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    Grèce-Ukraine: le double langage du FMI

    La Grèce accuse le FMI d'être pleinement responsable de l'aggravation de la crise financière du pays. REUTERS/Kostas Tsironis

    Le Fonds monétaire international serait-il responsable du blocage des négociations entre Athènes et ses créanciers? Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a dénoncé hier, devant les membres de son parti, la responsabilité criminelle du FMI dans la situation de son pays.

    Dans la dramatisation de la crise grecque un nouveau cap a été franchi avec cette déclaration fracassante du Premier ministre grec. « Cela fait partie du jeu de rôle propre à tous les grands marchandages de ce type », relativise un habitué des négociations au forceps menée par l'Union européenne. Et c'est habile, car cette déclaration semble faire écho à celles, nombreuses, d'hommes politiques européens, des Français notamment, déplorant publiquement que le FMI ait été associé en 2010 au plan de sauvetage de la Grèce. C'était alors une exigence d'Angela Merkel.

    On voit aujourd'hui que l'Europe, instance politique soucieuse de son avenir, et le FMI, instance technique, n'ont pas du tout le même agenda. Ces derniers jours, les ténors européens, la chancelière allemande en tête, préfèrent positiver et continuer à déclarer que tout sera fait pour qu'un accord soit trouvé. Tandis que le FMI a choisi la stratégie du bras de fer en avertissant les Grecs et les créanciers européens que des efforts devaient êtres faits de toute part. Entre autres en allégeant la dette grecque, un discours encore coincé dans la gorge des dirigeants européens.

    Ce qui ne passe pas auprès des Grecs, ce sont les exigences du FMI en matière de retraite et de TVA

    Car les experts de Washington, fidèles à leurs schémas historiques, souhaitent deux choses. Premièrement, que l'argent rentre via une taxe sur la valeur ajoutée simplifiée et augmentée, et deuxièmement, que l’argent sorte moins via la compression des dépenses de retraite. Il est vrai que la Grèce est le pays européen qui consacre le plus gros pourcentage de son PIB aux retraites. Et alors que l'impôt rentre mal, la TVA reste partout un moyen efficace pour remplir les caisses de l'Etat.

    Mais ce raisonnement fait l'impasse sur le coût social de cette austérité renforcée que les propres fonctionnaires du FMI ont déjà dénoncé à trois reprises. En 2012, c'est un Grec qui avoue, après avoir quitté le Fonds, « nous savions dès 2010 que le plan d'austérité initial n'était pas soutenable ». Quelques mois plus tard, le FMI bat officiellement sa coulpe pour avoir sous-estimé l'impact négatif de ces plans d’austérité sur les pays européens. Enfin l'été dernier, là encore après s'être retiré de l'institution, l'un de ses éminents salariés, le directeur du département Europe, Reza Moghadam, estime que les efforts demandés aux Grecs menacent la cohésion sociale ; il prône l'effacement de la moitié de la dette de la Grèce.

    Pourquoi le FMI ne met-il pas sa politique en conformité avec les analyses de ses économistes?

    Le FMI est l'émanation de ses actionnaires et doit donc prendre en compte leurs attentes, en particulier celles du pays qui demeure leur premier contributeur, les Etats-Unis. Or, à la Maison Blanche, le défaut de paiement que l'on redoute en ce moment n'est pas celui de la Grèce mais celui de l'Ukraine, au bord de la faillite et empêtrée dans la guerre. La semaine dernière, le porte-parole du FMI annonçait froidement qu'un accord avec la Grèce était lointain tandis que Christine Lagarde laissait entendre à l'Ukraine que Kiev pouvait faire défaut sur ses remboursements au FMI jusqu'à ce qu'un accord sur la restructuration de sa dette soit trouvé.

    Deux poids, deux mesures. Deux calendriers, deux situations géopolitiques. Ce soir la patronne du FMI est invitée à s'exprimer à Bruxelles devant un parterre d'universitaires. Elle précisera peut-être les orientations du fonds en Grèce. Le sujet annoncé de son discours : les inégalités.
     


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