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    A la Une: Burkina–Faso, le fantôme de Sankara

    © AFP/Pius Utomi Ekpei

    Le Premier ministre Isaac Zida veut rouvrir le dossier Sankara et demande l’extradition de Compaoré.

    Reprise telle qu’elle au Mali cette nuit par le site d’informations en ligne Malijet, mais aussi au Cameroun par CamerPost.com, l’information commence à être plus que timidement commentée ici ou là par d’autres publications en ligne qui se consacrent à l’actualité africaine. Comme par exemple le site Points Chauds, qui estime « spectaculaires » ces annonces du Premier ministre bukinabè Isaac Zida. Mais elle agite déjà de nombreux sites Internet dans le monde. Et certains vont parfois vite en besogne. Ainsi en Suisse, où, sans attendre, le site Bluewin se demande déjà si l’ex-président burkinabè ne va pas être « bientôt extradé » !

    En France, la version en ligne du quotidien Le Monde reprend à son compte la formulation de l’Agence France presse au sujet de Thomas Sankara pour rappeler que, depuis1997, sa famille demande l'exhumation de la dépouille de ce « héros national, icône du panafricanisme ».

    Burkina-Faso : à qui le tour ?

    Mais à l’heure où s’ouvre le sommet de la Francophonie à Dakar, les événements qui se précipitent au Burkina-Faso inspirent plus d’un confrère. Ainsi le site allafrica.com, qui se demande si cette révolution en marche à Ouagadougou ne va pas avoir de réplique au Nigeria comme ailleurs. Car pendant vingt-sept ans, Blaise Compaore a dirigé le Burkina d’une « main de fer » après « avoir tué le charismatique, révolutionnaire, Thomas Sankara », accuse allafrica.com. Qui prévient : « Quelques révolutions sont spontanées et non-planifiées. Apprenons de l’exemple du Burkina-Faso ».

    Le tout dernier numéro du magazine Enjeux Africains n’écrit pas autre chose. « Révolution ! Encore une révolution qui semble bien en annoncer d’autres, prévient dans les colonnes de ce magazine notre confrère Elikia M’Bokolo. Car, les révolutions, nul ne sait comment elles naissent, ni pourquoi à tel endroit et à tel moment plutôt qu’à tel autre. Mais, on en connaît les suites : L’effet d’entraînement irrésistible d’un pays à un autre, puis à d’autres, puis à des continents entiers. (…) A l’oeuvre, la révolution africaine, tant rêvée ! A l’œuvre, la révolution africaine, en marche ! », lance donc notre ami Elikia dans Enjeux Africains, dont l’édition papier devrait être en principe disponible lors du sommet de la Francophonie.

    Francophonie : en français dans le texte

    Tout est prêt à Dakar pour l’ouverture de cette grand’messe francophone. « L’Etat a pris toutes les dispositions pour la réussite du sommet », assure le quotidien dakarois Le Soleil. Qui souligne que le président Macky Sall a fait noter que toutes les dispositions avaient été prises pour assurer une « parfaite organisation » de cette manifestation d’envergure internationale, qu’il avait félicité tous les acteurs impliqués dans sa préparation et avait invité les populations à y participer activement, « dans la pure tradition de la « téranga » sénégalaise ». Le chef de l’Etat sénégalais a, par ailleurs, rendu un hommage mérité au président Abdou Diouf pour le travail « remarquable » accompli, durant 12 ans, à la tête de l’OIF.

    Le sommet de Dakar n’est pas encore ouvert, mais il déjà critiqué par la presse africaine. La Francophonie ? Pour le journal Le Pays au Burkina-Faso, c’est un « machin qui sert plus la cause des dictateurs que celle des peuples ». Selon le quotidien ouagalais, il est « grand temps que l’OIF se fasse le porte-voix des valeurs de l’alternance et de la démocratisation réelle des pays qui en sont membres ». Et la Francophonie doit « cesser d’être juste un instrument de la France pour briller au plan diplomatique à travers le monde, sans qu’il y ait un impact réel et substantiel sur le quotidien des populations », énonce Le Pays.

    C’est une lettre ouverte aux chefs d’Etat présents au sommet de la Francophonie au sujet de l’épidémie Ebola. Elle a été rédigée par de nombreux artistes et personnalités en Afrique, et elle est notamment publiée par le site Guinée Conakry Info. « Chaque jour qui passe effrite l’espoir, dans quelle langue faut-il le dire ? », lancent les signataires. « A l’heure où nous vous écrivons cette lettre, de trop nombreuses femmes sont mortes laissant leurs enfants derrière elles. Au mois d’octobre 2014, 55% des personnes décédées du virus sont des femmes », s’alarment-ils dans cette lettre ouverte.

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