GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 13 Décembre
Vendredi 14 Décembre
Samedi 15 Décembre
Dimanche 16 Décembre
Aujourd'hui
Mardi 18 Décembre
Mercredi 19 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    • Numérique: la France débutera le prélèvement de la taxe Gafa dès le 1er janvier 2019 (Le Maire)
    • Une armée du Kosovo est «irréversible», selon le président kosovar Hashim Thaci avant une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU
    • Brexit: accord entre la Suisse et la Grande-Bretagne sur le maintien des règles en vigueur dans le transport aérien
    • Football : l'Olympique lyonnais (France) affrontera le FC Barcelone (Espagne) en huitièmes de finale de la Ligue des champions
    • Football : le Paris Saint-Germain (France) affrontera Manchester United (Angleterre) en huitièmes de finale de la Ligue des champions
    • Gilets jaunes: Macron organise mardi une réunion à l'Elysée sur le grand débat
    • Industrie automoblie: le conseil d'administration de Nissan échoue à nommer un successeur à Carlos Ghosn (communiqué)
    • Sécurité routière: le nombre de morts sur les routes en recul de 1,8% en novembre (officiel)
    • Attentat de Strasbourg: un proche du tueur présenté à un juge d'instruction (parquet de Paris)

    Quel est le poids de la branche libyenne de l'EI?

    Wolfram Lacher. swp-berlin.org

    Comment comprendre le chaos en Libye : une situation de plus en plus complexe au fil des mois. Depuis août dernier, deux gouvernements et deux Parlements s’affrontent politiquement et militairement. L’ONU tente de réunir chacun à la table des négociations pour former un gouvernement d’union nationale, mais un nouvel acteur émerge de façon extrêmement violente : le groupe Etat islamique. Le chercheur allemand Wolfram Lacher est l’un des meilleurs connaisseurs de la Libye dont il revient tout juste. Il travaille pour l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité. Il est au micro de David Thomson.

    RFI : La présence de l'Etat islamique a été officialisée en novembre en Libye, est-ce que le groupe EI est depuis devenu un acteur important sur la scène libyenne ?

    Wolfram Lacher : D'un point de vue militaire, les groupuscules de tendance Etat islamique sont encore des acteurs marginaux en Libye. Ils ont une présence importante dans trois villes : Derna, Benghazi et Syrte. Mais même dans ces trois villes, ils partagent le terrain et rivalisent avec d'autres groupes jihadistes. Donc du point de vue territorial, ce groupe n'est pas encore un acteur majeur, mais c'est bien sûr un groupe très dangereux comme le montrent les attentats et les assassinats qu'il a revendiqués et qui attirent beaucoup d'attention au niveau international.

    Qui sont ces combattants de la branche libyenne de l'EI ?

    Ces combattants ne sont pas apparus du jour au lendemain. Ils s'installent dans un milieu qui s'est développé sur le long terme : les Libyens qui sont allés combattre en Afghanistan, plus tard en Irak et ces dernières années en Syrie. Et donc, ils recrutent surtout dans des villes comme Derna et Syrte qui ont déjà été les fiefs de ces réseaux à partir des années quatre-vingt-dix. Leur facilité à s'implanter dans une ville comme Syrte est due à l'absence de structures sécuritaires et aux conflits locaux qui se sont développés dans cette ville après la chute du régime Kadhafi.

    Depuis quelques semaines l'EI assure être présent dans la ville de Syrte. Le gouvernement de Tripoli répond que c'est faux et qu'il s'agit en fait kadafistes ? Cette thèse est-elle crédible selon vous ?

    Il y a bien sûr une possibilité d'instrumentalisation de cet Etat islamique, mais pour moi il n'y a pas de doute sur le fait qu'il y a un milieu jihadiste dans cette ville. Il est donc tout à fait possible que des groupuscules de l'EI s'y développent.

    Le gouvernement de Tripoli soutenu par la coalition de milices Fajr Libya, refuse de reconnaître l'existence de l'Etat islamique en Libye. Pourquoi ce déni ?

    Fajr Libya n'est pas un groupe homogène avec un leadership bien défini. C'est une alliance très hétérogène qui est d'ailleurs en train de se fractionner. Certaines forces au sein de cette alliance soutiennent le gouvernement de Omar al-Hassi à Tripoli, mais la plupart le tolèrent seulement. Et finalement, ce gouvernement ne contrôle rien. Omar al-Hassi et certains de ses conseillers ont franchement refusé de reconnaître que l'Etat islamique est responsable des attentats à Tripoli ou encore de la décapitation des coptes égyptiens. C'est une manière de rejeter toute responsabilité pour ces actes sur ses adversaires politiques c'est-à-dire sur le général Haftar et le leadership égyptien qui le soutient. Mais d'autres composantes de Fajr Libya reconnaissent le danger que représente l'Etat islamique et sont d'ailleurs entrées en confrontation avec les groupuscules jihadistes. C'est notamment le cas des forces de Misrata dans la région de Syrte.

    L'EI s'attaque d'abord aux forces pro-Haftar à l'Est, mais s'attaque aussi au gouvernement de Tripoli et aux milices Fajr Libya. Va-t-on vers une guerre civile entre groupes islamistes modérés et jihadistes ?

    S'il y a confrontation entre Fajr Libya et jihadistes, il ne faut pas voir cela en termes de confrontation entre islamistes modérés et radicaux. Fajr Libya comprend des éléments islamistes, mais ces éléments ne sont pas majoritaires dans cette alliance. Les forces de Misrata qui sont entrées en confrontation avec les groupes de l'Etat islamique dans la région de Syrte ne sont pas de tendance islamiste. Ce qui importe ici est moins la confrontation de tendances idéologiques que le rapport de forces dans la guerre civile qui fait qu'une confrontation avec les jihadistes est possible ou non.

    C'est-à-dire?

    C'est-à-dire qu'il ne peut pas y avoir une confrontation sérieuse entre les composantes de Fajr Libya et les jihadistes tant que les combats continuent avec les forces de Zintane à l'Ouest et avec les forces tribales sur le front d'al-Sedra dans le croissant pétrolier parce que cela reviendrait à ouvrir un troisième front. C'est pour cela que la seule option réaliste pour combattre les extrémistes en Libye est de surmonter la polarisation actuelle, de former une coalition politique qui marginaliserait les extrémistes de chaque bord à travers un gouvernement d'union nationale que la communauté internationale pourrait soutenir dans la lutte contre les extrémistes.

    Comment expliquer le paradoxe de voir la coalition jihadiste locale de Benghazi, qui comprend notamment Ansar al Charia et l'EI, être officiellement soutenue par le gouvernement de Tripoli alors que dans la ville de Syrte Fajr Libya est au bord de la confrontation armée avec les jihadistes de l'EI ?

    Il est clair que le conflit à Benghazi a ses spécificités. C'est un conflit qui existait déjà, avant l'escalade de ces derniers mois, avant que les conflits locaux ne se soient développés au point de devenir une guerre civile. C'est pour cette raison qu'à Benghazi, on voit une alliance beaucoup plus étroite entre les éléments jihadistes et les forces dites « révolutionnaires » qui constituent l'essentiel de Fajr Libya au niveau national.

    Le général Haftar vient d'être nommé chef de l'armée dite nationale libyenne par le Parlement de Tobrouk, le seul reconnu par la communauté internationale. Qu'est ce que cela change ?

    Les tentatives d’Haftar et de ses alliés pour contrôler les institutions en le nommant à des fonctions très hautes ont été la source de vives tensions au sein même du Parlement de Tobrouk, mais aussi entre les commandants d’Haftar et le gouvernement d'Abdallah al-Thini. Il y a eu une forte résistance au sein du Parlement contre cette nomination. Il est donc possible que l'on observe de plus en plus de fissures dans cette alliance de Tobrouk à cause de cette nomination d'Haftar. Il est possible aussi que cette nomination encourage les forces modérées de ce camp à se distinguer d’Haftar et à négocier un compromis. Le cas échéant, si l'alliance de Tobrouk tient et si Haftar consolide sa position, un compromis est tout à fait exclu.

    L'irruption de ce groupe Etat islamique en Libye est-elle une chance politique pour le général Haftar ?

    Haftar et ses alliés, au plan national et international, essayent d'instrumentaliser la menace jihadiste et de l'exagérer pour mobiliser du soutien à l'étranger. Pour Haftar, tous ses adversaires politiques sont des terroristes, que ce soit les groupes locaux, les Frères musulmans ou les jihadistes. L'irruption de l'Etat islamique est donc une opportunité pour ce camp pour mobiliser du soutien sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Mais pour l'instant, sur la scène internationale, la conviction qui prévaut, c'est que soutenir Haftar n'a aucune chance de parvenir à une stabilisation de la Libye et que la seule possibilité de faire face au développement de l'Etat islamique est de trouver une issue à la guerre civile en formant un gouvernement d'union nationale, une coalition politique qui ait réellement intérêt à combattre les extrémistes. Parce que pour Haftar, ce n'est pas le cas, au contraire. Haftar a besoin des extrémistes pour mobiliser du soutien à l'extérieur.

    Pensez-vous que les deux gouvernements de Tripoli et de Tobrouk puissent avoir intérêt à refuser les discussions de l'ONU actuellement menées par son représentant Bernardino Leon, dans l'espoir de gagner la guerre militairement sur le terrain ?

    La formation d'un gouvernement d'union nationale est toujours possible. Cela dit, à chaque fois qu'il y a un rapprochement entre les éléments modérés des deux camps, à chaque fois que des négociations paraissent possibles, on assiste à une escalade politique ou militaire destinée à torpiller ces négociations. D’ailleurs, on constate cela en ce moment même. Ce qui complique les tentatives de négociation, c'est surtout la diversité et la fragmentation des deux alliances. Des deux côtés, il y a des forces qui se voient en position privilégiée pour négocier un gouvernement d'union nationale et d'autres savent au contraire qu'ils seront forcément les perdants de tout compromis politique.


    Sur le même sujet

    • Libye

      Libye: une nouvelle ambassade visée par un attentat du groupe EI

      En savoir plus

    • Libye / Groupe Etat Islamique

      Libye: une branche libyenne de l'EI revendique les attentats d'al-Qoba

      En savoir plus

    • Libye

      Attaque d’un hôtel en Libye: le groupe EI étend son influence

      En savoir plus

    • Libye

      Libye: des jihadistes du groupe EI se font exploser dans un hôtel

      En savoir plus

    • Libye / Tunisie

      Le groupe EI en Libye dit avoir tué deux journalistes tunisiens

      En savoir plus

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.