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    Robert Dulas, auteur de «Mort pour la Françafrique»

    Portrait de l'ancien conseiller de chefs d'Etat, Robert Dulas. Capture d'écran France 24

    Certains le qualifient de barbouze. Lui préfère se définir comme un diplomate de l'ombre... Aujourd'hui, à 66 ans, Robert Dulas se projette en pleine lumière et publie aux éditions Stock Mort pour la Françafrique, un livre d'hommage à son associé Pierre Marziali, le seul mort français de la révolution libyenne de 2011. Qui a donné l'ordre de tuer Pierre Marziali ? Robert Dulas répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : En mai 2011, vous êtes associé à un ancien soldat parachutiste français, Pierre Marziali, à la tête d’une société militaire privée, la Secopex, on est en pleine guerre de Libye, Pierre Marziali se rend à Benghazi, en zone rebelle et là, sur le chemin entre un restaurant et sa villa de location, il est abattu par un milicien anti-kadhafi au visage cagoulé. Qu’est-ce qui vous fait penser que ce n’était pas une bavure ?

    Robert Dulas : Plusieurs choses, la première, le fait qu’il y avait cinq personnes, quatre collaborateurs Secopex, et qu’un seul ait été tué. Ensuite, le fait que depuis plusieurs semaines, les collaborateurs Secopex étaient sur place et se promenaient avec des chemises Secopex, donc sans armes et bien visibles, ils n’étaient pas cachés, ils avaient rencontré les responsables du CNT (le pouvoir rebelle) et en particulier, cette milice du 17 février qui était la plus virulente.

    A l’époque de son assassinat, Pierre Marziali était en contrat avec une société militaire privée américaine. Est-il allé à Benghazi pour enquêter sur l’éventuelle infiltration des troupes rebelles par les islamistes ?

    Oui bien sûr. Pierre cloisonnait, donc j’avais la base des informations mais pas le détail, mais le client américain était un peu affolé par la note que l’on avait laissé et qui faisait ressortir que 40% des membres du CNT étaient des intégristes, ce qui aujourd’hui est prouvé.

    Un mois avant sa mort, Pierre Marziali était allé à l’Elysée avec vous, pour y remettre un rapport sur le risque du noyautage du mouvement rebelle de Benghazi par les islamistes. Est-ce qu’il peut y avoir un rapport entre les deux évènements ?

    Dans la note que l’on a remis à l’Elysée, on expliquait en clair que le CNT était composé à 40% d’intégristes, à 40% d’anciens de Kadhafi qui étaient parmi les plus mauvais et 20% de démocrates qu’on mettait dans la rue et dont on agitait les ficelles, ça c’était le premier point. Le deuxième point, on expliquait comment les armes chimiques en particulier étaient vendues et partaient en direction du Hezbollah. Donc on tirait la sonnette d’alarme, on avait l’impression que nos dirigeants n’avaient pas eu la bonne information.

    Et votre thèse aujourd’hui, c’est que les chefs rebelles de Benghazi ont eu connaissance de ce rapport que vous avez remis à l’Elysée ?

    C’est certain. Parce que dans le documentaire qui doit passer ce soir sur Canal Plus, « Spéciale Investigation », on voit comment les informations, que l’on a transmis, ont été perçues le lendemain d’une réunion secrète qui avait lieu à l’Elysée, donc avec les pires de la brigade du 17.

    Et alors si, dans votre hypothèse, les rebelles prennent connaissance de ce rapport, que font-ils ?

    Il y a une volonté de nous sortir du circuit.

    Et éventuellement d’éliminer Pierre Marziali ?

    C‘est ce qui s’est passé malheureusement.

    Cela dit vous n’avez pas la preuve de ce que vous avancez ?

    Bien sûr que l’on n’a pas la preuve. Mais vous savez, il y a eu entre temps une alternance politique en France et les langues commencent à se délier. Donc je pense que dans les mois qui viennent, on aura l’information. Les gens des services français qui se sont tus parce qu’ils étaient obligés d’appliquer ce qu’on leur avait demandé, aujourd’hui commencent à parler.

    Robert Dulas, vous avez été le conseiller spécial de plusieurs présidents africains, l’ivoirien Robert Gueï, le centrafricain François Bozizé, le nigérien Salou Djibo, aujourd’hui quand François Hollande affirme que les visiteurs du soir à l’Elysée c’est terminé, il a tort ou il a raison ?

    Je dirai qu’il a tort. C’est occulte, ça continue. Je veux dire, c’est difficile de se passer de cette relation avec les Africains, elle est minorisée, c’est clair, mais personne n’est dupe.

    Mais ça se concrétise comment ? Par des émissaires qui continuent de voyager entre l’Afrique et Paris ?

    Bien sûr. Moi, je les croise sur le terrain et je ne suis pas tout seul à les croiser. La physionomie de ces émissaires n’est plus tout à fait la même que celle qu’était quand la droite était au pouvoir, mais les résultats sont les mêmes, les conséquences aussi.

    Ils ont eu une meilleure couverture qu’avant ?

    Je dirai qu’ils sont plus discrets.

    C'est-à-dire qu’ils ont un métier présentable, qui permet de continuer leurs activités par ailleurs ?

    Voilà, avocat par exemple.

    Y a-t-il encore des conseillers qui approchent tel ou tel président africain, en lui disant, je connais bien François Hollande, si vous voulez, je peux faire passer un message ?

    Ca existe toujours, c’est toujours en cours.

    Et vous-même, quel est le président africain que vous conseillez aujourd’hui ?

    Aujourd’hui, j’en conseille plusieurs mais de façon très discrète. Ils m’appellent ou ils m’envoient un émissaire parce qu’ils savent que je suis extrêmement contesté par les Affaires étrangères et par la France, donc ils viennent prendre des conseils que eux considèrent comme des conseils objectifs.

    A l’Elysée, au quai d’Orsay, vous êtes mal vu ?

    On ne peut pas dire mal vu, mais je ne rentre pas dans le cadre, je ne suis pas Saint-cyrien, je n’ai pas fait l’ENA, je ne suis pas bobo parisien, l’autodidacte ça ne colle pas tout à fait.

    Après l’arrivée au pouvoir de Michel Djotodia à Bangui, vous l’avez aidé à traquer les avoirs de François Bozizé. Est-ce qu’aujourd’hui vous continuez à le faire pour le pouvoir de Catherine Samba-Panza ?

    Non pas du tout, c’est Maître Bourdon qui a pris le relais. Je me suis mis un peu à l’écart parce que je ne crois pas dans le gouvernement de Catherine Samba-Panza.

    Robert Dulas, vous appartenez à la Grande loge de l’alliance maçonnique française, beaucoup de chef d’Etat africains sont également francs-maçons. Au-delà du folklore, quel est l’intérêt pour eux d’appartenir à ce type de société secrète ?

    D’abord je pense que ce n’est plus une société secrète mais je ne pense pas qu’ils l’ont recherché eux-mêmes, on leur a peut-être un peu imposé la maçonnerie d’il y a 20 ans, qui était régit en grande partie par la GLNF. La maçonnerie a recherché tous les potentiels, qu’ils soient chef d’Etat ou opposant, avec une possibilité d’être un jour chef d’Etat, et les a intégré dans la maçonnerie, sans chercher à savoir si leur profil correspondait à celui d’un maçon. Si bien que c’est une hérésie, parce qu’on ne peut pas être à la fois président de la République et Grand maître, c’est incompatible et sans rapport.

    Et en pratique la maçonnerie perd son âme ?

    En pratique elle perd complètement son âme. Aujourd’hui, on assiste à une diabolisation de la maçonnerie en Afrique et certains francs-maçons rendent leur tablier.

    → A revoir : reportage France 24 sur Robert Dulas : « Mémoires d'un barbouze de la Françafrique » (17/12/2013)

    → Sur Canal Plus, diffusion le lundi 8 décembre du magazine Spéciale Investigation intitulée Pierre Marziali: une affaire d'Etat


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