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    El Niño fait son retour sur les marchés de matières premières

    Image des anomalies de températures à la surface des océans lors d’El Niño, en 1997. NOAA/ Wikimedia Public Domain

    Déjà annoncé l'an dernier, El Niño devrait perturber durablement le régime des pluies. Pour l'instant, les marchés de matières premières réagissent avec prudence.

    Le retour d'El Niño est confirmé par les météorologues. Mais les marchés de matières premières ne s'emballent pas pour autant. Il faut dire que l'arrivée de l'enfant capricieux du climat avait déjà été annoncée l'an dernier, par erreur.

    Alors cette année, les investisseurs sont prudents. Comme d'ailleurs les scientifiques, encore divisés sur la virulence du phénomène : de modéré selon les météorologues américains, l'impact d'El Niño pourrait être très conséquent selon leurs homologues australiens et japonais. Il n'en reste pas moins que la température des eaux de surface, à l'est du Pacifique, est bien plus élevée que la moyenne.

    Ce réchauffement anormal des eaux, les premiers à le remarquer au XIXème siècle furent les pêcheurs péruviens, à l'époque de Noël, d'où le nom donné à ce phénomène, El Niño, pour l'Enfant Jésus. Et à la fin de l'année dernière, il y a bien eu une crise de l'anchois au Pérou, qui a fait flamber les prix de cette matière première, aliment des poissons d'élevage.

    Mais l'effet d'El Niño pourrait ne pas s'arrêter là. Les masses d'air chaud ne sont plus poussées par les alizés vers l'ouest du Pacifique, cela veut dire un temps sec en Asie et en Océanie. L'Australie, troisième exportateur de blé, est inquiète alors qu'elle vient de semer. D'ailleurs, les cours du blé ont frémi à la hausse à la fin de la semaine dernière, malgré des réserves mondiales confortables.

    L'Australie pourrait aussi voir sa production de viande et de lait chuter, si le bétail n'a pas assez d'herbe à brouter. La récolte de sucre australienne pourrait aussi chuter faute de précipitations suffisantes. Ce manque de pluies, toute l'Asie du Sud et du Sud-Est pourrait en souffrir, avec une mousson très faible qui affecterait les productions de sucre, de riz, de coton et de soja indiens, de riz, de caoutchouc et d'huile de palme en Thaïlande et dans toute l'Asie du Sud-Est, de café robusta au Vietnam.

    Sur le continent africain, l'Afrique australe et orientale serait la plus touchée par la sécheresse, qui a déjà durement frappé les récoltes de maïs. Mais l'absence de pluies pourrait se faire sentir jusqu'en Afrique de l'Ouest, dans les plantations de cacao.

    De l'autre côté du Pacifique, les Amériques pourraient au contraire souffrir d'un excès d'eau responsable de dommages aux récoltes de céréales, d'oléagineux, de sucre ou de café, en quantité et en qualité. Mais pour l'instant, les marchés de matières premières ne cèdent pas à la panique tant qu'ils ne sont pas sûrs du retour d'El Niño.


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