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    Djibouti: le secrétaire général de l’opposition espère la liberté pour les médias

    Le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh refuse de signer l'accord négocié entre son directeur de cabinet et l'opposition. AFP PHOTO/KARIM SAHIB

      Où en est-on du dialogue entre le pouvoir et l’opposition djiboutienne à un an de la présidentielle, prévue en avril 2016 ? La signature d’un accord-cadre, fin décembre, a mis fin à plus de deux années de crise ouverte après les législatives de 2013 que l’opposition estimait avoir remportées. Finalement, l’Union pour le salut national (USN), coalition de sept partis d’opposition, a accepté de retourner à l’Assemblée nationale. Mais qu’a-t-elle obtenu en échange ? Où en est-on de la mise en place d’une commission électorale indépendante ?
      Pour en parler, Florence Morice reçoit ce matin Abdourahman Mohamed Guelleh. Il est le secrétaire général de l’USN et le président du parti Rassemblement pour l’action, la démocratie et le développement écologique (RADDE). Il est de passage à Paris dans le cadre d’une tournée européenne.

      RFI : Après deux années de crise ouverte, en décembre dernier, l’opposition a signé un accord avec le gouvernement. Qu’est-ce que cet accord a changé concrètement ?

      Abdourahman Mohamed Guelleh : L’opposition djiboutienne était criminalisée : arrestations et emprisonnements arbitraires, interdictions de tenir des meetings publics, interdictions de voyager. Il y a une réalité aujourd’hui, c’est positif, nous avons retrouvé tous ces droits qui étaient bafoués, confisqués. Mais tout cela, ce n’est qu’un début. Il reste à concrétiser les points sur lesquels nous nous sommes mis d’accord pour sortir ensemble de cette crise qui malmène notre pays.

      Les promesses qui étaient contenues dans cet accord ont-elles été tenues ?

      Il reste beaucoup à faire. C’est le quatrième mois sur lequel nous discutons, dialoguons et nous sommes toujours sur le premier point. Donc, c’est vrai il y a un blocage au niveau de la Céni (Commission électorale nationale indépendante), mais le statut de l’opposition a été négocié, c’est dans le sens positif, même si nous restons bloqués sur un point : sur la liberté des médias. Il n’est pas du tout normal et c’est insensé de voir dans notre pays qui se dit démocratique qu’on a une seule radio et une seule télévision. Donc, j’espère que les pouvoirs en place vont entendre et aller de l’avant pour qu’ils puissent autoriser l’opposition djiboutienne le droit d’avoir des radios et des télévisions.

      L’accord prévoyait notamment la légalisation de tous les partis qui composent votre coalition. Où en est-on de ce côté-là ?

      Cette liberté politique, nous l’exigeons. J’espère qu’on y arrivera.

      Vous aviez mis en place une Assemblée nationale parallèle, vous l’avez dissoute ?

      Oui, nous l’avons dissoute suite à cet accord-cadre. Nous avons décidé de renoncer à nos 52 sièges obtenus lors des élections législatives du 22 février 2013 pour tourner définitivement cette page sombre de l’histoire politique de notre pays.

      Vous êtes de retour à l’Assemblée nationale avec huit députés seulement. Au sein de votre coalition, certains étaient contre cet accord-cadre et vous reprochent d’avoir abandonné toutes vos revendications. Que répondez-vous ?

      Le dialogue est la meilleure arme pour prévenir tout risque de déstabilisation ou de conflit. Djibouti est située dans une zone difficile : la Somalie avec les shebabs, le Yémen, la piraterie maritime. Nous sommes jalousement attachés à la stabilité et à la sécurité de notre pays.

      Une frange de la coalition que vous dirigez, l’USN, ne reconnaît pas cet accord. Vous ne craigniez pas une implosion à un an de la présidentielle ?

      Cette frange elle existe bien sûr, elle nous encourage tout en restant attentive sur l’aboutissement de l’accord. C’est une coalition dans laquelle il y a un débat démocratique. Un débatre ça ne veut pas dire qu’on est divisé. Je suis convaincu que nous pouvons aller ensemble de l’avant. La charte de l’USN propose un candidat unique et ce candidat devra être élu démocratiquement au sein de l’USN.

      Vous êtes candidat à cette candidature ?

      Moi, ce qui m’intéresse pour l’instant, c’est que mon pays se mette sur les rails de la démocratisation. Nous devons trouver une Commission électorale nationale indépendante. Nous devrons exister.

      Le président Ismaïl Omar Guelleh n’a toujours pas dit s’il sera candidat ou non en 2016. C’est une stratégie ?

      Je n’en ai aucune idée. Mais tout simplement s’il est candidat, qu’il mette en place une Commission électorale nationale indépendante. Et s’il gagne, nous sommes prêts à le féliciter. Et si nous gagnons, qu’il nous félicite. Et qu’on se serre la main. Il faut que les élections se déroulent d’une manière transparente, honnête et libre.

      Le président Omar Guelleh a plusieurs fois accusé la diplomatie française de négliger Djibouti. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a finalement promis de venir prochainement. Qu’attendez-vous de cette visite ?

      Je suis pour un réchauffement des relations entre la France et Djibouti parce que nous avons des relations anciennes, nous comptons sur la France. Nous dénonçons par exemple que la Chine arrive massivement au pays. Ce n’est pas parce que nous n’aimons pas la Chine. C’est parce que les règles d’hygiène ne sont pas respectées.

      Vous estimez que le président djiboutien fait trop de concessions à la Chine ?

      Il ne faut pas qu’on règle des marchés ou des affaires économiques gré à gré. Il faut qu’il y ait de la qualité, il faut que les intérêts soient gagnants-gagnants. Nous ne sommes pas contre la Chine, mais nous sommes contre les méthodes d’installation des marchés ou d’investissements dans les pays africains en général et dans notre pays en particulier.

      Djibouti fait partie de la coalition des pays arabes qui mènent depuis fin mars des raids aériens au Yémen. Qu’en pensez-vous ?

      Ce qui se passe à nos portes nous inquiète beaucoup. Nous sommes contre l’extrémisme. Djibouti, il y a un risque parce qu’il y a un chômage très élevé. Nos jeunes pourraient être tentés un jour de rejoindre ces mouvements de terrorisme. Donc, il faut une politique de prévention. Et pour mettre une politique de prévention, il faut de la bonne gouvernance, il faut de la lutte contre la corruption, il faut une démocratie transparente et claire.

      Le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) redoute une arrivée massive de réfugiés à Djibouti en provenance du Yémen. Seule une trentaine de kilomètres séparent vos deux côtes. Craignez-vous que parmi les réfugiés ne se glissent des extrémistes religieux ?

      Evidemment. Donc nous l’opposition par exemple à Djibouti, nous sommes très attentifs à la question de la sécurité. Et nous sensibilisons souvent nos populations de faire très attention parce que nos frontières sont poreuses et donc il y a un risque.


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