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    Saïd Djinnit (ONU): «Ma récusation au Burundi découle d’un malentendu»

    Saïd Djinnit, le facilitateur de l'ONU, photographié à Conakry vendredi 4 octobre 2014. AFP/SEYLLOU

    Il y a une semaine, Saïd Djinnit, l'envoyé spécial de l'ONU dans les Grands Lacs, abandonnait son rôle de médiateur au Burundi. Un mois plus tôt, il avait été chargé de faciliter le dialogue entre gouvernement et opposition pour trouver une sortie à la crise qui secoue le pays depuis fin avril, depuis que le président a déclaré sa candidature à un troisième mandat. Récusé par l'opposition et la société civile, Saïd Djinnit explique aujourd'hui ne pas avoir vraiment compris ce qu'on lui reprochait. Le diplomate onusien insiste aussi sur la nécessité de reprendre le dialogue et sur l'importance de mettre en place en calendrier électoral consensuel. Saïd Djinnit est l'invité de Marie-Pierre Olphand.

    RFI : Saïd Djinnit, c’est rare qu’un médiateur soit désavoué aussi vite et qu’il démissionne comme vous l’avez fait. Est-ce que vous êtes déçu ? Vous êtes amer aujourd’hui ?

    Saïd Djinnit : Déçu, certainement. C’est évident ! Mais enfin, amer, non ! J’ai connu des situations similaires dans ma carrière. J’ai été déçu parce que d’abord il faut rappeler que mon rôle de facilitateur m’a été donné par les parties elles-mêmes. Et évidemment, j’ai travaillé comme je l’ai toujours fait, avec objectivité, impartialité. Je sais faire ce travail, mais je crois savoir qu’un malentendu a émergé quelque part.

    C’était quoi ce malentendu ? Vous l’avez compris ?

    Je ne l’ai pas compris, honnêtement. Parce qu’après la lettre envoyée par l’opposition au secrétaire général de l’ONU pour demander mon départ, quand j’ai posé la question à certains leaders de l’opposition comme Agathon Rwasa et d’autres, ils m’avouaient qu’ils n’étaient pas impliqués, que certains avaient signé en leurs noms. Donc j’imagine qu’il y a un malentendu quelque part ou une manœuvre, sans doute, de ceux qui ne souhaitaient pas que le dialogue se poursuive, peut-être.

    Ce que vous reproche notamment l’opposition c’est d’avoir pris position pour un 3e mandat.

    C’est archi-faux ! Je n’ai, à aucun moment, pris position pour le 3e mandat. Si je devais prendre position, ça aurait été plutôt le contraire, il faut connaître mon itinéraire. J’ai eu l’occasion de voir le président Nkurunziza en tant qu’envoyé spécial à deux reprises et j’étais prêt à le revoir une troisième fois, pour lui exprimer les préoccupations des Nations unies par rapport aux conséquences d’un 3e mandat. Comme vous savez, le secrétaire général a lui-même appelé l’attention du président Nkurunziza le 27 mars dernier sur les conséquences potentielles d’une telle candidature.

    Après cette récusation, vous avez tiré une leçon ?

    Le problème et c’est ce qui est décevant, c’est que je m’attendais à de critiques, mais pas de cette partie.

    Vous vous attendiez à ce que ce soit le pouvoir qui vous récuse ?

    Je m’attendais à ce que ce soit le pouvoir qui me récuse parce que, effectivement j’ai tenu des propos qui pouvaient être mal interprétés par le pouvoir lors du sommet de Dar es-Salaam, le 31 mai. J’étais loin de penser que l’opposition allait me récuser ! Mais l’histoire est faite aussi de malentendus.

    Les divergences qui se sont exprimées entre le Rwanda et la Tanzanie vis-à-vis de la candidature à un 3e mandat de Pierre Nkurunziza, sont-elles dangereuses pour le Burundi ?

    Il est toujours important que la région parle d’une seule voix. C’est évident. Mais je peux vous dire qu’à aucun moment je n’ai senti des pesanteurs régionales sur le dialogue. J’ai reçu le soutien de tous pour mener ce dialogue, y compris de la Tanzanie, du Rwanda, de l’Ouganda, de l’Afrique du Sud et du Kenya.

    Le camp Nkurunziza a accusé le Rwanda de soutenir ses adversaires. Est-ce que vous craignez un retour aux antagonismes Hutus, Tutsis, un retour à la guerre civile ?

    Je suis arrivé le 25 avril à Bujumbura, le jour même du congrès du CNDD-FDD parce qu’on s’attendait à des tensions. Evidemment, c’était prévisible. Tout le monde craignait que la situation dérape. Un mois et demi après, le jour de mon départ on avait enregistré 44 morts. C’est injustifiable, inacceptable, mais ce n’est quand même pas l’escalade redoutée. Le débat est toujours resté au niveau politique avec certes quelques références par-ci par-là, mais très légères aux aspects ethniques. Pour l’essentiel – et je m’en réjouis –, le débat est resté au niveau politique. Et je dois rendre hommage aux Burundais parce que quelqu’un comme moi qui a été impliqué dans le dossier burundais depuis les années 93, j’ai vu après plusieurs années d’absence que vraiment ils ont fait d’énormes progrès sur la voie de la réconciliation et de la cohésion nationale.

    La présidente de la Commission de l’Union africaine Nkosazana Dlamini-Zuma s’est dite inquiète pour le Burundi. Est-ce que c’est aussi votre sentiment ?

    Il y a lieu d’être inquiet, évidemment, quand on voit cette crise. Pourquoi ? D’abord au sujet des élections, il est important qu’elles se tiennent dans des conditions transparentes, libres, pacifiques et inclusives.

    L’Union africaine a plaidé justement, lors du dernier sommet en Afrique du Sud pour qu’un calendrier consensuel soit établi pour ces élections. Il a déjà été fixé par les autorités qui disent ne pas vouloir le changer. Quel est le risque d’un passage en force avec les dates déjà annoncées ?

    Je suis toujours plus à l’aise avec des calendriers qui sont arrêtés de façon consensuelle. Evidemment, le consensuel, ça ne veut pas dire tout le monde.

    Vous estimez qu’il faut revoir le calendrier actuel ?

    Non. Encore une fois, ce n’est pas la date qui est importante. Ce qui compte ce sont les conditions qu’il faut mettre à place pour préparer les élections.

    Depuis plusieurs semaines, les radios privées sont justement fermées pour la plupart. Est-ce que c’est raisonnable d’organiser un scrutin avec des médias bâillonnés ?

    Non. Je pense que la réouverture des radios et des télévisions privées doit se faire indépendamment des élections de toute façon, et en particulier pendant la période électorale. Donc j’invite le gouvernement à prendre toutes les dispositions pour faciliter la réouverture des radios et des télévisions privées.

    Quid des personnes arrêtées depuis le début des manifestations, est-ce que vous avez demandé leur libération ?

    J’ai toujours demandé aux autorités burundaises de les libérer sans condition. Evidemment, s’il y a des cas contre lesquels il y a des dossiers lourds de justice, évidemment la justice doit faire son travail dans toute sérénité et objectivité. Mais pour la plupart des gens qui ont été ramassés par la police dans le cadre des manifestations, je crois qu’ils doivent être libérés.

    Le Conseil de paix et de sécurité qui s’est réuni le week-end dernier a prôné une reprise du dialogue d’ici ce samedi. Est-ce que c’est envisageable ?

    Je ne sais pas si c’est envisageable je ne suis pas sur place, mais à mon avis on a perdu trop de temps.


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