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    Génocide au Rwanda : «Que la France reconnaisse sa responsabilité»

    Le président rwandais Paul Kagame allume la flamme du souvenir au mémorial du Kigali, lors de la commémoration des 21 ans du génocide, le 7 avril 2015. AFP/Stéphanie Aglietti

    La présidence française a annoncé, mardi 7 avril, la déclassification des archives de la présidence française sur le génocide rwandais. L'accès à ces documents pourrait permettre d'en savoir plus sur le rôle de la France durant la période avant, pendant et après le génocide. RFI a interviewé Jean Baptiste Bizimana, ancien sénateur du Front patriotique rwandais (FPR), parti au pouvoir, et Secrétaire exécutif de la Commission nationale de lutte contre le génocide. Cette instance mène des actions de prévention dans les écoles et c’est l’une des plus impliquées dans l’organisation des commémorations du génocide des Tutsis par les Hutus qui a fait ,d’avril à juillet 1994, environ 800 000 morts, selon les Nations unies.

    RFI : Quelle est votre réaction à la décision de la présidence française de déclassifier d’importants documents concernant les relations entre la France et le Rwanda entre 1990 et 1995 ?

    Jean-Damascène Bizimana : Je ne sais pas si on peut les qualifier « d’importants documents » puisque je ne les ai pas lus. Mais le deuxième élément, c’est qu’il y a un retard significatif. En effet, une déclassification des documents, 21 ans après, on peut s’interroger sur ce retard et sur cette durée qui est quand même très longue.

    Est-ce que c’est un premier pas ?

    C’est une bonne chose parce que si c’est ces documents ont été déclassifiés tels qu’ils sont, si les éléments essentiels n’ont pas été filtrés pour finalement proposer au public des documents qui ne contiennent rien ou qui ne contiennent pas grand-chose, ce serait le seul problème. Si réellement les documents sont tels qu’ils sont, s’ils dévoilent les faits ainsi que toutes les preuves, comme le Rwanda les a d’ailleurs présentés lors de la présentation du rapport sur le rôle de la France dans le génocide, ce serait important.

    Vous avez de sérieux doutes là-dessus. Avez-vous des raisons de soupçonner les autorités françaises de cacher une partie de la vérité et de dévoiler seulement une partie, peut-être la moins compromettante de l’histoire ?

    Tout être humain peut se poser des questions sur le dévoilement des dossiers et des documents qui se fait seulement 21 ans après. Sur ce retard, pourquoi a-t-on attendu 21 ans d’autant plus qu’un certain nombre de Français ont travaillé sur cette question depuis 1994 et qui, en 2004, ont publié un dossier complet sur une certaine partie des archives, en demandant la déclassification totale. Cela fait donc maintenant 11 ans que des Français se sont réunis et ont demandé cette déclassification qui n’a pas été faite. Pourquoi ce retard ?

    Est-ce que cette déclassification est suffisante ? Est-ce que vous demandez que le ministère de la Défense, le ministère des Affaires étrangères et la direction des Renseignements militaires déclassifient également leurs documents pour bien comprendre ?

    Ce n’est pas nous qui le demandons. Des citoyens français, à travers des associations comme Survie France, le Collectif des parités civiles pour le Rwanda, des associations comme Ibuka France ou encore des associations comme SOS Racisme et autres ont déjà demandé, depuis plus de 20 ans, la déclassification des dossiers. Jusque-là, il y avait eu un silence complet.

    Que peuvent révéler ces documents, selon vous ?

    Je ne peux pas présager le contenu de documents que je n’ai pas déjà lus. Ce que je sais, c’est que la France a joué un rôle qui ne fait plus de doute, que ce soit dans la préparation du génocide et notamment à travers le formation des milices, à travers l’entraînement militaire, à travers le contrôle des barrières, à travers la fourniture d’armes, un soutien politique et diplomatique… donc, cela ne fait plus de doute quant à ce soutien politique de la France. Peut-être que si ces documents pouvaient montrer le degré d’implication, à mon sens, ce serait un pas qu’on franchirait.

    Au niveau du dispositif Noroît, donc avant le génocide, mais également au niveau de l’opération Turquoise, avant, après et pendant le génocide, la France a-t-elle été complice, selon vous ?

    Le rapport Mucyo - rapport qui a été publié par le gouvernement rwandais en 2008 - a démontré que la France a joué un rôle d’ « auteur de crime et de génocide » que ce soit avant - à l’époque de sa préparation et de sa planification - au moment même de l’exécution du génocide, mais aussi après l’exécution du génocide. Il y a donc trois étapes de l’implication de la France dans le génocide des Tutsis en 1994 et plus particulièrement entre 1990 et 1994. Trois étapes qui correspondent à une période de planification et une période d’exécution.

    Est-ce que cette décision du président François Hollande peut être de nature à apaiser les relations diplomatiques, actuellement très tendues entre la France et le Rwanda ? Nous savons que le président Kagame s’est rendu en France, le mois dernier, sans rencontrer un seul membre des autorités officielles françaises.

    C’est une affaire qui regarde d’abord les Français puisqu’il y a des citoyens français qui ont demandé la déclassification des documents et cela depuis juillet 1994 déjà. Il s’agit donc d’une demande du gouvernement français qui répond à une demande qui lui a été adressée par les citoyens français.

    Cette décision peut-elle permettre, néanmoins, de générer un réchauffement dans les relations entre la France et le Rwanda ?

    Je ne vais pas entrer dans cette question parce que le Rwanda se construit. Le Rwanda a une coopération avec un certain nombre de pays, donc je crois que la question sera gérée par des Etats compétents.

    Selon vous, quels gestes supplémentaires, la France pourrait-elle accomplir ?

    Que la France reconnaisse sa responsabilité, tout simplement, et l’entière responsabilité dans les crimes qui ont été commis au Rwanda de 1990 à 1994. La France est dans le génocide. Je n’ai pas dit que la France est le seul responsable.
     


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