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    Mariam Sankara sur RFI: «Il faut une enquête parlementaire en France»

    Mariam Sankara, photographiée à l'aéroport de Ouagadougou le 14 mai 2015. AFP PHOTO / AHMED OUOBA

    Mariam, veuve du président burkinabè Thomas Sankara, assassiné en 1987 lors du coup d'Etat ayant conduit Blaise Compaoré au pouvoir, demande à la France de lever le secret défense sur les circonstances de la mort de son mari. De retour d’un voyage au Burkina Faso, où elle a assisté à l’exhumation du corps présumé du capitaine, elle estime que la France, où elle vit en exil, peut concourir à la vérité et lever le voile sur son rôle lors des faits. Mme Sankara est l’invitée de RFI. Elle répond aux questions de Nicolas Champeaux.

    RFI : Vous réclamez une enquête parlementaire à la France. Pourquoi ?

    Mariam Sankara : Parce que dans les complicités dans l’assassinat du président Sankara, le nom de la France revient souvent. C’est pourquoi, avec beaucoup de personnes, de soutiens, nous avons pensé qu’une commission d’enquête parlementaire en France permettrait d’étudier les responsabilités des uns et des autres. Si la France levait par exemple le secret défense sur l’assassinat du président Sankara, cela nous permettrait d’avoir des informations qui pourraient aider à faire la lumière sur l’assassinat du président Sankara. Ce serait aussi bien pour le peuple burkinabè, et français aussi.

    Avez-vous en tête des documents particuliers ?

    Sur le coup, je ne peux pas vous les citer. Mais en tout cas, des analystes de l’information ont souvent cité la France.

    Selon vous, de forts soupçons pèsent sur la France ?

    Aujourd’hui, nous sommes en France. Nous avons donc saisi le Parlement français. Peut-être que ce sera d’autres pays, parce qu’il y a des pays qui sont cités, entre autres la France. [...] Peut-être que prochainement ce seront les Etats-Unis, par exemple.

    Vous pensez que jusqu’ici la France a été un obstacle à la vérité ?

    Vous savez, il ne s’agit pas que de la France seulement. Parce que ça s’est passé au Burkina. Il y a une partie interne et externe. Parce que la vérité n’avait pas commencé au Burkina Faso. C'est-à-dire qu’il n’y avait même pas une volonté au Burkina Faso de faire la lumière sur ce crime. Et maintenant qu’il y a cette volonté, il y a des enquêtes qui se mènent au Burkina Faso. Il y a un gouvernement de transition qui manifeste la volonté de faire la lumière sur les circonstances de l’assassinat du président Sankara. Il y a un juge qui a été désigné, ce juge a commencé à instruire, à écouter des personnes. Il y a eu aussi l’exhumation des corps pour identification et puis aussi pour essayer de déterminer les circonstances de sa mort. Mais nous voudrions aussi l'associer avec ce qui peut se faire avec les informations qui peuvent venir de l’extérieur.

    Au cours des années qui ont précédé la mort de votre mari, en 1986-87, quand François Mitterrand était président et Jacques Chirac Premier ministre, aviez-vous l’impression que Thomas Sankara ne se sentait pas soutenu par la France ? Est-ce qu’il vous a dit qu’il avait l’impression qu’il gênait la France ?

    On peut le dire. C’est l'époque de la Françafrique. Les choses n’étaient donc pas toujours faciles entre la France et l’Afrique.

    En 2011, il y avait déjà eu une tentative pour obtenir une enquête parlementaire. Elle n’avait pas abouti. Cette fois-ci vous pensez que la donne a changé, que le climat est plus favorable ?

    Oui, je pense que la situation a changé, Blaise Compaoré est parti. Parce que quand il était là, il y avait un refus total d’aller vers la vérité. Aujourd’hui, les choses ayant changé, je pense que c’est de l’intérêt de tous. Il faut qu'il y ait une démarche dans ce sens parce que cette justice est recherchée par tout le monde, par les Burkinabè et puis d’autres personnes qui ne sont pas au Burkina. Je pense aussi que ça aiderait la France à savoir si elle a une responsabilité ou pas.

    Vous avez été reçue à l’Assemblée nationale par le Front de Gauche et par le parti écologiste. Seulement, leurs droits pour déposer une demande d’ouverture d’enquête parlementaire sont épuisés. Y-a-t-il des solutions de recours, selon vous ?

    Oui, c’est ce que j’ai compris. Parce que nous avons la promesse qu'ils vont essayer, parce qu'ils ont écrit au président de l’Assemblée. Ils vont essayer maintenant au niveau de l’Assemblée nationale de faire passer notre vœu. On attend donc de voir comment il va réagir à ce courrier.

    Le président de la transition et son Premier ministre Isaac Zida ont tous les deux déclaré, au moment de leur prise de fonction, qu’ils allaient faire le nécessaire pour qu’éclate enfin la vérité autour de la mort de votre mari. Après plusieurs mois sans réelle initiative, il semble que les choses s’accélèrent, que des mesures concrètes soient adoptées. Vous êtes satisfaite actuellement ?

    Un peu. Durant mon séjour au Burkina Faso, j’ai été reçue par les deux [le président de la transition et son Premier ministre, NDLR]. Ils m’ont confirmé en tout cas cette volonté, dans ce sens que la lumière soit faite. Je ne peux que leur faire confiance et croire. J’ai été reçue par le juge qui en tout cas semble faire son travail avec sérieux. Nous ne pouvons maintenant qu’attendre la suite.

    Vous ne craignez pas que le fait que Bénéwendé Sankara, l’un de vos avocats, soit désormais candidat à l’élection présidentielle du mois d’octobre ne vienne politiser un dossier qui l’est déjà énormément ?

    Je pense que maître Bénéwendé sait faire la part des choses. Nous étions ensemble à l’Assemblée, il sait faire la part des choses – le politique et l’avocat – parce qu’il a été avocat sur le dossier dès le départ. Il n’est pas le seul sur le dossier aussi. Je pense que c’est un homme qui a bien la tête sur les épaules. Il sait faire la part des choses.

    Mariam Sankara fait la Une de la revue de presse Afrique ce jeudi 18 juin


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