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    Laurent Fabius: «La France ne peut pas se substituer aux Africains»

    Laurent Fabius. RFI

    Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, est de retour à Paris après sa tournée de deux jours sur le continent africain. Pour venir à bout de Boko Haram, il faut une mobilisation internationale qui passe par une résolution de l'ONU. C'est le message que le ministre français a voulu faire passer ce week-end dans les trois pays africains qu'il a visités, le Tchad, le Cameroun et le Niger. Laurent Fabius s'en est expliqué au micro de notre envoyé spécial, Christophe Boisbouvier.

    En janvier 2013, la France est intervenue directement contre les jihadistes du nord du Mali. Aujourd’hui elle ne veut pas s’engager directement contre Boko Haram. Est-ce qu’il n’y a pas deux poids, deux mesures ?

    Laurent Fabius : Les circonstances sont très différentes. En janvier 2013, la capitale Bamako allait tomber aux mains des terroristes. Il n’y avait quasiment plus d’Etat au Mali et c’est en désespoir de cause que le président de transition qui était Monsieur Traoré a appelé François Hollande au téléphone –j’étais là d’ailleurs-, en disant «Monsieur le Président, il faut intervenir demain matin ou si non l’ensemble du pays sera aux mains des terroristes et je serai mort».

    Il vous a carrément dit cela ?

    Oui. Il a dit cela au président. Là évidemment, les circonstances sont différentes. Boko Haram est un mouvement extrêmement dangereux, mais il ne menace pas de prendre l’ensemble du Nigeria. D’autre part, il y a heureusement des Etats africains qui sont en train de se mobiliser pour lutter contre Boko Haram. Mais dans les deux cas, la France est aux côtés des Africains.

    Est-ce qu’on va vers un renforcement de l'opération militaire française Barkhane et peut-être vers une réorientation de ce dispositif militaire qui était prévu à l’origine contre la menace jihadiste venue du sud de la Libye ?

    Non. Je réponds très clairement. Le dispositif Barkhane a été mis en place pour lutter contre le terrorisme dans la zone sahélo-saharienne. Là-dessus, la menace Boko Haram, qui est différente puisque là il s’agit du Nigeria, se précise et donc à la demande du Niger, nous avons distrait (si je peux dire) cinquante hommes de Barkhane pour les mettre en positionnement au sud du Niger. Mais le dispositif Barkhane reste orienté dans sa destination première et il n’est pas question de le faire changer de destination.

    Pour soutenir la future force africaine anti-Boko Haram, vous proposez un vote aux Nations unies et une conférence des donateurs. Mais qu’est-ce qui vous garantit que les Américains, les Britanniques, les Allemands vont accepter de payer ?

    C’est toujours la difficulté. Ce qui m’a frappé dans ma tournée, c’est la confirmation que Boko Haram représentait un danger énorme, à la fois par les exactions auxquelles ils se livrent, par l’importance des moyens dont ils disposent, des moyens lourds. Donc à partir de là, l’Union africaine et les pays africains concernés ont pris une décision qui me paraît excellente, qui est «Nous Africains, nous allons rassembler nos forces pour combattre Boko Haram». C’est ce que nous avons toujours souhaité puisque l’un des traits de la position française, c’est de dire bien sûr la France peut aider mais elle ne peut pas se substituer aux Africains. Nous avons souhaité depuis très longtemps que quand il y a des conflits, ce sont les Africains eux-mêmes qui prennent leurs affaires en mains. Là c’est ce qui se passe. Bravissimo ! Mais évidemment il faut qu’il y ait toutes les onctions nécessaires : donc onction de l’Union africaine (UA) ; deuxième stade vraisemblablement en mars, avril, une résolution de l’ONU qui à la fois donnera une légitimité internationale incontestable et d’autre part, fournira des moyens financiers. Je ne dis pas que ça va être facile parce que l’observation que vous faites est parfaitement juste, il va y avoir tel ou tel pays qui va dire «oui mais est-ce que l’opération est bien préparée ? Ça va entraîner des coûts etc». Et notre rôle à nous Français, en liaison avec d’autres membres du Conseil de sécurité parce que le Tchad siège actuellement au Conseil de sécurité et le Nigeria aussi. Donc ça va faciliter les choses. Nous allons essayer de convaincre l’ensemble des membres du Conseil de sécurité qu’il faut absolument le faire, non seulement sur le plan purement sécuritaire, mais il va falloir aussi accompagner cela d’une aide humanitaire parce que dans certaines zones, la famine menace et d’une aide au développement.

    A Ndjamena, vous avez dit au président Idriss Déby que la France va plaider la cause du Tchad auprès du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Les dernières élections tchadiennes n’ont pas été un modèle de transparence. Est-ce que vous serez attentif aux élections de l’année prochaine ?

    Pour ce qui concerne la situation économique, il faut reconnaître que le Tchad sous la présidence du président Déby est extrêmement courageux dans ses interventions. Ce sont des guerriers nombreux qui se battent bien. Ils sont présents dans de nombreux conflits et ont joué un rôle extrêmement utile. Simplement, non seulement, ça a des conséquences en termes de sacrifices d’hommes puisqu’ils ont perdu pas mal d’hommes et de population civile. En plus, il y a les réfugiés, des déplacés. Mais ça a aussi des conséquences financières. Or le Tchad n’est pas un pays riche. Il a un certain nombre de ressources, notamment des ressources pétrolières. Mais comme le prix du pétrole s’est effondré, il a évidemment moins de ressources. En plus, il a un arriéré d’endettement. Il a à supporter les frais des expéditions militaires et il n’est pas encore à ce qu’on appelle « le point d’achèvement » [NDLR : Dans le cadre de l'initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE), la communauté internationale s'engage à fournir, à une date précise appelée point d'achèvement, une aide suffisante pour permettre au pays d'atteindre un niveau d'endettement soutenable]. Donc nous trouverions, nous la France, absolument légitime qu’il y ait des mécanismes qui soient trouvés pour l’aider du point de vue économique. Nous allons plaider en ce sens. J’aurais l’occasion d’appeler dans les jours qui viennent Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, qui connaît d’ailleurs très bien la situation, pour lui dire «nous demandons au Tchad comme d’ailleurs aux pays voisins des efforts considérables, il faut essayer de les aider sur le plan économique et financier». L’autre aspect qui est l’aspect démocratique, bien sûr nous sommes attentifs à toutes les élections, mais nous ne pratiquons pas d’ingérence intérieure.

    A Yaoundé, vous avez dit au président Paul Biya que le président François Hollande serait heureux de se rendre un jour à venir au Cameroun. Mais il y a eu des cas douloureux. Il y en a toujours comme le dossier du Français d'origine camerounaise Thierry Michel Atangana (emprisonné 17 ans pour détournement de fonds publics, ayant clamé toujours son innocence et libéré). Il reste le dossier de l’avocate franco-camerounaise, Lydienne Yen-Eyoum, en prison depuis plusieurs années. Est-ce que vous en avez parlé au chef de l’Etat camerounais ?

    J’adopte toujours la même attitude pour ces dossiers effectivement douloureux. Je ne fais pas de grandes proclamations publiques parce que, en général ça ne sert à rien, et même ça met les uns et les autres dans une position de blocage parce que si on met en cause telle ou telle institution, les choses se bloquent. En revanche, aussi bien le président de la République, que le Premier ministre et moi-même, à chaque fois que nous nous déplaçons dans un pays, nous abordons ces cas et nous essayons de faire en sorte qu’ils soient traités d’une manière humaine et positive. Sur l’autre aspect, la visite du président Hollande, c’est le souhait du président Français. Il n’a pas eu l’occasion jusqu’à présent de se rendre au Cameroun alors qu’il a pu se rendre dans tel ou tel autre pays voisin. Je sais que le président Biya, que nous avons reçu en visite officielle en France, serait très heureux de recevoir le président français et réciproquement. Donc nous allons essayer de trouver dans le calendrier très serré du président français des dates pour pouvoir se rendre au Cameroun. Je suis sûr que les Camerounais en seraient très heureux et nous, nous en serions aussi très heureux.
     


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