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    Mgr Paul Ouédraogo: «Le Burkina Faso a besoin de tous»

    Mgr Paul Ouédraogo, Archevêque métropolitain de Bobo-Dioulasso et président de l’OCADES Caritas Burkina. ocadesburkina.org

    Monseigneur Paul Ouédraogo, archevêque de Bobo-Dioulasso, président de la conférence épiscopale du Burkina Faso et du Niger, n’est pas intéressé par le poste de président de transition. Il figurait parmi les pressentis. Les chefs religieux et coutumiers participent, au même titre que l’opposition et la société civile, aux concertations sur la charte de la transition et la désignation des personnalités qui seront amenées à diriger le pays jusqu’aux élections prévues dans un an.

    L’archevêque a donc un avis sur la transition, sur Blaise Compaoré, sur l’Union africaine et sur le futur du pays. Rencontré en marge d’une messe à quarante kilomètres de Bobo Dioulasso, Mgr Paul Ouédraogo est notre invité.

    RFI : Monseigneur, quel message est-ce que vous avez délivré aux fidèles dans une situation un petit peu particulière pour le Burkina Faso ?

    Paul Ouédraogo : Ce qui s’est passé, évidemment on le voit. Les dégâts sont là. Donc la première pensée que nous avons c’est vis-à-vis de tous ceux qui ont perdu la vie dans ces événements là. Nous les confions à la miséricorde de Dieu et nous manifestons notre compassion aux familles éplorées. Nous avons une pensée particulière pour les blessés et nous avons admiré l’esprit républicain et les partis politiques qui se sont montrés vraiment responsables. On a admiré aussi la mobilisation des jeunes, des femmes, et on a vu également que cet acte citoyen de nettoyage des traces de toute cette violence était admirable.

    Justement, vous craigniez une troisième mi-temps, que la situation ne dégénère. Mais tout de suite les Bobolais se sont mis au travail…

    C’est admirable ce geste citoyen. C’est bon de nettoyer, ce n’est pas la peine de laisser les traces. Mais comme nous leur avons dit, nous les invitons à laisser parler ce qu’il y a encore de meilleur en eux c'est-à-dire la retenue, certainement la responsabilité. Et également qu’ils se rendent bien compte que nous aurons besoin de réconciliation dans la mesure où ce pays ne peut pas se construire sans faire appel à tous pour sa construction dans une paix durable.

    Y compris les membres de l’ancienne majorité CDP…

    Nécessairement ! Ils sont burkinabè ! Et nous n’allons pas construire le Burkina contre eux ! Nous allons ensemble, avec eux, chacun bien sûr se convertissant pour ne tenir compte que du bien commun et le bien de notre nation. Chacun doit pouvoir opérer les conversions nécessaires pour qu’ensemble nous donnions du Burkina l’image d’une nation réconciliée qui se construit dans la paix et la justice.

    Un avant projet de charte de la transition a été adopté. Vous vous en réjouissez ? Le pays est sur le droit chemin ?

    Je pense qu’assez rapidement nous avons compris qu’il valait mieux revenir à une vie constitutionnelle normale. Je pense qu’aujourd’hui la bonne volonté de tous elle est là. Les militaires sont certainement disposés à rendre le pouvoir à un pouvoir civil de transition. Donc c’est heureux qu’il y ait une charte qui gère cette période transitoire. Et je pense aussi que les uns et les autres nous sommes prêts. Bien sûr la difficulté ce sera de trouver ce que j’appelle moi l’ « oiseau rare ». C'est-à-dire l’homme consensuel ou la femme consensuelle qui devra diriger cette transition. Mais je suis confiant. Nous avons quand même un certain nombre de technocrates qui ont travaillé pour ce pays beaucoup plus comme technocrates que comme militants.

    Dans certains cercles on dit que l’oiseau rare pourrait être vous-même, Monseigneur. Est-ce que vous y avez pensé ?

    Non, je ne l’envisage pas. Ce genre de pouvoir, le clerc ne s’y engage pas.

    Vous avez été surpris de la tournure des événements au Burkina Faso ?

    Personnellement non. Nos messages sont là depuis un certain temps. Tenant compte de la situation, nous avions donné notre avis sur l’inopportunité de toucher à l’article 37. Quand on regarde l’évolution de notre pays et quand on connaît son histoire récente, nous nous posons seulement des questions.

    Et l’Eglise est dans son rôle quand elle pose ce type de questions, justement ?

    Absolument. C’est parce que nous sommes là comme guetteurs et veilleurs pour le peuple de Dieu que nous avons un devoir de vigilance. Parce que le bien commun est confié à la responsabilité de chacun. Et l’Eglise doit comprendre que le bien commun des pays, le bien commun des nations, est confié de façon particulière à sa vigilance et à sa responsabilité.

    L’Union africaine a imposé il y a sept jours un délai de quinze jours pour que la transition soit transmise à une personnalité civile. Cela semble assez mal reçu ici au Burkina. C’est également votre sentiment ?

    Je crois que la communauté internationale a ses mécanismes. Nous ne sommes pas le premier pays a affronté ce problème de sanction. Nous l’avons vu avec Madagascar, nous l’avons vu avec d’autres pays. Il revient aux Burkinabè de voir exactement ce qu’ils veulent.

    Est-ce que nous avons intérêt à affronter ces sanctions ou bien il est possible aussi qu’il y ait un sursaut de patriotisme, dans la mesure où tout le monde est d’accord pour passer le pouvoir à une transition civile, même ceux qui l’ont aujourd’hui. Il s’agit de voir si en fait ce délai est vraiment hors de portée et s’il demande quelques négociations. Je pense que le problème est là.

    Dans le principe, si on lève la suspension de la Constitution, je pense déjà qu’on sort du cas de figure où il y a une suspension qui ne peut plus servir de feuille de route. Une fois que la levée de la suspension de cette Constitution a lieu, je pense que très rapidement, la charte peut se mettre en place comme étant texte de référence pour gérer la transition. Et je pense qu’il est possible que dans des délais assez courts la transition puisse se faire.


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