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    Les émergents épinglés par Transparency International

    Le Danemark est en première place dans le classement de l’indice de perception de la corruption, établi Transparency International. REUTERS/Leonhard Foeger

    La 20ème édition de l’indice de perception de la corruption, établi par l'ONG Transparency International, a été présentée ce matin à Berlin. L'indice met en évidence l'aggravation de la corruption dans les pays émergents.

    Parmi les émergents, c'est le plus puissant d'entre eux, la Chine, qui fait le plus grand bond en arrière cette année, en perdant vingt places au classement général où sont notés 174 pays. Pékin se retrouve en 100ème position. La Russie recule elle de dix places, elle est maintenant 136ème sur l'indice de Transparency International. La Turquie régresse aussi, de onze cases. Elle a été rétrogradée au 64ème échelon de la corruption. Entre les deux, on retrouve le Brésil ou l'Inde.

    Les affaires Petrobras au Brésil, les enquêtes en Turquie sur les proches de la famille Erdogan au pouvoir, ou encore la lutte anti-corruption menée en Chine, racontent toutes un peu la même histoire : la corruption prospère dans les grosses entreprises, souvent publiques et elle implique surtout les fonctionnaires ou les hauts dirigeants. Mais ce schéma n'est pas l'apanage des pays en développement ou émergents, on le retrouve dans les pays riches.

    D'après une autre étude publiée par l'OCDE, les entreprises les plus corruptrices sont en Occident

    Une précision sur les méthodes respectives employées par les auteurs des deux rapports. Faute de données tangibles, Transparency International établit un indice de perception de la corruption en se basant sur l'avis d'experts d'organisations internationales reconnues comme la Banque mondiale.

    Pour mieux comprendre l'évolution de cette forme de criminalité en col blanc, les analystes de l'OCDE ont eux compilé les données sur les cas avérés de corruption transnationale, au cours des 15 dernières années dans 41 pays, tous signataires de la convention anti-corruption élaborée par le club des pays riches. Parmi ces pays, il y a donc beaucoup de pays avancés, mais aussi des émergents, tous ayant signé un engagement pour lutter contre ce fléau.

    Et le résultat est étonnant : dans plus d'une affaire sur deux, sont impliqués des fonctionnaires de pays dits avancés. Les entreprises corruptrices sont également en majorité issues de ces mêmes pays. Six cas sur dix concernent l'obtention de marchés publics.

    L'autre enseignement de cette étude : la corruption s'est raffinée avec le recours de plus en plus fréquent à des intermédiaires et des montages juridico-financiers complexes, qui rendent les enquêtes de la justice beaucoup plus longues et ardues. En 1999, l'instruction d'une telle affaire prenait en moyenne deux ans. On en est maintenant plutôt à une moyenne de sept ans de procédure.

    Dans le classement 2014 de Transparency International, les pays les plus pauvres ou les Etats faibles sont toujours en queue de peloton

    Bons derniers : la Corée du Nord avec le Soudan. L'Erythrée, la Libye, l'Irak ou le Soudan du Sud figurent aussi parmi les plus mal notés. Quand l'Etat est faible ou désorganisé, ou quand le régime est peu transparent, la corruption prolifère. C'est ainsi qu'en Europe, l'Ukraine est toujours le pays le plus concerné avec une 142ème place au classement.

    A l'inverse, les Scandinaves comme la Finlande, la Norvège et la Suède sont toujours parmi les meilleurs élèves. Et le Danemark se hisse même à la première place, au détriment de la Nouvelle-Zélande qui termine à la deuxième place de l'indice.
     


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