de figure de ATT [Amadou Toumani Touré, ancien chef d’Etat malien]trouvant refuge au Sénégal. Les pays sont imbriqués, les économies sont imbriquées, la politique également. La rébellion, en Côte d’Ivoire est partie du Burkina Faso. Je pense pour ramener le calme, pour les problèmes de sécurité régionale, il va falloir que Blaise Compaoré, au bout d’un certain temps, se trouve une terre d’exil.

      Pensez-vous que Blaise Compaoré va tenter de continuer à peser sur les affaires intérieures burkinabè ?

      Vous savez quant on est resté 27 ans au pouvoir - un peu plus d’ailleurs - on a toujours cette fâcheuse tendance à vouloir s’immiscer dans ce qui se passe dans son pays d’origine. Il a beau faire des déclarations contraires, il est évident qu’il s’intéresse à ce qui se passe après. Après tout ce monsieur est parti du Burkina Faso en laissant une bombe derrière lui, il a laissé une armée quelque peu désunie, les officiers supérieurs ne sont pas sur la même longueur d’onde. Il a laissé une bombe à retardement en quittant son pays.

      Ne risque-t-il pas, aujourd’hui, de devoir s’expliquer sur les épisodes les moins glorieux de ses différents mandats et notamment sur son rôle durant les rébellions successives en Sierra Leone et au Liberia ?

      Moi je pense qu’il y a deux niveaux où il aura à s’expliquer devant la justice de son pays ou de la justice internationale : sur certains assassinats comme celui du journaliste Norbert Zongo, du philosophe Clément Oumarou Ouedraogo mais également au plan régional, dans ses imitions tonitruantes dans les affaires internes de la Sierra Leone, les problèmes des « diamants de sang » au Liberia… la liste n’est pas exhaustive. [Il y a aussi] le Mali, même récemment la Mauritanie, le Tchad avec Togoïmi. Blaise Compaoré était bien impliqué dans la rébellion au Tchad et j’en passe.

      Vous pensez que tôt ou tard la justice burkinabè ouvrira des enquêtes ?

      Beaucoup de chefs d’Etat de la sous-région ne parlaient pas beaucoup, n’osaient pas parce qu’ils craignaient et redoutaient les colères de Blaise Compaoré. Maintenant, ils sont libérés, ils vont sûrement essayer de lui demander des comptes au moins au niveau de la justice.


      Sur le même sujet

      • Burkina Faso

        Burkina Faso: situation toujours confuse et intenses tractations

        En savoir plus

      • Burkina Faso

        Burkina Faso: épisode houleux à la télévision nationale

        En savoir plus

      • Burkina Faso

        Retour sur le jour où le Burkina Faso s'est cherché une transition

        En savoir plus

      • Burkina Faso

        Burkina Faso: l’Union africaine se positionne pour une transition civile

        En savoir plus

      • Burkina Faso

        Burkina Faso: qui est Isaac Zida, adoubé par l'armée et déjà contesté?

        En savoir plus

      • Burkina Faso

        Burkina Faso: opération grand nettoyage dans les rues de Ouagadougou

        En savoir plus

      • Burkina Faso

        Burkina Faso: réécoutez l'édition spéciale de RFI Matin

        En savoir plus

      • Burkina Faso

        Burkina Faso: réécoutez l'édition spéciale de RFI Soir

        En savoir plus

      1. 1
      2. 2
      3. 3
      4. ...
      5. Suivant >
      6. Dernier >
      Les émissions
      Commentaires
       
      Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.