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    Selon l’onusien Abdoulaye Bathily, «Boko Haram opère comme un cancer»

    Abdoulaye Bathily, représentant du secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique centrale. UN Photo/Yubi Hoffmann

    La secte Boko Haram réussira-t-elle à étendre son influence sur les pays voisins du Nigeria ? C'est l'inquiétude du représentant du secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique centrale. Il y a une semaine, Abdoulaye Bathily a confié ses craintes au Conseil de sécurité de l'ONU, à qui il présentait son rapport régulier. Le diplomate voit aussi arriver 2015 avec appréhension, car l'année sera une année électorale dense en Afrique centrale, avec tous les risques de déstabilisation que cela représente. De passage à Paris, Monsieur Bathily est venu répondre aux questions de la rédaction de RFI.

    RFI : Vous avez présenté il y a quelques jours votre rapport sur l’Afrique centrale au Conseil de sécurité de l’ONU, vous y parlez notamment de la secte islamiste Boko Haram. Au-delà du Nigeria, quels sont les risques, selon vous, que Boko Haram fait courir à toute la sous-région ?

    Abdoulaye Bathily : Boko Haram opère comme un cancer. Au courant du mois d’octobre, le bureau des Nations Unies pour l’Afrique centrale que je dirige, a initié une mission au nord Cameroun. La situation humanitaire est catastrophique, la situation économique s’est agravée parce qu’il y a un commerce important entre le Nigeria et le Cameroun, aujourd’hui complètement annihilé du fait de l’insécurité. Mais également, beaucoup de jeunes désoeuvrés sont recrutés tant du côté nigérian que du côté camerounais. Ils sont enrôlés soit par l’appât du gain. On leur donne des mobylettes à certains jeunes par exemple, de l’argent. Mais ils sont également enrôlés de force dans les troupes de Boko Haram. Aujourd’hui, le nord Cameroun est dans une situation sécuritaire particulièrement catastrophique et cette situation, si on y prend pas garde, risque de s’étendre à l’ensemble des pays du bassin du lac Tchad.

    Mais quelle est la nature du risque selon vous ? Est-ce que l’on risque de se voir constituer à la frontière du Cameroun et du Nigeria un sanctuaire islamiste, de la même manière que le nord Mali avait été utilisé par les jihadistes ?

    Absolument. Au départ, on pensait que Boko Haram se limitait seulement au Nigeria avec des opérations kamikazes, mais de plus en plus d’Etats, l’Etat de l’Adamamoua, de Yobe au nord Nigeria, aujourd’hui sont totalement contrôlés par Boko Haram et Boko Haram veut maintenant conquérir des territoires. Donc c’est un danger réel. Malheureusement ce groupe est équipé à un niveau tel, qu’aucune armée de cette sous-région, prise toute seule, ne peut résister au phénomène de Boko Haram tel qu'on le voit aujourd’hui.

    Vous craignez une contamination pour les pays de la région ?

    Leur intention, c’est d’aller au-delà du nord Cameroun, au Tchad et au Niger, il y a déjà des cas où il est question de Boko Haram vers le Niger. Cette situation, à mon avis, requiert l’attention de la communauté internationale.

    Elle est suffisante pour l’instant cette attention ?

    Elle n’est pas suffisante et justement dans mon rapport au Conseil de sécurité, j’ai insisté sur cette nécessité d‘une prise de conscience au niveau international, du danger qui guette le Cameroun et les autres pays du bassin du lac Tchad. La nécessité des pays de cette région, eux-mêmes, de s’organiser. Il y a des décisions qui ont été prises qui attendent d'être matérialisées sur le terrain, à savoir la constitution d’une force régionale, mais en plus de cela, il faut véritablement aujourd’hui équiper ces troupes et que ces troupes reçoivent aussi l’appui international.

    Est-ce que, selon vous, la solution n’est que militaire ?

    Le tout sécuritaire ne peut pas régler ces questions. Il faut aujourd’hui réfléchir comment ces populations des zones marginalisées, des différents territoires, peuvent se sentir partie intégrante d’un ensemble national. Que ce soit l’ensemble national camerounais, l’ensemble national nigérian, l’ensemble national tchadien, il faut une solution de développement parce que ce sont des régions où la pauvreté sévit à l’état endémique. Dans toutes ces régions que ce soit du côté nigérian, du côté camerounais, du côté tchadien, c’est la marginalisation, la pauvreté, qui rendent ces populations, qui les transforment en proie facile pour ces mouvements terroristes.

    2015 sera une année électorale chargée en Afrique centrale avec des scrutins législatifs et présidentiels. Est-ce que vous êtes inquiets à l’approche de ces scrutins ?

    Il y a de quoi être inquiet en effet. L’Afrique centrale traverse une période de transition démocratique assez compliqué et aujourd’hui déjà, nous voyons dans la plupart des pays où doivent se dérouler ces élections, la montée des tensions entre pouvoir et opposition. Je le vois dans les deux Congo, au Gabon : partout les gens se posent aujourd’hui des questions. Il y a ce que l’on peut appeler les effets du syndrome burkinabè. Face à cela nous avons beaucoup d’inquiétudes. Il est nécessaire que pouvoir et opposition se parlent, et qu’ils arrivent au consensus sur la manière d’organiser ces élections pour que l’on aboutisse à des scrutins libres, démocratiques, transparents pour que la période soit marquée par une avancée démocratique et pas un recul démocratique.

    Selon vous, Abdoulaye Bathily, quel est le signal que la révolution burkinabè envoie aux dirigeants d’Afrique centrale ?

    Et bien je crois qu’ils ont tous pris conscience qu’il faut compter avec les opinions publiques. De mon point de vue, il n’est plus possible de faire des élections n’importe comment. Il y a toute cette jeunesse qui est aujourd’hui mobilisée, qui a pris conscience de ses droits et les pouvoirs doivent compter avec ces phénomènes là. Les questions de constitution qui se posent, ne peuvent être réglées de manière autoritaire. Il faut un consensus pour que, de manière apaisée, on arrive à des élections, qu’on banalise les élections et que l’on en fasse pas un élément de guerre civile, comme c’est le cas aujourd’hui dans beaucoup de pays. Quand les élections approchent, c’est comme si on allait en guerre. Il faut mettre fin à ce cycle. Tout ce qui va dans le sens des changements constitutionnels, qu’on ne le fasse pas, comme on dit à la hache. Il faut respecter les constitutions, il faut que les uns et les autres acceptent la règle du jeu.

    Respecter les constitutions, est-ce que cela veut dire ne pas modifier le nombre de mandats à des délais relativement courts des élections, à un ou deux ans des élections ?

    Oui, parce que si on le fait un an ou deux ans avant des élections, c’est sûr que cela crée des tensions qui ne sont pas favorables à la sérénité du déroulement du scrutin.

    Est-ce ça veut dire que les réformes constitutionnelles, qui portent sur le nombre de mandats, ne doivent pas être appliquées au Président en exercice ?

    On n’a pas besoin de modifier les constitutions pour simplement maintenir un individu à la tête d’un pays. Si on dit que la vie d’un pays dépend d’un seul individu, ça veut dire que ce pays est en danger. Je crois à la nécessité qu’un pays soit dirigé par une équipe d’hommes et de femmes interchangeables. C’est pourquoi je milite pour qu’il y ait des changements à la tête des pays et que les règles constitutionnelles soient respectées de manière globale. Un président qui a exercé un mandat, deux mandats dans le cadre d’une constitution, s'il s'avère nécessaire de modifier cette constitution, il ne peut pas y avoir d’effet rétroactif qui lui permette de dire, l’ancienne constitution doit être mise de côté et moi je dois reprendre un nouveau mandat, deux nouveaux mandats. Pour moi, cela n’a pas de sens.

    La Centrafrique est l’un des pays qui ira aux urnes en 2015, en principe, les élections auront lieu avant le mois d’août mais est-ce que l’on peut, selon vous, aller aux élections sans que le désarmement des groupes ex-selekas et anti-balakas soit effectif ?

    A mon avis, il faut arriver au désarmement des groupes parce qu’il est impossible de faire des élections apaisées dans un contexte de crises politiques avec des gens en armes, ce n’est pas possible. D’ailleurs c’est pourquoi en Centrafrique aujourd’hui, on va vers la mise en branle d’un processus de DDR, c'est-à-dire de désarmement des groupes armés. Naturellement ce processus de désarmement, déjà, les principes sont acceptés par les différents groupes de Centrafrique, si bien les ex-selekas que les anti-balakas ont décidé aujourd’hui d’entrer dans le processus politique.

    Si en juin, juillet, le désarmement n’est toujours pas effectif sur le terrain ?

    Je ne peux pas envisager cela, parce que ça veut dire qu’ils n’auront pas respecté les principes pour lesquels ils se sont engagés.

    A sept mois de ces élections, l’autorité de l’Etat n’a toujours pas été rétabli sur la plus grande partie du pays. Est-ce que cela ne risque pas de limiter les opérations de vote à certaines régions seulement, celles où la sécurité est revenue ?

    Je pense que l’on va y arriver dans la mesure où la Minusca est en train de se déployer. Maintenant il faut, au-delà du déploiement, arriver à apaiser les populations parce qu’il y a quand même des milliers de réfugiés dans les pays voisins, il faut les faire revenir, autant que faire se peut. Et même si on y arrive pas à faire revenir des centaines de milliers de réfugiés des différents pays voisins, que ceux qui sont là, puissent dans des conditions de sérénité exercer leur droit civique, le vote.
     


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