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    Annick Girardin: «l'objectif c'est zéro carbone, zéro pauvreté»

    Annick Girardin, secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie. RFI

    Un accord universel et contraignant au mois de décembre prochain à Paris pour contenir le réchauffement climatique sous la barre des 2° Celsius :c'est la grande ambition du gouvernement français. Pour préparer cette conférence Paris-Climat 2015, la secrétaire d’État française au Développement et à la Francophonie est en tournée dans trois pays d'Afrique de l'Est, l'Ethiopie, la Tanzanie et le Kenya. En ligne d'Addis Abeba, Annick Girardin revient en premier lieu sur le drame que vient de vivre le Kenya.

    RFI : Après les 17 morts de Paris en janvier, voici les 148 morts de Garissa au Kenya. Est-ce que le monde prête la même attention aux victimes du terrorisme au Kenya ? Est-ce qu’il n’y a pas deux poids, deux mesures ?

    Annick Girardin : Non, je ne pense pas. Après Paris, après Tunis, aujourd’hui la solidarité internationale s’exprime au Kenya parce que le terrorisme a encore frappé. Je crois que c’est un terrorisme encore plus abject parce que celui-ci s’attaque aux jeunes, aux enfants, à l’éducation et on voit bien quelle est la stratégie.

    Et le Kenya est durement touché depuis deux ans, depuis l’attentat contre le Westgate de Nairobi en septembre 2013. Est-ce que, du coup, ce pays ne va pas baisser la garde face à la menace des Shebabs de Somalie ?

    Non, je ne crois pas. J’aurai des débats avec les différents ministres dans quelques jours puisque ma visite commence d’abord en Ethiopie, mais je crois que, honnêtement, la vigilance restera de mise sur tous les fronts, si on peut parler comme ça.

    Est-ce que le Kenya ne va pas être tenté de retirer ses troupes de Somalie ?

    Ce n’est pas une annonce faite aujourd’hui et ce n’est pas d’actualité.

    Que pensez-vous de l’idée de construire un mur entre les deux pays, entre le Kenya et la Somalie, pour protéger le territoire kényan ?

    Ce sont des idées ou des avis qui arrivent comme ça, sur le coup, et puis quand on réfléchit, après coup, généralement ce n’est pas une solution.

    Ce jeudi, vous serez au Kenya, quel est le sens de votre visite à Nairobi ?

    Le sens de cette visite à Nairobi est à la fois, bien sûr, d’exprimer la solidarité de la France après ces évènements dramatiques, mais c’est aussi parler climat, parler développement, avec l’organisation notamment à Paris de la conférence climat en décembre prochain.

    Ethiopie, Tanzanie, Kenya, vous faites actuellement une tournée dans l’Est du continent pour préparer cette conférence climat, mais les pays africains sont de très faibles émetteurs de gaz à effet de serre ?

    Les pays africains émettent peu et sont les plus touchés aujourd’hui par le dérèglement climatique. Moi, je suis venue sur le terrain pour voir avec eux, puisqu’ils sont en première ligne face aux impacts, toutes les solutions qu’ils ont pu apporter. Par exemple, le Gabon vient de déposer sa contribution, la première contribution africaine, pour préparer la conférence de Paris. L’objectif de tous ces pays, comme les nôtres d’ailleurs, c’est un avenir « zéro carbone, zéro pauvreté ». Ici, par exemple en Ethiopie, des énergies renouvelables sont au cœur des solutions. J’arrive du plus grand parc d’éolienne d’Afrique qui est à Mekele, que je viens de visiter, et où on peut se féliciter des solutions apportées. Les autres problématiques sont aussi des questions de déforestation ou de désertification, il nous faut apporter des réponses à Paris, en décembre prochain, à toutes ses problématiques.

    La priorité pour tous ces pays que vous visitez, c’est l’approvisionnement en électricité notamment, est-ce qu’on peut conjuguer le développement économique et la réduction des gaz à effet de serre ?

    C’est le pari de l’Afrique, mais c’est un pari que l’Afrique ne gagnera pas seule. C’est pour ça que Paris en décembre 2015, c’est aussi la solidarité des pays aujourd’hui industrialisés qui ont largement pollué cette planète, mais les premiers signes ont déjà été donnés. Je vous donne l’exemple du Fonds vert, la France a été l’un des premiers pays à s’engager avec l’Allemagne. Un milliard de dollars pour les pays pauvres de la part de la France, de l’Allemagne. Et on est à 10 milliards aujourd’hui sur le Fonds vert, c’est déjà un premier signe de solidarité.

    Annick Girardin, vous qui venez de Saint-Pierre-et-Miquelon, un archipel voisin du Canada, qu’est-ce que vous attendez de l’Afrique dans la conférence climat 2015, face à des pays comme le Canada qui rechignent à faire les efforts nécessaires contre les gaz à effet de serre ?

    Je crois que l’Afrique donne une belle leçon à tous ceux qui aujourd’hui ont des positions encore très bloquées. Maintenant, le rôle de la France, qui assumera la présidence de l’organisation de cette COP 21 à Paris, est de faire en sorte, par le dialogue, de trouver un terrain d’entente, un rapprochement des différentes lignes entre les différents pays industrialisés, les pays très vulnérables que sont l’Afrique ou les Etats insulaires, les pays émergents. Nous avons ce travail à faire.

    Et pour l’instant, le premier producteur de gaz à effet de serre à savoir la Chine n’a fait aucune promesse de réduction de ces émissions de gaz. Qu’est-ce que vous attendez de l’Afrique face à ce problème ?

    La Chine a quand même bougé, on ne peut pas dire que la Chine n’a rien fait aujourd’hui, c’est faux. Les Etats-Unis comme la Chine ont largement bougé leurs lignes. Jusqu’aujourd’hui, l’Europe est leader et a montré la route, les pays d’Afrique se mobilisent. Vous savez l’Afrique, ce sont des pays vulnérables et très nombreux, leur voix est importante.

    Ce voyage en Afrique, est-ce une façon de convaincre vos partenaires africains d’être à vos côtés face aux derniers pays émergents comme la Chine et l’Inde ou le Brésil qui ne veulent pas faire les efforts nécessaires avant la conférence de décembre prochain à Paris ?

    Toutes les occasions de cette année 2015 de rencontres et de dialogues sont importantes pour faire avancer cette négociation, tant en Afrique, ici, bien sûr qu’avec les Etats insulaires. C’est le travail qui m’a été confié par Laurent Fabius, c’est ce que je fais au quotidien et c’est ce que je fais, ici, en Afrique et c’est ce que fait l’Afrique avec nous.

    Donc la stratégie est peut-être d’isoler les derniers pays récalcitrants pour faire ces efforts pour décembre ?

    Je n’utiliserai peut-être pas le mot isoler. Il faut que ceux qui se sont isolés par eux-mêmes regagnent la dynamique collective qui, depuis New York dernier, monte largement.

    Et pour ça, l’Ethiopie peut être un bon allié, un bon partenaire ?

    L’Ethiopie l’est, l’Egypte également, l’Afrique du Sud, le Gabon qui vient d’apporter sa contribution. En Afrique, ça bouge et dans plusieurs pays.


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