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    Zéphirin Diabré: «le rôle de l’armée n’est pas de gouverner le pays»

    Zéphirin Diabré. RFI/Yaya Boudani

    Alors que la société civile, les politiques et la communauté internationale demandent aux militaires de céder la place aux civils. Il semble que l’on s’achemine vers une solution conforme avec la Constitution pour organiser une transition démocratique, où l’armée et le lieutenant-colonel Zida accepterait de céder leurs places. C’est en tout cas ce qu’affirme Zéphirin Diabré qui tenait une conférence de presse à ce sujet hier avec l’ensemble des partis d’opposition. M. Diabré est l’invité de notre envoyé spécial au Burkina Faso, Frédéric Garat.

    RFI : Pouvez-vous nous expliquer ce qui va se passer les prochains jours à Ouagadougou  ?

    Zéphirin Diabré : Nous sommes au début d’un certain nombre de concertations. Le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida a reçu une délégation de l’opposition dans un esprit d’ouverture et nous a indiqué qu’il entendait entreprendre un certain nombre de concertations avec les forces vives de la nation.

    Je dois dire que l’opposition a souligné et noté avec une grande satisfaction cette ouverture d’esprit qui l’a conduit à vouloir prendre un autre sentiment sur la situation. Nous avons apprécié son engagement à réaliser la transition dans un cadre de concertations, qui fera en sorte que les forces vives de la nation puissent, dans un format à définir, convenir ensemble du modèle de transition voulu pour notre pays, en prenant en compte, bien entendu, des aspirations d’abord des Burkinabés, mais aussi de ce que pensent nos amis de l’extérieur.

    Une sorte de charte de transition va être rédigée afin de permettre aux Burkinabés de se réorganiser pour organiser des élections, faire un gouvernement transitoire et s’acheminer vers un processus démocratique. C’est bien cela ?

    Tout cela, ce sont des choses classiques. En tout cas, dans un entretien que nous avons eu, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida nous a promis un document qui expliquerait sa vision des choses afin que nous puissions l’examiner.

    Mais d’ores et déjà, au sein de l’opposition politique, nous avons mis en place un double travail sur la question. Le plus important dans une transition, c’est d’abord qu’il y ait un large consensus sur la manière de la conduire, parce que cela conditionne à la fois le fait que l’on puisse avoir des élections qui soient crédibles et le fait que le pays puisse aller de l’avant.

    Est-ce que, d’après vous, l’armée est disposée à renier un peu des pouvoirs qu’elle a obtenu depuis quatre jours, c'est-à-dire céder la place à un civil comme tout le monde le demande ?

    Nous n’avons pas évoqué cette question-là, mais je peux vous dire que dans les interventions que nous avons entendues, notamment celle du lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, il est dit clairement que, dans leur vision, le rôle de l’armée n’est pas de gouverner le pays, mais de retourner à la caserne.

    Là, nous sommes dans une situation exceptionnelle. Avec le vide créé par le départ de Blaise Compaoré, il fallait bien qu’une structure puisse prendre le pays en main, assurer son intégrité, faire en sorte que l’on sente qu’il y ait une main qui dirige, et faire fonctionner le service public. Or, dans nos pays, dans de telles situations, il n’y a que l’armée qui reste la seule force organisée.

    Maintenant, il est clair que nous devons nous asseoir et discuter. Nous sommes heureux que le processus soit engagé pour que l’on puisse définir ensemble le type de transition que nous voulons pour notre pays.

    L’insurrection populaire contre des modifications constitutionnelles a valeur d’exemple à présent en Afrique. Est-ce que vous en tirez un motif de fierté ?

    C’est prétentieux pour nous de dire que nous servirons d’exemple à qui que ce soit. Il y a une formule que j’aime bien : « Je n’ai pas de leçons à donner à qui que ce soit, mais j’ai peut-être parfois, des expériences à partager ». Si des pays ou des gens veulent que nous partagions notre expérience, nous sommes disposés à le faire. Mais ces questions-là, c’est toujours de manière contextuelle qu’on les aborde et surtout qu’on les résout.

    Y aura-t-il un précédent burkinabé en matière de démocratie pour le continent ?

    Je crois comprendre qu’à travers tout le continent, il y avait une attente très forte de la part de beaucoup de démocrates quand nous avons commencé notre lutte. Je recevais, chaque jour, des appels et des messages d‘encouragements, notamment des pays où il y a des velléités.

    Nous, ici, au Burkina Faso, nous avons résolu la question. A partir de maintenant, personne ne pourra plus faire plus de deux mandats à la tête de l’Etat ! Je crois que personne n’osera même y penser… (rires)

    Nous pensons que la limitation des mandats est une très bonne chose pour la démocratie. Cela permet la respiration des élites et surtout, cela évite l’impunité. Quand les gens savent qu’ils sont là pour un temps limité, ils font beaucoup plus attention aux arcs qu’ils peuvent poser. Mais quand les gens ont le sentiment qu’ils sont là pour longtemps et de manière indéfinie, cela amène souvent des dérapages, des comportements orgueilleux, un pillage des ressources, etc. Pour nous, la limitation des mandats est devenue une valeur nationale que personne ne pourra remettre en cause. Nous souhaitons que le maximum de pays s’en inspire.

    Est-ce que vous pensez que Blaise Compaoré a péché en n’écoutant pas assez la rue ?

    Il a surtout péché en n’écoutant pas l’opposition. Quand nous avons commencé ce combat, nous avons tout fait pour le convaincre, lui et ses partenaires et soutiens, que ce projet-là était inopportun, parce qu’il était dangereux pour la paix sociale. En tant que membre et leader de l’opposition, peut-être que nous avions, nous, une meilleure connaissance du sentiment sur le terrain.

    Mais dans toute l’opposition burkinabée, personne ne souhaitait que Blaise Compaoré ne s’en aille avant le terme de son mandat. Tout le monde était d’avis qu’il poursuive jusqu’en 2015. Ce que les gens n’acceptaient pas, c’est qu’il puisse rester après 2015. Malgré les signaux que nous avons envoyés, malgré toutes les prudences avec lesquelles nous avons géré ces manifestations, le message n’a pas été entendu.

    Les chefs d’Etat sont souvent entourés par une panoplie de personnages qui finissent par leur dicter leurs pensées, en se coupant du vrai peuple. Ils ne prennent pas souvent la vraie mesure de ce qui se passe sur le terrain.


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