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    Migration: «Les autorités de Tripoli sont prêtes à travailler avec nous»

    Le député des Yvelines Jean-Frédéric Poisson (Les Républicains et président du Parti chrétien-démocrate) AFP PHOTO / MAHMUD TURKIA

    Le député des Yvelines Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate français, s'est rendu à Tripoli en Libye le week-end dernier, à l'invitation du gouvernement non-reconnu par la communauté internationale. Le député appelle Paris à reprendre des contacts techniques avec ce gouvernement arrivé au pouvoir par la force des milices de la coalition Fajr Libya il y a un an, sans pour autant le reconnaître officiellement...

    RFI : Quel était le but de votre visite à Tripoli auprès de ces autorités que la France refuse toujours de reconnaître ?

    Jean-Frédéric Poisson : Je les ai rencontrées lorsqu’elles sont venues à Paris, il y a maintenant un mois à peu près. J’avais rencontré le ministre de l’Intérieur et le ministre du Pétrole qui étaient en visite, et en les entendant je me rendais compte que les Libyens et le gouvernement de Tripoli sont extrêmement embarrassés comme nous le sommes par cette question des migrants. Et tout à fait naturellement, j’ai souhaité pouvoir comprendre mieux cette situation et le gouvernement de Tripoli m’a invité à titre personnel et privé à visiter des camps de réfugiés en Libye, à comprendre un peu mieux ce qui se passe du côté de Tripoli et ainsi de comprendre un peu mieux ce qui est actuellement possible de faire pour contenir ces migrations de populations, qui vont venir se déraciner en Europe, une fois de plus, et qui seront beaucoup moins bien traitées chez nous qu’à peu près n’importe où ailleurs.

    Est-ce que vous aviez prévenu le Quai d’Orsay de cette visite et est-ce que c’est un voyage qui a été financé par les autorités de Tripoli ou simplement une initiative personnelle ?

    J’y suis allé à l’invitation du gouvernement de Tripoli. Donc ils ont absolument tout pris en charge. Je n’ai pas prévenu le Quai d’Orsay de cette initiative parce que j’estimais que dans le cadre d’un voyage privé, je n’avais pas à le faire étant donné que, encore une fois, je n’ai été missionné par personne. Et en faisant ça, j’ai considéré que j’étais dans mon rôle de parlementaire de ne pas se contenter des messages officiels qui nous parviennent aussi.

    Quelle doit être, selon vous, l’attitude de Paris vis-à-vis de ce gouvernement, de ces autorités de Tripoli ?

    Je n’ai pas suffisamment à ce stade d’expertise pour savoir s’il faut les reconnaître ou pas. Je n’en suis pas là. Ce que j’ai compris sur place, c’est premièrement qu’il y a aujourd’hui 20 000 réfugiés, sous la responsabilité du gouvernement de Tripoli, répartis dans vingt-deux camps de rétention. Deuxièmement, il y en a sans doute beaucoup d’autres qui ne sont pas comptés ni recensés, mais qui sillonnent le territoire libyen en recherche d’un bateau pour traverser la mer. Troisièmement, le gouvernement de Tripoli est lui aussi victime de cette situation qu’il n’a absolument pas cherchée. Quatrièmement, il cherche des moyens de la régler en discutant avec les autorités italiennes et françaises. Mais pour l’instant, on oppose à ces autorités de Tripoli un refus net, même de discuter.

    Je peux comprendre que le Quai d’Orsay rechigne à reconnaître un gouvernement qui ne présente pas à ses yeux toutes les garanties, ça c’est une question que je ne discute pas. Mais mon sujet, c’est la manière dont on parle avec des personnes qui sont prêtes à mettre en œuvre des solutions pour éviter que ces pauvres migrants ne traversent la mer dans des conditions absolument déplorables, pour venir en plus en Europe vivre dans des conditions parfois encore pires. Les autorités de Tripoli sont prêtes à travailler avec nous. Je ne comprends pas pourquoi on refuse une coopération qui ne serait que technique, de police à police ou de défense à défense, ou de technicien diplomate à technicien diplomate. Il faut absolument trouver des solutions et je regrette beaucoup que la conversation n’ait pas lieu entre les autorités de Tripoli et celles de Paris.

    Est-ce que la France, selon vous, doit aller jusqu’à rouvrir son ambassade à Tripoli ?

    Elle est fermée aujourd’hui pour des raisons qui sont plutôt des raisons matérielles à l’origine puisque vous savez qu’il y a eu un attentat contre cette ambassade. Je ne sais pas s’il faut rouvrir l’ambassade parce que c’est un signal diplomatique qui voudrait dire reconnaissance et je ne suis pas sûr que le Quai d’Orsay en soit là. Mais je suis simplement encore une fois sur le plan technique. Que le ministre de l’Intérieur et que le ministère de l’Intérieur ne reçoivent pas, ne parlent pas avec les autorités libyennes de ces questions de trafiquants et de passeurs, ça, ça me paraît parfaitement anormal. Et c’est parfaitement possible, sans passer par une représentation diplomatique officielle. En tout cas, je pense que le Premier ministre libyen, avec lequel je me suis entretenu, serait parfaitement ouvert à une solution de ce genre et le ministre de l’Intérieur également. Je crois que d’ailleurs les autorités italiennes ont repris contact très récemment avec les autorités libyennes pour commencer à remettre en œuvre des solutions de coopération pour lutter contre les passeurs et les trafiquants. Je pense que la France doit faire de même.

    Vous dites aussi que les autorités de Tripoli ne sont pas des gens infréquentables. Ils soutiennent pourtant officiellement les jihadistes d’Ansar al-Charia à Benghazi. Est-ce que ce soutien peut constituer un obstacle selon vous à une reprise des discussions avec ce gouvernement ?

    Là-dessus, tous vos confrères qui se sont déplacés ont constaté que ce gouvernement de Tripoli n’a absolument rien d’islamiste. Sur la côte à l’est de Tripoli les milices alliées du gouvernement de Tripoli se bagarrent contre Daesh. Donc si vous voulez il y a là une complexité qui est sans doute celle de l’Orient, à laquelle nous ne sommes pas très habitués. Maintenant, que ça ou là il y ait telle ou telle milice qui soit impliquée avec des islamistes, encore une fois, je n’ai pas suffisamment d’éléments pour en juger. Les personnes que j’ai rencontrées ne sont pas des islamistes. J’en ai vu par ailleurs dans ma vie et je sais faire la différence et je constate par ailleurs qu’elles se bagarrent de manière tout à fait régulière et habituelle contre les amis de Daesh à quelque 100 ou 150 kilomètres à l’est de Tripoli. Je pense que ça peut être au minimum un point d’équilibre ou au moins quelque chose qui permette d’ouvrir les yeux. Par ailleurs, quand on sillonne la ville de Tripoli dans tous les sens – je l’ai fait pendant deux jours et demi – on ne voit pas de signe particulier d’un Etat qui serait particulièrement fondamentaliste ou extrémiste. On ne voit aucun élément de cette nature.


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