GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 15 Octobre
Lundi 16 Octobre
Mardi 17 Octobre
Mercredi 18 Octobre
Aujourd'hui
Vendredi 20 Octobre
Samedi 21 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.

    Michel Djotodia: «L’accord de Nairobi est un accord exceptionnel»

    Michel Djotodia lors d'une conférence de presse à Bangui en décembre 2013. REUTERS/Herve Serefio

    L'ancien président centrafricain Michel Djotodia s'est très peu exprimé depuis qu'il a quitté le pouvoir en janvier 2014 lors du sommet de Ndjamena. Il reste pourtant le chef de l'ancienne alliance rebelle Seleka et à ce titre l'un des principaux acteurs de la crise actuelle. Ces derniers mois, il a négocié à Nairobi, au Kenya, un accord de paix avec des représentants des milices anti-balaka et avec l’ex-président François Bozizé. Accord rejeté par les autorités de Bangui qui n'y ont pas été associées. Et considéré comme de « nul effet » par les pays d'Afrique centrale. Michel Djotodia, pourtant, persiste à croire que ce texte offre de vraies solutions de sortie de crise pour la Centrafrique. Il l’a redit, dans cette interview exclusive à RFI.

    RFI : Quel bilan faites-vous de la transition telle qu’elle s’est poursuivie après votre départ ?

    Michel Djotodia : Un constat amer, parce que lorsqu’on était à Ndjamena, on me disait que j’étais un obstacle pour un retour définitif de la paix… Mais malheureusement la paix n’est pas revenue après mon départ. On a assisté à la destruction de milliers de maisons des musulmans et des chrétiens. On a détruit plus de 465 mosquées. On a déchiré le Coran. On a tué des gens. Des gens ont pratiqué le cannibalisme chez nous. Donc, vraiment, c’est triste. Et jusque-là, on n’arrive pas à maîtriser la situation. La paix est précaire chez nous en Centrafrique alors qu’on disait que, si je partais, une semaine ou deux après, ce serait la paix. Mais malheureusement voilà, nous sommes en train de vivre une page sombre de l’histoire de notre pays.
     
    Qui est responsable selon vous de cette poursuite des violences ?
     
    Je ne peux pas dire qu’untel ou untel est responsable. Il y a une transition qui est mise en place, il y a la communauté internationale qui est là. C’est à ces deux entités de prendre leurs responsabilités et de ramener la paix.
     
    Qu’est-ce qui vous semble nécessaire, Michel Djotodia, pour sortir la Centrafrique de la crise ?
     
    J’aimerais que vous jetiez un coup d’œil sur l’accord qui a été rédigé ici entre les anti-balaka et l’ex-Seleka. C’est un accord exceptionnel. Exceptionnel. Qui devait, en principe, ramener la paix définitivement en République centrafricaine. Malheureusement il a été rejeté.
     
    Et dans l’accord que vous aviez réussi à trouver, qu’est-ce qui vous semblait le plus important pour ramener la stabilité en Centrafrique ?
     
    Bon, vous savez, je n’ai pas l’accord avec moi. Comme je vous le disais tantôt, si vous pouvez parcourir l’accord… c’est un truc volumineux.
     
    L’accord a été considéré comme « nul et de non effet » par les pays d’Afrique centrale. Du coup, est-ce que vous souhaitez que les chefs d’Etat d’Afrique centrale reviennent sur leur décision concernant cet accord de Nairobi ?
     
    Je ne peux pas obliger un chef d’Etat à revenir sur sa décision. S’ils reviennent sur leur décision, c’est bon. S’ils ont d’autres propositions qui puissent ramener la paix chez nous, c’est une très bonne chose. Nous, on nous a demandé de venir nous asseoir et de trouver les solutions qu’il faut pour que notre pays retrouve la paix. Si ça a été rejeté, peut-être qu’ils ont d’autres propositions à faire ? Le peuple attend toujours…
     
    Est-ce que, selon vous, il faut une nouvelle transition en Centrafrique ? C’est l’un des points que vous aviez souhaité faire figurer dans cet accord de Nairobi.
     
    Oui, il y a eu ce problème qui a été soulevé, bon mais si les gens disent que « non, il n’y aura pas une troisième transition », ils ont leurs raisons.
     
    A quelle condition est-ce qu’un processus de DDR (Démobilisation, désarmement et réinsertion) vous semble possible pour les combattants de l’ex-Seleka ?
     
    Seulement si tout le Nord se reconnaît dans ce qui va se faire. Les populations du Nord ont des raisons de soutenir l’ex-Seleka. Si les conditions ne sont pas remplies, je ne vois pas pourquoi ils vont se faire désarmer pour après se faire assassiner. On se connaît, nous Centrafricains. Aussitôt que les ex-Seleka seront désarmés, ce sera maintenant un carnage. Et personne ne viendra comme d’habitude à notre secours, nous du Nord. Puisqu’on est considérés comme des animaux, pas comme des êtres humains. Depuis plus de cinquante et quelques années, c’est ce qui se passe… Il faut qu’on sache : ou bien nous appartenons à la communauté centrafricaine, ou non !
     
    Il faut donc, selon vous, qu’on donne des garanties de sécurité aux populations musulmanes pour qu’un DDR des combattants de l’ex-Seleka soit envisageable ?
     
    Non seulement à la population musulmane, mais à tout le monde… Aux chrétiens du Nord, du Sud, de l’Est, de l’Ouest. A tout le monde. Nous voulons la paix sur tout le territoire. L’affaire de la Centrafrique est profonde. Il faut aller en profondeur pour trouver les solutions qu’il faut. Moi, j’ai trop fait pour la paix ! J’ai donné mon pouvoir pour la paix ! C’est ce que personne n’osera faire, et je l’ai fait. On est en train d’aider les gens à trouver des solutions, les gens n’en veulent pas. Bon nous on est là à l’écart… Il y a des préalables, mais les gens ne veulent pas écouter parler de ces préalables. Donc qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ?
     
    Quels sont les préalables selon vous pour un retour à la paix ?
     
    En tout cas se référer à l’accord de Nairobi. Ceux qui se sont battus sont venus se retrouver et disent : « Nous on fait la paix de cette manière, de cette manière. Voilà les conditions. » Ce sont deux personnes qui se battent. Ce n’est pas tout le pays ! Donc, si les deux qui se battent s’assoient autour d’une table et disent « on fait la paix », pourquoi refuser ? On ne peut que les accompagner !
     
    Est-ce que vous envisagez de rentrer à Bangui ?
     
    Pour l’instant, non. Pour l’instant je n’ai aucune intention d’y aller.
     
    Est-ce que vous souhaitez que vous ou vos partisans participent au Forum de Bangui ?
     
    Moi personnellement je n’irai pas à Bangui participer à ce forum. Si Madame la présidente Samba-Panza estime que nous sommes des Centrafricains et qu’on peut participer à ce forum, il y aura une délégation de l’ex-Seleka.
     
    Quel est le message que vous souhaitez qu’on porte en votre nom lors du Forum de Bangui ?
     
    Moi, je souhaite la paix, et je souhaite une paix durable en République centrafricaine. Voilà mon message. Je veux la paix pour tout le monde sans exception.
     
    Le médiateur kényan vous demande de vous engager à ne plus faire de politique jusqu'à la fin de la transition, est-ce que vous êtes prêt à prendre cet engagement ?
     
    Il fallait dès le départ m’interdire d’être Centrafricain. J’aurais compris. Maintenant que vous avez laissé passer ça, que je suis Centrafricain, c’est la mort seulement qui peut m’interdire de prendre part à la vie politique de mon pays. Moi, je suis Centrafricain. Si je ne le suis pas, qu’on me le dise…
     
    Est-ce que vous souhaitez être candidat aux prochaines élections présidentielles ?
     
    Pour l’instant, je n’ai aucune intention.


    Sur le même sujet

    • République centrafricaine / Kenya

      RCA: les signataires défendent l’accord de Nairobi

      En savoir plus

    • RCA/ONU

      L’ONU en Centrafrique pour évaluer la situation sécuritaire

      En savoir plus

    • RCA

      Centrafrique: arrestation sous tension d'un chef de l'ex-Seleka

      En savoir plus

    • Invité Afrique soir

      RCA: pour Jean Willybiro Sako, l'échéance des élections en juin «n'est pas tenable»

      En savoir plus

    • République centrafricaine

      RCA: les consultations populaires enfin possibles dans le nord-est

      En savoir plus

    • RCA / Justice / CPI

      Bientôt une Cour pénale spéciale en RCA?

      En savoir plus

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.