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    La belle santé du marché de l'art africain

    Cup bearer, female figure, Luba, Shankadi, République démocratique du Congo, XIXè ou avant, présentée par la galerie "Arte y Ritual" d'Ana & Antonio Casanovs Manel Armengol

    Quelques records ont été battus ces derniers jours. Ainsi, une statue Luba a ainsi été vendue à Londres chez Christie’s pour plus de 8 millions d'euros. C'est le deuxième plus haut prix de vente jamais obtenu en vente publique pour un objet d'art africain. Nous en parlons ce matin avec Pierre Amrouche, consultant international pour Christie’s en Arts premiers Afrique-Amérique-Océanie.

    RFI : Pierre Amrouche, les ventes d’art traditionnel africain atteignent des sommets en ce moment. Qu’est-ce qui explique cette bonne santé du marché de l’art venu d’Afrique ?

    Pierre Amrouche : C’est le marché de l’art en général qui est à la hausse. Ce n’est pas que l’art africain, c’est tout le marché de l’art. Je pense qu’il y a des gros capitaux, de grosses liquidités, qui font que les gens une fois qu’ils ont placé en Bourse, qu’ils ont acheté des Picasso, des Modigliani ou des Basquiat, se tournent vers l’art africain, ce qui est bien naturel puisque finalement l’art africain a initié un certain nombre de ces artistes.

    Vous le disiez, l’art africain a inspiré de nombreux artistes. On pense à Picasso, on pense à André Breton. Mais on a commencé à le collectionner en Europe bien plus tôt, en tout cas il y a plus de cent ans…

    Il y a d’abord eu ce que l’on appelait les cabinets de curiosités, qui appartenaient généralement à de grands aristocrates, de grands ecclésiastiques, où on amassait tout ce qui était différent des objets de sa propre culture. Dans ces lieux on pouvait trouver un ivoire sculpté africain rapporté par les Portugais… Je vous parle de la Renaissance par exemple, disons 14ème-15ème-16ème siècles. Aux 17ème-18ème siècles, ces cabinets de curiosités sont très actifs. Il y a une demande, il y a une offre, ça fonctionne toujours de la même façon le commerce. Il est probable qu’à l’époque déjà, les gens qui cherchaient ces objets allaient voir les marins ou les grands commerçants.

    Au 19ème siècle il y a déjà des marchands spécialisés en objets ethnographies. Je pense à Webster en Angleterre, qui publie régulièrement un catalogue illustré d’objets du monde entier, d’objets ethnographiques. Au 20ème siècle, justement à l’époque où les artistes occidentaux sont à la recherche de nouvelles voies, nouvelles expériences, les objets d’Afrique en particulier vont prendre peu à peu le statut d’objets d’art et non plus d’objets exotiques, objets du monde sauvage, objets des pays coloniaux.

    Aujourd’hui, les pièces majeures vendues aux enchères s’échangent à plusieurs millions d’euros. Ce sont des prix qui sont très élevés ou ça reste raisonnable ?

    C’est très élevé par rapport aux prix habituels du marché de l’art africain d’il y a vingt ou trente ans. Maintenant depuis 2006, c'est-à-dire la grande « vente vérité » qu’il y a eu lieu à Paris, on a vu des objets dépasser les 5 millions d’euros. [Ce fut le cas] par exemple un grand masque Fang du Gabon.
    Et actuellement, les prix records sont de 12 millions d’euros pour une statue Sénoufo vendue aux Etats-Unis et plus récemment à Londres chez Christie's la semaine dernière, un porte-flèche Luba qui a été vendu pour 8 millions 300 000 euros.
    Et la semaine précédente, toujours chez Christie's mais cette fois à Paris, une figure de reliquaire Kota-Obamba a été vendue 5 millions 300 000 euros. Donc voilà, les grands prix actuels.

    Et vous l’avez évoqué, il y a une nouvelle génération de collectionneurs. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ?

    Par exemple, il y a un collectionneur d’origine congolaise ou angolaise qui collectionne l’art contemporain africain. Il a créé une fondation, possède quelques milliers d’œuvres d’art contemporain, et  s’est mis aussi à acheter des objets anciens d’art africain, pour l’instant à priori, plutôt du Bassin du Congo, mais il pourrait étendre ses centres d’intérêt.

    C’est assez nouveau. Au niveau des Etats il y avait eu le Nigeria qui avait une politique d’achat d’œuvres d’art qu’il considérait comme faisant partie de son patrimoine et donc il rachetait sur le marché international. C’est souvent lié à une politique nationaliste, de vouloir reconstituer ce genre de collection.

    Ces objets anciens, d’où viennent-ils ? Viennent-ils encore des familles, d’autres collections ? S'agit-il d'échanges entre collectionneurs ? Est-ce qu’il y a des problèmes de titre de propriété -pourrait-on dire – sur certains de ces objets ?

    Les objets que nous avons évoqués, qui ont fait ces grands prix en vente publique, sont des objets qui sont en Occident depuis l’époque coloniale. On ignore très souvent les conditions à l’origine de leur collecte. Il y a certainement des prises de guerre, mais il y a aussi des achats tout à fait classiques de personnes qui à l’époque s’intéressaient déjà à ces objets. Il y a maintenant dans les familles en Afrique des tas d’objets qui sont conservés, comme dans toute famille du monde. Il y a l’objet du grand-père ou de l’arrière-grand-père et les familles peuvent parfois décider de s’en séparer, s’il faut payer les études d’un enfant, réparer une toiture, enfin… d’une façon tout à fait banale, ces choses se négocient sur place.

    Les contrefaçons, comme on a pu en voir en Asie par exemple : est-ce un phénomène important sur le marché de l’art venu d’Afrique ?

    Bien évidemment, dès qu’il y a des prix importants et dès que c’est médiatisé, ça stimule l’imagination des sculpteurs. Il y a des objets qui sont simplement des reproductions ; il y a des objets qui sont des copies et il y a des objets qui sont des faux. C'est-à-dire que ce sera une copie ou une reproduction qui est falsifiée pour en changer l’apparence et en changer la valeur vénale. Donc effectivement il y en a beaucoup. Plus les prix sont élevés, plus les falsifications sont nombreuses.


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