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    Taïeb Baccouche: «Ils visaient le processus démocratique» en Tunisie

    Taieb Baccouche, ministre tunisien des Affaires étrangères. AFP

    L'attaque terroriste d'hier, mercredi 18 mars, au musée du Bardo à Tunis a eu lieu alors que le nouveau ministre tunisien des Affaires étrangères (en poste depuis février) était en France. Taïeb Baccouche a tenu une conférence de presse improvisée mercredi soir à l'ambassade de Tunisie à Paris en compagnie de Laurent Fabius, son homologue français.

    RFI : La violence en plein cœur de Tunis, est-ce que vous vous y attendiez ?

    Taïeb Baccouche : A vrai dire non. C'est-à-dire que nous sommes conscients que le terrorisme peut frapper n’importe où et n’importe quand. Il a frappé la France, il y a quelques semaines. Nous savions que le terrorisme peut frapper, à n’importe quel moment et n’importe où, mais il a bien choisi le moment. Le Parlement à côté était en train de discuter la nouvelle loi anti-terroriste, je pense qu’ils ont choisi le lieu et le moment. Peut-être qu’ils ont visé le Parlement, mais qu’ils n’ont pas réussi à pénétrer dans l’enceinte du Parlement, ils ont choisi donc le maillon faible, un temple de la culture, pas suffisamment gardé, c’est évident où il y a des touristes qui viennent justement se ressourcer dans ce temple de la culture et de la civilisation qu’est un musée aussi imposant et aussi grandiose qu’est celui du Bardo.

    Pour vous, qui était visé ?

    Ce qui est visé, c’est le processus démocratique réussi par la Tunisie, c’est la deuxième République, c’est l’Etat tunisien et ses institutions démocratiques nouvelles. C’est ça ce qui est visé, parce que le terrorisme est anti-étatique, anti-démocratie. C’est ça ce qui est visé. C’est le symbole aussi, la réussite d’un processus démocratique.

    Pour cette attaque, selon vous, il faut regarder du côté d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou du côté de l’organisation de l’Etat islamique ?

    Il n’y a pas de différence. Ce sont des appellations différentes, mais l’esprit est le même, les objectifs sont les mêmes, les méthodes sont pratiquement les mêmes à quelques nuances près. Ce sont des appellations, que ce soit al-Qaïda, Aqmi, Daesh, c’est la même chose.

    Est-ce que vous faites un lien avec la situation libyenne ?

    Incontestablement. Tant qu’il y a ce talon d’Achille qui est la situation chaotique en Libye, l’absence d’Etat, l’absence d’institution, la situation évidemment est favorable au développement du terrorisme. C’est pour cela que nous estimons qu’il y a une responsabilité de toute la région y compris de toute l’Europe, pour se concerter, pour lutter ensemble contre le terrorisme et pour stabiliser la Libye non pas par la force, mais par la politique et la diplomatie. Il faut trouver une solution politique négociée, consensuelle pour avoir un seul gouvernement en Libye qui soit capable de lutter contre le terrorisme.

    Vous, le gouvernement tunisien avec qui discutez-vous en Libye ? Avec le gouvernement de Tobrouk, reconnue par la communauté internationale, ou avec le gouvernement de Tripoli ?

    Nous discutons avec toutes les parties, tous viennent en Tunisie et nous accueillons tout le monde. Nous avons une situation assez particulière en Tunisie puisque 80% des Tunisiens qui sont en Libye sont du côté occidental, c'est-à-dire du côté du gouvernement de Tripoli, 20% seulement de l’autre côté. Donc pour nous, il ne s’agit pas de faire du distinguo entre légitime et non légitime, il s’agit de voir la réalité et l’intérêt aussi bien du peuple libyen que du peuple tunisien.

    Que faut-il faire pour éviter de nouveaux actes de violence sur le sol tunisien ?

    Stabiliser la Libye, c’est quelque chose de fondamental, accentuer la vigilance également, mais aussi doter les forces de l’ordre et l’armée tunisienne de moyens efficaces pour contrôler les frontières et pour empêcher le passage des armes et des terroristes. Là aussi, c’est quelque chose d’important et ça a fait l’objet des négociations que j’ai mené ici en France, avec nos amis aussi bien du ministère des Affaires étrangères que le ministère de la Défense, que du ministère de l’Intérieur.

    Quel message adressez-vous aux Tunisiens ?

    Qu’ils soient vigilants, qu’ils soient solidaires et qu’ils soient confiants dans l’avenir, car le terrorisme n’a pas d’avenir.

    Et quel message adressez-vous aux touristes qui ont payé un lourd tribut lors de cette attaque, ce mercredi ?

    De considérer que le but visé par les terroristes ne doit pas leur faire peur, que la vie continue, que le tourisme continue, que l’économie doit se développer, que la solidarité aussi doit se développer et que nous ne devons pas jouer le jeu des terroristes en ayant peur du terrorisme, car le terrorisme peut frapper tout le monde n’importe où et n’importe quand.


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