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    Nigeria: selon Benjamin Augé, «Buhari a relancé l’espoir de la diplomatie américaine»

    Le président américain Barack Obama et son homologue nigérian Muhammadu Buhari à la Maison Blanche, le 20 juillet 2015. REUTERS/Kevin Lamarque

    Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, achève une visite de quelques jours aux Etats-Unis, signe de rapprochement entre les deux pays, qui sont préoccupés par les nombreuses attaques du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Boko Haram) au Nigeria, au Cameroun, au Tchad et au Niger. Benjamin Augé, chercheur associé à l'Institut français des relations internationales, revient sur les conditions d'une relation apaisée entre les deux pays. Il répond aux questions de Bineta Diagne.

    RFI : En début de semaine, Barack Obama a accueilli à bras ouverts le nouveau président du Nigeria Muhammadu Buhari, or ces deux dernières années les relations étaient assez compliquées entre Washington et Abuja. Comment peut-on expliquer ce changement d’attitude ?

    Benjamin Augé : Goodluck Jonathan avait fait énormément de faux pas et que ce soit au niveau politique comme au niveau militaire, il n’y avait absolument plus de confiance entre les deux pays et les Etats-Unis avait été jusqu’à carrément interdire à un certain nombre de leurs alliés de vendre des armes au Nigeria. Donc il y avait vraiment un problème de confiance. L’arrivée de Buhari au pouvoir, qui arrive sur un mandat d’un homme plus intègre, un ancien militaire du Nord donc qui connaît d’avantage les problématiques liées à Boko Haram, a relancé l’espoir de la diplomatie américaine et c’est certainement pour ça qu’il a été invité assez rapidement.

    Barack Obama dit lui-même de Muhammadu Buhari qu’il a fait preuve d’intégrité. Au-delà de cette personnalité, quels sont les gestes posés par ce nouveau président qui selon vous rassure les Etats-Unis ?

    Pour le moment, c’est que de l’ordre du symbole. C'est-à-dire par exemple par rapport au niveau de Boko Haram, le fait de faire en sorte que le commandement militaire soit à Maiduguri et plus à Abuja, faire en sorte que ce soit vraiment quelque chose de central dans sa politique Boko Haram. Il a nommé, il y a quelques semaines, la personne qui serait le responsable de la force multinationale qui sera basée à Ndjamena. Mais pour le moment ce ne sont que des nominations et des choses symboliques, forcément après seulement quelques semaines au pouvoir, on ne peut pas forcément faire des choses très concrètes.

    Il y a les nominations symboliques, mais il y aussi les mots. Lors de son investiture Muhammadu Buhari avait promis d’être ferme sur d’éventuelles violations des droits humains commises pas les forces gouvernementales. Est-ce que vous pensez que ça va aussi changer la donne entre les deux pays, le fait qu’il y ait cette promesse de faire attention aux droits humains sur le terrain ?

    C’est probablement essentiel et je pense que ça peut être effectif pour une raison simple, c’est que Buhari est un militaire et il fait peur aux militaires au Nigeria. Si Goodluck Jonahtan avait dit ça, il avait tellement peu de contrôle sur l’armée, il y avait tellement de petits chefs un peu partout dans différentes régions qui contrôlaient mal et le commandement ne fonctionnait pas, que ça n’aurait eu aucune réalité dans les faits concrets. Connaissant la personnalité de Buhari et connaissant son ascendant sur les militaires, on peut penser qu’il y a plus de chance que ça réussisse que sous Goodluck Jonahtan.

    Le Nigeria est un grand pays producteur de pétrole, mais il regrette lui-même que ces exportations vers les Etats-Unis diminuent. Est-ce que la question du pétrole a un impact sur les relations entre Washington et Abuja ?

    Elles ont surtout eu un impact dans les deux ou trois dernières années parce qu’on était arrivé à un baril sur deux produits au Nigeria qui était vendu aux Etats-Unis, donc à peu près 1 million de barils par jour. Et actuellement, c’est zéro, c'est-à-dire qu’il n’y a plus un seul baril vendu aux Etats-Unis du fait notamment de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis. Et donc ça a forcément entraîné une liberté de parole de la part de John Kerry comme de Barack Obama sur les errances du gouvernement de Goodluck Jonathan. Du fait de leur nouvelle indépendance énergétique par rapport au Nigeria, ils se sont exprimés très largement et c’est quasiment la seule grande puissance dans le monde à avoir critiqué de façon répétée l’action du gouvernement de Goodluck Jonathan que ce soit sur Boko Haram comme sur un certain nombre d’autres sujets les minorités religieuses, etc. Je pense que ça a énormément joué au niveau politique cette nouvelle indépendance énergétique.

    La question qui préoccupe à la fois Barack Obama et Muhammadu Buhari est la lutte contre Boko Haram. Le Nigeria est justement à la recherche d’un soutien des Etats-Unis. Qu’est-ce que cette visite pourra changer sur le terrain sur le plan sécuritaire ?

    Le mot important, c’est la question de la confiance. Il n’y avait absolument pas de confiance quand Goodluck Jonathan était président parce qu’il avait annoncé beaucoup de choses qui ne se sont pas matérialisées. Petit à petit, avec le gouvernement Buhari, avec les différentes nominations, il va peut-être y avoir plus de facilités à ce que les Américains ouvrent une base de renseignements. Ca va forcément se traduire sur le terrain par davantage de succès.

    Concernant la lutte contre la corruption, Abuja souhaite rapatrier les fonds perdus avec l’aide, le soutien des Etats-Unis. C’est une démarche qui prend énormément de temps, qu’est-ce qu’on peut attendre de ce type d’initiatives ?

    Ce genre d’initiatives ne va être possible que si le Nigeria bouge sur un certain nombre de dossiers anciens. Notamment un dossier qui a trait au pétrole où Halliburton, Technip ont été pris en donnant plus de 130 millions de dollars de commissions dans les années 1990 et les années 2000. Les Américains et les Européens ont condamné les gens qui avaient donné de l’argent, mais les Nigérians n’ont condamné personne. Et ce sujet-là ressurgit à nouveau pour que les Nigérians qui ont touché les commissions puissent être traduits en justice et puissent être condamnés. Ce genre de gros scandales, qui ont été maltraités par les gouvernements précédents, vont énormément conditionner le fait que les Etats-Unis, comme les autres grandes puissances, aident le Nigeria à rapatrier des fonds. Notamment les fonds de Sani Abacha (ancien président du Nigeria, NDLR) ou d’autres fonds qui sont dans des banques étrangères. Donc il va falloir à mon avis assez rapidement que Muhammadu Buhari donne des gages en faisant en sorte que la machine judiciaire se mette en place ainsi que les audits pour qu’on comprenne un peu ce qui s’est passé dans les dernières années au Nigeria.


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