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    A la Une: en Côte d’Ivoire, une fronde au PDCI

    © AFP/Pius Utomi Ekpei

    Ils sont quatre candidats déclarés du Parti démocratique de Côte d’Ivoire. Ils ne veulent pas que les couleurs de leur formation politique, le PDCI, qui fut rappelons-le fondé par le « père de la nation ivoirienne, feu Félix Houphouët-Boigny, ne soit pas défendues par un candidat issu de cet ancien parti unique lors de l’élection présidentielle prévue à la fin de l’année ».

    « Ils », ce sont l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny, l’ancien ministre des Affaires étrangères de Félix Houphouët-Boigny et ancien gouverneur de la Bceao Amara Essy, mais aussi le député Kouadio Konan Bertin dit KKB et le professeur Jérôme Kablan Brou. Et « ils » se sont publiquement prononcés sur leur prochaine absence, demain au congrès du PDCI-RDA, et les raisons pour lesquelles ils rejettent « l’appel de Daoukro », du nom du fief de l’ancien président ivoirien Henri Aimé Konan Bédié et actuel président de leur parti, qui va faire demain entériner l’absence de candidature interne du PDCI à la présidentielle de cette année.

    Et ce matin, ces quatre mêmes dirigeants du PDCI sont en « Une » de la plupart des quotidiens ivoiriens, à l’exception notable de celle du journal Le Nouveau Réveil, proche du PDCI.

    Regards d’aigles et mines sereines, ils sont ainsi en « Une » du quotidien gouvernemental Fraternité Matin, sous ce titre relatif au congrès de leur parti demain : « Nous n’y serons pas ». Sur la photo, prise au sortir du restaurant L’Aboussouan à Treicheville, commune de l’agglomération d’Abidjan, Charles Konan Banny et Amara Essy ont tombé la cravate, Amara Essy lançant à l’objectif une œillade toute de détermination. Le quotidien ivoirien souligne notamment cette remarque de Charles Konan Banny durant la conférence de presse que les quatre hommes ont tenue hier à l’Hôtel Ivoire d’Abidjan. L’ancien président de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation a tenu à préciser que leur absence au congrès demain « n’entame en rien leur militantisme outré ». Et même si, écrit le confrère, cette « situation » est pour l’ancien parti unique du « déjà vu », Frat Mat de se demander dans un titre si le PDCI, ce « bateau » qui « prend eau de toutes parts », va « voler en éclats ». Avant de répondre que non.

    Le PDCI « aura son candidat », barrit en manchette L’Eléphant Déchaîné, c’est le « dernier mot » des quatre personnalités de ce parti que le journal satirique ivoirien appelle les « quatre mousquetaires ». Et après avoir qualifié « l’appel de Daoukro » de « coquille vide », L’Eléphant Déchaîné lance cette devinette : « Pourquoi le silence du RDR sur l’alternance en 2020 inquiète la base du PDCI malgré le vote à 500% pour l’appel de Daoukro à mains levées ? »

    « Banny, Essy, KKB, Brou sans pitié pour Bédié », enchérit Le Nouveau Courrier. Le journal ivoirien proche de l’ex-président Laurent Gbagbo note que ces quatre personnalités ont dit leur intention de défendre « jusqu’au bout » les résolutions du précédent congrès de leur parti en 2013, avant d’annoncer un « vrai congrès du PDCI » bientôt, rejetant par avance les conclusions de celui qui doit se tenir demain pour entériner « l’appel de Daoukro ».

    Dans la même veine, le quotidien Notre Voie, lui aussi proche de Laurent Gbagbo, note que les quatre hommes « défient Bédié ».

    Et le quotidien indépendant Soir Info que ces dissidents du PDCI « déclarent la guerre totale à Ouattara et Bédié ».

    Quant au journal L'Expression, il n'évoque rien moins qu’un « coup de force » des quatre hommes.

    A l’inverse, bien sûr, le quotidien Le Patriote les traite d’ « irréductibles ». Pour ce journal proche du président Ouattara, ils constituent la « bande des quatre », en référence à d’anciens dirigeants chinois démis de leurs fonctions à la mort de Mao, et Le Patriote estime que cette « bande », donc, se « ridiculise ».

    Et Le Nouveau Réveil dénonce en « Une » ce qu’il appelle la « campagne d’intox et d’injures des irréductibles ».

    Fespaco : que le spectacle continue !

    Au Burkina Faso, le festival du film africain Fespaco s’ouvre demain à Ouagadougou. Avec une interrogation sur la projection ou non du film Timbuktu. Passera ? Passera pas ? A la veille du coup d’envoi de la biennale du cinéma africain, c’est la confusion dans la presse africaine autour du film multi-cesarisé d’Abderrahmane Sissako. Ainsi, en Côte d’Ivoire, Koaci.com affirme de la façon la plus catégorique que Timbuktu « a été retiré de la compétition officielle du Fespaco pour raisons sécuritaires ». Le site d’informations en ligne ajoute que « cette difficile décision » a été prise avec l’accord du réalisateur du film. 

    Mais n’en déplaise au confrère abidjanais, la déprogrammation de Timbuktu est loin d’être actée. Et la presse burkinabè, ce matin , se garde bien de l’évoquer.

    Pour autant, cela ne veut pas dire que le spectacle doit aller de l’avant, comme on dit à Hollywood. « Tour de vis budgétaire oblige, le Fespaco, qui tire l’essentiel de ses subsides des ressources publiques, va, lui aussi, être soumis à la presse de dégraissage, prévient à Ouagadougou L’Observateur Paalga ; une cure d’amaigrissement, une diète noire en somme ». Et le quotidien ouagalais d’avertir que, cette année, la fête du 7e art africain sera donc « des plus sobres », avec la suppression de beaucoup de manifestations habituellement au programme.

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