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    Saleh Kebzabo: «Déby doit revoir vraiment toute sa diplomatie»

    Saleh Kebzabo. AFP/Desirey Minkoh

      Au Tchad, les sujets de controverses ne manquent pas, à un an des échéances électorales, la présidentielle en 2016 qui sera suivie des législatives et bien sûr sur fond de lutte contre Boko Haram, alors que le président Idriss Déby Itno est parvenu à s’imposer comme une pièce maîtresse du dispositif sécuritaire régional. Pour en parler, RFI reçoit le président de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), chef de file de l’opposition tchadienne. De passage à Paris, Saleh Kebzabo répond aux questions de Florence Morice.

      RFI : êtes-vous déçu que le ministre tchadien des Finances n’ait pas eu la présidence de la Banque africaine de développement ?

      Saleh Kebzabo : Je suis profondément déçu parce que finalement on se demande quelle est la politique extérieure que Déby mène ? C’est pour nous un échec. Un échec cuisant qui fait mal aux Tchadiens. Nous intervenons militairement au Mali, il y avait un candidat malien ; nous intervenons militairement au Nigeria, il y avait un candidat nigérian qui a gagné ; nous intervenons aussi au Cameroun, le Cameroun a voté contre le candidat tchadien et au-dessus de tout cela « nos amis » français ont voté aussi contre le candidat tchadien. Donc au total, je pense que le président Déby doit revoir toute sa diplomatie et toute sa conception des relations extérieures. Si vraiment tout ce que nous sommes en train de faire ne sert à rien, il faut qu’on remette les pendules à l’heure.

      Le nouveau président nigérian promet de faire de la lutte contre Boko Haram sa priorité, votre parti a voté contre le renouvellement du mandat du contingent tchadien chargé d’appuyer le Cameroun et le Tchad, pour quelles raisons ?

      Mais parce qu’au plan politique d’abord, nous avons vu que le président Déby, au lieu d’aller de façon sincère aider les pays voisins et s’aider lui-même, le Tchad je veux dire, veut plutôt en faire une exploitation politicienne pour, je crois avec les Occidentaux, qu’on ferme un peu les yeux sur certaines choses au Tchad. Et puis ensuite, les Tchadiens voudraient bien savoir ce que tout cela coûte au Tchad et ce que cela rapporte aussi, puisqu’il se dit que le Nigeria a payé très, très cher, mais le budget de l’Etat tchadien n’a pas vu passer des sommes importantes du Nigeria.

      Vous avez le sentiment que le président Déby utilise son rôle dans la région pour négocier des contreparties politiques, lesquelles ?

      Absolument. C’est notre sentiment, nous avons vu en mars comment les droits de l’homme ont été violés, ce qui indique clairement que le pouvoir tchadien n’a pas changé et nous sommes aujourd’hui en période pré-électorale. Il veut donc par l’extérieur, faire passer la pilule comme on dit, et se faire « élire » alors qu’il ne l’aura pas été, puisque nous disons aussi qu’il y aura une crise post-électorale. Donc tout cela, lui, il est en train de le préparer à sa façon, nous observons et nous aviserons le moment venu.

      Parmi les sujets de crispation autour de cette élection, la question de la biométrie. Au micro de RFI, il y a un mois, le ministre des Finances du Tchad a affirmé qu’un dialogue politique était en cours sur cette question. Où en est-on ?

      Je n’ai pas vu de dialogue politique à proprement parler sur la question, mais ce que j’ai pu comprendre et déceler dans les propos du pouvoir c’est qu’il y a un recul sur la question et je pense qu’il faudrait un recul plus net encore parce que ce n’est pas sérieux de dire que le kit coûte trop cher. C’est quoi 4 ou 5 milliards de francs CFA pour le Tchad aujourd’hui, ce n’est rien du tout, on dépense beaucoup plus dans d’autres domaines qui ne sont pas prioritaires et les élections, je pense, dans un pays, c’est une priorité. Donc le Tchad doit pouvoir se donner les moyens, et il en a, de financer le kit d’identifications d’électeur. Lorsque le président Déby est content de l’issue électorale au Nigeria, n’oublions pas que c’est le kit d’identification qui a été l’élément essentiel et déterminant dans la réussite électorale du Nigeria.

      En tant que chef de l’opposition, que faites-vous pour faire avancer ce dossier ? Est-ce que vous avez demandé à rencontrer le chef de l’Etat par exemple ?

      Je ne peux pas demander à rencontrer le chef de l’Etat qui ne veut pas me recevoir depuis bientôt deux ans. Il a mis une croix sur ma personne qu’il combat de la façon la plus vigoureuse qui soit, ce qui est dommage parce que c’est un statut que j’ai de part la loi.

      Mais certains au sein de l’opposition vous reprochent de ne pas être assez offensif, de ne pas suffisamment porter la voix de l’opposition ?

      Chef de l’opposition, ça ne veut pas dire qu’on est chef de troupe, qu’on est chef de bande pour crier sur tous les toits. Non, je pense qu’il y a des positions qu’il faut affirmer de façon précise et sérieuse politiquement. Lorsque les portes du pouvoir vous sont fermées, vous n’allez pas donner un coup de pied dans la porte pour pouvoir l’ouvrir. Moi je joue mon rôle en mon âme et conscience avec les moyens que je dispose. Maintenant, c’est le pouvoir en face qui est en train de vouloir faire un double jeu pour tenter de discréditer le chef de l’opposition, je pense que ce n’est pas sérieux.

      Quelle est votre stratégie pour 2016, espérez-vous encore battre encore Idriss Déby ?

      Ce n’est pas qu’un espoir, c’est une certitude. Aujourd’hui, le président Déby est au plus bas, partout dans le pays, y compris dans sa propre région, dans sa propre communauté et donc cela est pour nous un motif d’espoir. Parce que dans les autres régions, je ne vois pas par où il peut passer pour se faire élire, et je pense que lui-même, il le sait. Lorsque vous voyez aujourd’hui tout ce qu’il se passe autour de la Céni (Commission électorale), par rapport notamment au choix de l’opérateur de la biométrie, ce n’est pas un choix technique que l’on fait, c’est un choix politique. On est en train de chercher encore, il cherche en tout cas au niveau du MPS comme au niveau du président Déby lui-même, quels sont les voies et moyens qui peuvent leur permettre de frauder afin de gagner les élections qui arrivent.

      La société civile a des doutes sur l’opérateur choisi par les autorités pour mettre en place la biométrie, vous partagez ces doutes ?

      Avec raison. Ce sont les habitudes du Tchad. On est dans un système où l’Etat est totalement informel, n’a pas de règles, ne veut pas respecter les principes. Or des règles et des principes, il y en avait pour désigner un opérateur de la biométrie. La Céni les a foulés au pied. Je pense que la société civile, elle, a joué son rôle, il faut que les partis politiques aussi embrayent pour reprendre le relais.

      Est-ce que l’opposition arrivera unie autour d’un candidat à la présidentielle ?

      Je ne sais pas si c’est la meilleure formule d’avoir un candidat, le débat n’est pas encore engagé, mais ce qui est certain c’est que l’opposition aura une unité d’action pour les élections présidentielle tout comme les législatives ou les communales qui vont suivre. En se mettant ensemble, on verra quelle est la meilleure stratégie.

      Serez-vous candidat à la présidentielle ?

      Pour le moment, je n’en sais pas encore grand-chose, il faut encore attendre, on est à presque un an des élections...

      C’est peu une année ?

      Bien entendu. Mais je ne suis pas seul, je suis dans un parti politique, je suis dans un regroupement de l’opposition donc, je ne pense pas pouvoir être seul pour aller à cette élection.

      Mais si l’opposition s’unissait derrière, par exemple, monsieur Yorongar, vous accepteriez de le soutenir ?

      Absolument, si c’est l’opinion de toute l’opposition, je pense qu’il n’y a aucun problème.


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