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    Le sinistre et florissant business des passeurs

    Des migrants et des activistes d'Amnesty se rassemblent autour de faux cercueils, après une « marche funèbre », pour dénoncer la crise humanitaire en Méditerranée, le 23 avril 2015. AFP PHOTO/Emmanuel Dunand

    Tous les jours, des centaines de migrants traversent la mer en quête d'une vie meilleure et, trop souvent, des naufrages les condamnent à un destin tragique. Face aux nouveaux drames en Méditerranée, les 28 pays de l'Union européenne se réunissent en sommet ce jeudi 23 avril, à Bruxelles pour proposer des solutions. Des mesures autour de la question du sauvetage, de l'accueil de ces migrants, mais aussi des mesures de lutte contre le business des passeurs, une activité criminelle florissante.

    Les sommes d'argent brassés par les responsables de ces trafics humains sont considérables. Ces nouveaux négriers réalisent un chiffre d'affaire globale de 7 à 8 milliards d'euros sur les deux routes les plus fréquentées, celle qui mène à l'Europe et celle qui mène aux Etats-Unis, selon les experts de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime. Et c'est une fourchette basse. Le total est sans doute beaucoup plus élevé. 

    Plusieurs centaines de millions d'euros par an

    L'itinéraire qui a prospéré ces trois dernières années à la faveur de la crise au Moyen-Orient, entre la Turquie et la Grèce ou l'Italie, et la Sicile en particulier, brasse à lui seul des sommes astronomiques. Le coût d'un navire acheté en Turquie s'élève à 200 000 euros. Ce à quoi il faut ajouter la même somme pour l'équipage et les pots-de-vin. Le prix moyen du billet est aux alentours de 5 200 euros. Avec 1 000 passagers, l'organisateur de ces croisières cyniques dégage un bénéfice de 4,5 millions d'euros, selon des informations rapportées par le magazine allemand Focus

    Sachant que 200 000 migrants sont arrivés en Europe depuis le premier janvier 2014, le pactole de la seule traversée de la Méditerranée se monte à plusieurs centaines de millions d'euros par an.

    Des organisateurs insaisissables

    Selon l'agence européenne Frontex, 10 000 personnes liées à ces trafics ont été arrêtées l'année dernière. Mais à chaque fois ce sont des sous-fifres, chauffeurs, capitaine de bateau, voire des migrants devenus des acteurs de la filière. Les gros bonnets sont à l'abri, hors de portée des polices européennes. 

    On sait, par exemple, que la plupart des vieux rafiots utilisés pour faire le trajet depuis la Turquie appartiennent à une agence domiciliée dans le port de Constanta en Roumanie. Mais l'information sur les personnes qui tirent les ficelles s'arrêtent là. Idem pour les responsables sur le continent africain. 

    Cette semaine la police italienne a démantelé un réseau soupçonné d'avoir assuré au moins une quinzaine de passages depuis un an. Quinze personnes arrêtés sur le sol italien, mais le réseau va au-delà des frontières. Vingt-quatre personnes sont soupçonnées, parmi eux, un Erythréen, piégé par des écoutes. Il est basé à Tripoli où il se vante d'avoir assuré le passage de 7 à 8 000 personnes. Son problème : où placer son argent ?

    En Libye, les tribus et les milices au cœur de ce commerce sordide

    Tous les regards sont tournés vers la Libye, considérée comme la base opérationnelle des départs des bateaux, notamment à cause de l'instabilité qui y règne. Milices locales et tribus sont au centre des réseaux qui s'organisent sur le territoire.

    Les Tebus conduisent les candidats à l'exil à travers le Sahara jusqu'à Agadez au nord du Niger. D'autres prennent ensuite le relais pour les emmener à Sheba en Libye, puis Tripoli et enfin les ports d'où partent les bateaux. Les tribus Toubous et Touaregs, souvent en conflit dans le désert pour leurs trafics, se coordonnent désormais parfois pour exploiter cette nouvelle marchandise que sont les dizaines de milliers de migrants qui rêvent d'Europe. Ils sont devenus une matière première échangeable comme des jerrycans de pétrole, à la faveur du chaos laissé par la chute de Kadhafi. 

    Sur la côte libyenne, un passeur avec pignon sur rue dans la ville de Zouara a livré un témoignage étonnant au Guardian. Ce jeune Berbère diplômé en droit explique que c'est faute de travail pour lui et les membres de la minorité amazighe qu'il s'est lancé dans cette activité. Il suggère que, plutôt que d'envoyer des navires de guerre au large de la Libye, l'Europe ferait bien de verser directement les salaires des garde-côtes impayés depuis des mois et dépourvus de bateaux pour surveiller efficacement les eaux territoriales.

    Alors que l'Union européenne se réunit pour examiner un ensemble de solutions pour endiguer le problème, les ONG ont d'ores et déjà dénoncé des mesures insuffisantes pour répondre à la tragédie de ces « naufrages de la honte ».


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