GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 9 Novembre
Dimanche 10 Novembre
Lundi 11 Novembre
Mardi 12 Novembre
Aujourd'hui
Jeudi 14 Novembre
Vendredi 15 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.

    Nigeria: «les tactiques de Boko Haram vont sans doute changer»

    Des Nigérianes se sont rassemblées à Abuja ce 14 avril 2015, un an après l'enlèvement de plus de 200 filles par Boko Haram à Chibok. REUTERS/Afolabi Sotunde

    John Campbell, ancien ambassadeur des États-Unis au Nigeria, et chercheur au Council on Foreign relations, un think tank non partisan et crédible basé à Washington est notre invité. Avec Nicolas Champeaux, il fait le point sur la lutte contre Boko Haram. Sur ce front, il pense que Muhammadu Buhari, le président élu du Nigeria, fera mieux que son prédécesseur Goodluck Jonathan.

    RFI : Diriez-vous que le gouvernement du Nigeria et l'armée nigériane auraient pu faire plus pour retrouver et libérer les jeunes filles de Chibok ?

    John Campbell : Au Nigeria, la majorité des gens pensent que le gouvernement de Goodluck Jonathan aurait pu faire plus. D’ailleurs, le président élu Muhammadu Buhari a fait campagne sur deux axes : le premier c’était la lutte contre la corruption ; le deuxième axe a consisté à critiquer le manque d’implication de l’administration de Jonathan dans la lutte contre Boko Haram.

    De mon point de vue, si les forces de sécurité du Nigeria avaient réagi immédiatement après le kidnapping, si elles avaient essayé de pourchasser les preneurs d’otage, ou de suivre leurs traces au moins dans les deux jours après l’enlèvement, elles auraient augmenté les chances de libération. Or les militaires nigérians n’ont virtuellement rien entrepris durant les premières semaines qui ont suivi l’enlèvement.

    Cela a froissé, semble-t-il, les États-Unis. Quel bilan faites-vous des relations entre les États-Unis et l'administration de Goodluck Jonathan sur le front de la sécurité et de la lutte contre Boko Haram ?


    Les relations entre les États-Unis et le Nigéria, de façon générale, sont solides. Mais il y a eu des secousses, c’est une évidence, au niveau de la coopération sécuritaire. En décembre par exemple, il y a eu cet épisode troublant, lorsque les Nigérians ont brutalement annulé, de façon totalement unilatérale, une formation militaire dispensée par les Américains. Donc, il y a eu des hauts et des bas dans les relations. Et puis de nombreux rapports ont fait état de militaires nigérians envoyés sur le terrain avec des réserves de munitions tout à fait insuffisantes, cela n’a échappé à personne, en tout cas les amis du Nigeria qui suivaient l’évolution de la situation étaient déçus.

    Muhammadu Buhari, le président du Nigeria, a dit qu'il ferait de son possible pour libérer les filles de Chibok, mais il est resté prudent, il n'a pas promis qu'il allait les libérer...

    C’est vrai, et sa prudence est louable, et elle est tout à fait appropriée. Il a clairement dit qu’il ferait de son possible pour libérer les filles de Chibok, mais il a dit qu’il ne savait pas où elles se trouvaient, et c’est réaliste, je pense que personne ne sait où elles se trouvent.

    Pensez-vous que Muhammadu Buhari parviendra à réformer l'armée nigériane, à la rendre plus efficace, plus opérationnelle, plus motivée ?

    Je pense que la volonté politique est là. Mais la tâche sera rude, c’est une mission qui va prendre beaucoup de temps, et qui va coûter cher. Je parle d’argent, car le gouvernement nigérian est toujours très dépendant des revenus du pétrole, qui représente environ70 % du budget national annuel, or le prix du baril a chuté au cours des douze derniers mois.

    Buhari devra aussi remonter le moral des troupes, qui est bas. Il devra aussi se pencher sur les problèmes de coordination entre la police et l’armée, mais aussi sur les problèmes au niveau de la formation et au niveau des équipements militaires.

    Personnellement, j’encouragerais le président Buhari à mettre sur pied une commission d’enquête sur les soupçons de violations des droits de l’homme qui pèsent sur les forces de sécurité du Nigeria, car une enquête crédible sur ces allégations permettra d’augmenter le niveau de coopération militaire avec les États-Unis, mais aussi avec la Grande-Bretagne.

    Au Nigeria, malgré les succès militaires contre Boko Haram ces derniers mois, les insurgés (selon un décompte que vous avez mené vous-même) ont tout de même tué 92 civils dans cinq villages différents de l'État de Borno, entre le 4 et le 9 avril. Sont-ils, selon vous, en mesure d'organiser un rapt spectaculaire de jeunes filles de l'envergure du rapt de Chibok ?

    Oui, tout à fait. Boko Haram a été chassé de nombreux villages que le groupe occupait, mais Boko Haram n’a pas été vaincu. Les insurgés sont capables de mener de nouvelles opérations de kidnappings. Les tactiques de Boko Haram vont sans doute changer, le groupe va sans doute renouer avec ses méthodes de 2011 et 2012, en s’attaquant à des cibles faciles, notamment par le biais d’attentats kamikazes. Vaincre Boko Haram prendra du temps, et les nouveaux dirigeants du pays pour l’emporter devront aussi s’attaquer aux défis socio-économiques du nord-est du pays ; c’est la meilleure méthode pour asphyxier les insurgés.

    Muhalladu Buhari, qui vient du nord, peut-il être la personne adéquate pour s'attaquer à ces problèmes socio-économiques du nord du pays ?

    Oui, je pense que Buhari est bien placé pour s’attaquer à tous ces défis.


    Sur le même sujet

    • Nigeria

      Un an après leur enlèvement, que sont devenues les lycéennes de Chibok?

      En savoir plus

    • Nigeria

      Gouvernatoriales au Nigeria: la nouvelle donne politique confirmée

      En savoir plus

    • Nigeria

      Nigeria: un an après, les lycéennes de Chibok toujours introuvables

      En savoir plus

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.